Les Golden Knights de Vegas ont sans doute pris la décision la plus surprenante, et controversée, de la saison le 15 janvier. Le populaire Gerard Gallant, le premier coach de cette équipe, l’homme derrière la saison de rêve et une place en finale en 2018, était congédié.

Mathias Brunet
Mathias Brunet La Presse

Vegas n’était pourtant pas si mal positionné au classement. Avec une fiche de 24-19-6, les Golden Knights occupait le quatrième rang de la division Pacifique, mais à seulement un point de la deuxième place, et à trois du premier rang détenu par les Coyotes de l’Arizona.

Le DG Kelly McCrimmon a non seulement largué Gallant, il a embauché à sa place l’ennemi juré Peter DeBoer, fraîchement congédié par les Sharks de San Jose, vainqueurs des Golden Knights en première ronde des éliminatoires le printemps précédent dans une série houleuse.

Or, depuis l’arrivée de DeBoer, Vegas a perdu seulement quatre de ses 19 matchs (fiche de 13-4-2). Les Golden Knights occupent la tête de leur division, deux points devant Edmonton, et sept de plus que les détenteurs du troisième rang, les Flames de Calgary.

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Les Golden Knights de Vegas ont perdu seulement quatre de leurs 19 matchs depuis l’arrivée de Peter DeBoer.

Gallant n’est pas un mauvais entraîneur pour autant, évidemment. Mais l’arrivée d’une nouvelle voix a contribué à relancer l’équipe, dont Max Pacioretty, 11 buts et 20 points à ses 18 derniers matchs.

Sept autres entraîneurs ont été congédiés cette saison. Les Sharks de San Jose étaient déjà dans une situation impossible et ils n’ont pas remonté la pente. Les Devils du New Jersey étaient dans une situation impossible, mais ils ne perdent pas très souvent.

Jim Montgomery à Dallas et Bill Peters à Calgary ont été licenciés pour des raisons externes au hockey. Leurs clubs ont maintenu sensiblement le même rythme depuis l’arrivée de Rick Bowness et Geoff Ward et devraient participer aux séries.

Partout ailleurs, il y a eu amélioration. Les Maple Leafs avaient une fiche de 9-10-4 lors du départ de Mike Babcock. Ils occupaient le 10e rang dans l’Est. Ils ont une fiche de 24-14-4 depuis l’arrivée de Sheldon Keefe et détiennent désormais une avance de cinq points sur leurs plus proches poursuivants dans la division Atlantique, les Panthers de la Floride.

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Les Maple Leafs de Toronto ont une fiche de 24-14-4 depuis l’arrivée de Sheldon Keefe.

Le Wild du Minnesota et les Predators de Nashville se sont eux aussi replacés dans la course aux séries éliminatoires après le départ de leurs entraîneurs respectifs, Bruce Boudreau et Peter Laviolette. Les Predators étaient 11es dans l’Association de l’Ouest, à cinq points de la dernière place donnant accès aux séries. Ils sont désormais à deux points de cette précieuse position au classement. Le Wild a une fiche de 6-2-0 depuis le départ de Bruce Boudreau, remplacé par Dean Evason. Ils sont à un point d’une place en séries. Ils étaient à cinq points lors du congédiement de leur entraîneur.

Marc Bergevin a toujours résisté à la tentation de congédier Claude Julien cet hiver. Et malgré une probable exclusion des séries cette année encore, la troisième consécutive, il a confirmé mardi le retour de son entraîneur-chef.

« Nous devrons tout faire pour élever les attentes l’an prochain afin d’atteindre nos objectifs, mais ce n’est pas un changement d’entraîneur qui nous permettra d’y arriver », a déclaré le DG du Canadien au collègue François Gagnon, de RDS, mardi. Nous devons tous assumer une part du blâme pour cette année et c’est collectivement que nous arriverons à être meilleurs. »

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Marc Bergevin et Claude Julien

On ne peut s’attendre à voir un club en pleine réinitialisation aspirer à la Coupe Stanley. Par contre, nous étions en droit de voir une progression par rapport à l’an dernier. Ce ne fut pas le cas. À la défense de Claude Julien, son club a rarement été déclassé lors d’un match, et les joueurs n’ont toujours pas abandonné. Mais les résultats, eux, ne mentent pas.

Marc Bergevin prend-il la bonne décision ? Regardons les clubs exclus des séries l’an dernier. Les Canucks de Vancouver, le Wild du Minnesota, les Blackhawks de Chicago (avec un entraîneur fraîchement nommé), les Devils du New Jersey, les Red Wings de Detroit et les Rangers de New York ont opté pour le statu quo. Les Canucks connaissent une bien meilleure saison avec le même entraîneur. Les Rangers ont progressé, mais ils ont fait de gros changements au sein du personnel de joueurs. Les autres n’ont pas vraiment progressé.

Les Panthers de la Floride, les Flyers de Philadelphie, les Sabres de Buffalo, les Sénateurs d’Ottawa (dans un contexte de reconstruction agressive), les Ducks d’Anaheim, les Oilers d’Edmonton et les Kings de Los Angeles ont changé de coach.

Les Flyers et les Oilers ont progressé, mais pas les Sabres, dont on attendait plus, ni les Panthers, avec pourtant Joel Quenneville, les Ducks ou les Kings.

Nous ne sommes guère plus avancés, n’est-ce pas ?

Comment espérer de meilleurs résultats avec les mêmes entraîneurs et le même noyau ? Comment espérer une amélioration du jeu collectif s’il n’y a pas eu d’amélioration au cours des trois ou quatre derniers mois ?

Il y a plus de questions que de réponses à l’heure actuelle. Jesperi Kotkaniemi devra revenir plus fort. Nick Suzuki devra continuer à progresser. Alexander Romanov devra avoir un certain impact. Il faudra éviter les blessures. Max Domi aura peut-être servi d’appât pour renforcer la défense.

Il reste encore un mois à la saison. Voyons ce que réservera le bilan et le repêchage de juin, souvent le théatre d'échanges spectaculaires.

À lire

Phillip Danault a connu une autre gros match mardi soir à Brooklyn. Guillaume Lefrançois a eu l'intelligence de souligner son travail. J'ai fait de petits calculs ce matin : Le Canadien a une fiche de 22-11-5 lorsque Danault obtient au moins un point dans un match, et de 9-17-4 lorsqu'il est blanchi. Son impact est donc indéniable.

Max Domi a connu un match typique contre les Islanders, de beaux flashs, mais une multitude de revirements et de passes hasardeuses. Le Canadien a une fiche de 15-16-3 lorsqu'il obtient un point dans un match, et de 16-12-6 lorsqu'il est blanchi.

Nick Suzuki ? 15-9-9 avec un point, 16-19-0 sans. On comprend désormais mieux pourquoi Danault et Suzuki sont les deux premiers centres de l'équipe. Il faudra désormais mieux entourer Suzuki ces prochaines années si on veut le voir augmenter sa production.