(New York) Si Marc Bergevin tient parole, Claude Julien survivra à une troisième exclusion de suite des séries du Canadien.

Guillaume Lefrançois
Guillaume Lefrançois La Presse

Bergevin a affirmé, mardi, que Claude Julien sera de retour comme entraîneur-chef la saison prochaine. C’est ce que rapportent les journalistes qui ont rencontré Bergevin à Boca Raton, où a lieu la réunion des directeurs généraux de la Ligue nationale.

« Claude Julien sera au camp d’entraînement en septembre », a affirmé Bergevin, en entrevue avec Chantal Machabée, de RDS.

« Claude est un très bon instructeur. Il fait du très bon boulot. Je crois au message qu’il donne à nos joueurs. C’est une saison difficile. On a tous des responsabilités à prendre, Claude, moi, les joueurs. Notre but est d’être meilleurs en septembre l’an prochain pour se placer en séries. »

Le collègue François Gagnon a quant à lui rapporté les propos suivants de Bergevin.

« Personne n’est satisfait des résultats que nous avons obtenus jusqu’ici cette année. Et nous devrons tout faire pour élever les attentes l’an prochain afin d’atteindre nos objectifs. Mais ce n’est pas un changement d’entraîneur qui nous permettra d’y arriver. Nos joueurs doivent aussi prendre les moyens nécessaires pour nous aider à atteindre ces objectifs. Nous devons tous assumer une part du blâme pour cette année et c’est collectivement que nous arriverons à être meilleurs l’an prochain », a dit Bergevin.

Pas une rareté, mais...

Le Canadien est en voie de rater les séries pour une troisième saison de suite et pour une quatrième fois en cinq ans. Julien est arrivé en poste en février 2017, et le Tricolore allait participer aux séries ce printemps-là, subissant l’élimination en six matchs dès le premier tour.

Les Montréalais ont été exclus des séries lors des deux saisons suivantes, et sont à neuf points de la dernière place y donnant accès cette saison, avec 15 matchs à jouer.

Si Julien conserve bel et bien son poste, il s’ajoutera à une liste étonnamment longue d’entraîneurs-chefs qui ont gardé leur emploi malgré trois exclusions de suite des séries avec la même équipe. Quatre pilotes actifs ont en effet survécu à une telle séquence sans perdre leur emploi, en plus de Bill Peters, congédié en novembre par les Flames de Calgary pour avoir tenu des propos racistes.

Voici les entraîneurs en question.

• Barry Trotz : a raté les séries de 1999 à 2003 avec les Predators de Nashville. Il est resté en poste jusqu’en 2014.

• Dave Tippett : a raté les séries de 2013 à 2017 avec les Coyotes de l’Arizona. Après la cinquième exclusion d’affilée, l’équipe a annoncé le départ de Tippett « d’un commun accord ».

• Jeff Blashill : a raté les séries de 2017 à 2020 avec les Red Wings de Detroit. Son équipe est déjà mathématiquement assurée de ne pas participer aux séries pour un quatrième printemps de suite.

• Rick Bowness : a raté les séries de 1993 à 1995 avec les Sénateurs d’Ottawa. Il a été congédié après 19 matchs la saison suivante.

• Bill Peters : a raté les séries de 2015 à 2018 avec les Hurricanes de la Caroline. Il a démissionné après sa quatrième exclusion de suite.

De cette liste, il importe de noter que Trotz et Bowness étaient à la tête de nouvelles équipes, à une époque où les repêchages d’expansion étaient loin d’être aussi permissifs qu’aujourd’hui. Tippett et Peters ont quant à eux vécu leurs séquences noires dans des marchés où la pression populaire et médiatique est essentiellement inexistante. Enfin, Blashill dirige une équipe engagée dans un processus assumé de reconstruction.

Ces cinq cas sont donc très difficiles à comparer avec la situation de Julien. Celui de Blashill pourrait s’en approcher, mais Bergevin a toujours refusé de parler de « reconstruction ». Le DG a toujours évoqué un « reset », une réinitialisation, que l’on pourrait décrire comme étant un processus de rajeunissement tout en visant des résultats à court terme.

Dans l’histoire récente de la LNH, Bergevin ferait donc figure d’oiseau rare en maintenant en poste son entraîneur-chef.

Geoff Molson a souvent insisté sur l’importance de la stabilité depuis qu’il est propriétaire du Canadien. Il a été conséquent en laissant Bergevin en poste malgré les récentes difficultés de l’équipe. Tout indique que le principe de la stabilité s’appliquera aussi derrière le banc.