Scène cocasse dans le vestiaire du Canadien au Complexe Bell de Brossard lundi midi après l’entraînement de l’équipe.

Mathias Brunet
Mathias Brunet La Presse

Phillip Danault et Nick Suzuki retiraient tranquillement leur équipement, côte à côte, devant un groupe de journalistes en attente d’une interview.

Danault a été le premier à se lever. Une moitié de reporters s’est approchée de lui, l’autre a hésité. Personne ne voulait manquer de respect au vétéran du CH, une référence presque quotidienne dans ce vestiaire pour les médias.

- Voulez-vous parler à « Suz » ou à moi les gars ?

Danault a vite eu sa réponse. Les journalistes voulaient parler à Suzuki, mais aussi à Danault… de Suzuki !

Le jeune homme venait de remporter la tranche de février de la Coupe Molson avec une production de 10 points en 15 matchs et la consolidation de son poste de deuxième centre. Il a aussi été finaliste pour le titre de recrue du mois dans la LNH, remporté par Quinn Hughes.

Suzuki et Danault ne sont sans doute pas voisins de vestiaire par hasard. Le vétéran constitue un excellent modèle pour le jeune homme, tant son jeu est désormais poli, dans toutes les facettes possibles.

Un jour, pas si lointain, l’élève dépassera le maître. Suzuki a déjà 40 points. À ce rythme, il pourrait en obtenir 49 ou 50. Au même âge, Danault, un choix de première ronde en 2011 (26e au total), disputait sa première saison dans la Ligue américaine, à Rockford, club-école des Blackhawks. Il avait obtenu 26 points, dont 6 buts, en 72 matchs.

PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE

Phillip Danault (à gauche) constitue un excellent modèle pour Nick Suzuki (à droite).

Danault a obtenu un poste régulier dans la Ligue nationale à 23 ans, après l’échange l’envoyant au CH. Aujourd’hui, à 27 ans, il joue en moyenne presque 19 minutes par match, un sommet chez les attaquants de l’équipe, toujours contre les gros trios adverses, et il est en voie de surpasser son sommet personnel de 53 points établi l’an dernier.

« J’avais beaucoup de stock à apprendre et c’était correct comme ça. Il y a des joueurs qui sont prêts et plus matures rapidement et Nick en fait partie. »

Danault, un interlocuteur plutôt stoïque, s’illumine lorsqu’on lui parle de jeune homme. « C’est un centre typique, capable de jouer dans les trois zones. J’aime sa constance offensive. Il est allé chercher 40 points déjà et il gagne ses batailles. Il est mature physiquement et psychologiquement. Il a encore des choses à apprendre défensivement, mais ça viendra. Ça va être excitant de voir son développement ces prochaines années. Mais on ne veut pas lui mettre trop de pression, on sait comment c’est Montréal. Il faut y aller une année à la fois. C’est un jeune, il a 20 ans. Les premières années, on ne sent pas le stress, c’est le fun, mais ça se corse après. Mais "Suz", je vais être là pour l’aider et l’aiguiller là-dedans. »

Suzuki demeure d’un calme olympien dans le vestiaire. Ce garçon agit comme un vrai pro, sur la glace comme à l’extérieur. « Il y a beaucoup de pression, mais c’est un honneur de l’avoir. Je reste modeste. Je ne parle pas beaucoup dans ce vestiaire, nous avons de grands leaders. Je prends beaucoup de conseils de Phil. »

Suzuki a amassé dix points à ses dix premiers matchs en février, avant d’être blanchi lors des cinq derniers. L’entraîneur Claude Julien a remarqué un peu de fatigue récemment chez son jeune centre, mais pas au point de l’handicaper.

« Cette fatigue est tout à fait normale, mais il est assez intelligent pour s’ajuster a mentionné le coach en point de presse lundi avant le départ de l’équipe pour Brooklyn en prévision du match de mardi soir contre les Islanders. C’est un joueur intelligent. Au fur et à mesure, l’expérience acquise l’aide à devenir un meilleur joueur. On a toujours trouvé que ce joueur-là avait un sens du jeu incroyable et il continue de le démontrer. »

Suzuki est le seul joueur de 21 ans ou moins à Montréal, si l’on exclut Victor Mete, perdu pour la saison. Jesperi Kotkaniemi, Ryan Poehling et Cale Fleury sont tous retournés à Laval pour peaufiner leur jeu.

Malgré une élimination hâtive du Canadien, Suzuki ne sera pas amené à rejoindre le Rocket pour les séries. Il se reposera avec les vétérans de l’équipe, à moins d’être convoqué pour le Championnat du monde.

« Je crois qu’il (Marc Bergevin) a dit que je n’irais pas en bas, n’est-ce pas ? Je croyais en effet avoir mérité mon poste ici, mais ça serait aussi une bonne occasion de jouer dans les séries éliminatoires dans la Ligue américaine. Si ça change, ça sera une chance de continuer à progresser. »

Suzuki a même reçu lundi le sceau d’approbation de la grande vedette de l’équipe, Carey Price. « Il possède tous les bons attributs d’un solide joueur de hockey, a dit le gardien. Il a le bon comportement, un solide QI hockey, il a joué dans des situations complexes et il a bien répondu. »

Sans l’ombre d’un doute le plus beau rayon de soleil chez le CH dans une saison plutôt nuageuse…

Petry soigne sa contusion

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

Jeff Petry

Le défenseur Jeff Petry a raté l’entraînement de lundi matin. Il a bloqué un tir samedi soir et sa jambe est encore douloureuse. Il a néanmoins pu terminer le match, comme la plupart des gens s’en doutent, puisqu’il a marqué le but gagnant en prolongation. « On attend des nouvelles, a commenté Claude Julien. Il a manqué la pratique à cause du tir bloqué, mais on s’attend à ce qu’il fasse le voyage. »

Le bonheur retrouvé pour Hudon

PHOTO PAUL CHIASSON, LA PRESSE CANADIENNE

Charles Hudon

Ce que Charles Hudon a gagné le plus de son hiver à Laval avec le Rocket ? « Beaucoup de choses, dit-il. D’abord le goût de rejouer au hockey, d’aller à l’aréna. C’était primordial à récupérer, c’est ce qu’on a fait avec Joël, avec Alex Burrows. On a travaillé beaucoup de choses, mon aspect défensif, mais pas seulement en zone défensive, à faire des choses qui vont nous permettre de gagner du temps en zone offensive. On se parlait à tous les jours. Burrows, on se connaît depuis longtemps. Ça aide un joueur et l’équipe. Quand j’arrivais avec les joueurs, je savais ce que les coachs allaient dire. On avait une bonne communication. »

Patience avec Kotkaniemi

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

Jesperi Kotkaniemi

Charles Hudon et Jesperi Kotkaniemi s’entendaient comme larrons en foire à Laval. La plupart des passes obtenues par le jeune homme de 19 ans l’ont été sur des buts de Hudon. Celui-ci prône la patience avec Kotkaniemi. « Les gens vont toujours être impatients avec les choix de première ronde. Il doit rester dans sa bulle, se concentrer sur les choses à travailler. La meilleure chose, c’est de travailler en bas (dans la Ligue américaine). Il va retrouver sa confiance, avoir du temps de jeu. On s’est parlé quand il est arrivé et il est prêt à faire les sacrifices nécessaires. Talent brut, ce gars-là m’impressionne à chaque jour. Il a beaucoup de mains pour un grand garçon comme lui. Il a tout pour lui. Je ne suis pas inquiet. »