Pour cette première rencontre d’Ilya Kovalchuk avec les médias, samedi après-midi au Centre Bell, on a eu droit aux classiques habituels de la grande séduction.

Guillaume Lefrançois
Guillaume Lefrançois La Presse

Les quelques mots en français, honnêtement très bien prononcés (« Je suis très heureux d’être ici à Montréal »), le nouveau chandail sur le dos, la remarque sur le nombre de journalistes à son point de presse, l’obligatoire mention des six équipes originales… Et aussi, les dessous des négociations pour que Brett Kulak lui cède son numéro 17 (« Demain, j’aurai un beau cadeau pour lui »).

Le nouveau membre du Canadien s’est toutefois fermé un peu plus quand les questions plus difficiles étaient posées, à savoir : comment en est-il arrivé au point où les Kings ont cru bon racheter son contrat ? Et surtout : en quoi peut-il cadrer avec une équipe rapide comme le Canadien ?

Commençons par la fin de son aventure à Los Angeles, au sein d’une équipe qui est pourtant parmi les pires de la LNH cette saison. « Je ne veux pas entrer dans les détails. Il y a eu beaucoup de choses. Mais je vais accepter ça comme un adulte et je passe à autre chose. Je vais apporter tout ce que j’ai à l’équipe. »

Ensuite, sur la compatibilité qu’il voit entre lui et le Tricolore. « Je crois qu’ils peuvent m’utiliser en avantage numérique. L’équipe a besoin d’un peu d’aide en ce moment, je souhaite que les gars (blessés) reviennent bientôt. C’est une équipe rapide, des petits joueurs qui peuvent voler sur la glace, c’est plaisant. Il y a beaucoup de jeunes joueurs, c’est bien. »

On parlait de la vitesse du Canadien, mais de façon générale, la LNH est une ligue plus rapide que jamais. Plus rapide qu’avant son exil de cinq ans (2013-2018) en KHL. À 36 ans, à 6 pi 3 et 222 lb, croit-il avoir encore sa place dans cette LNH plus jeune, plus vite ?

PHOTO JEFF SWINGER, AP

« J’ai perdu du poids, j’essaie de rester au niveau de ces gars-là, a-t-il répondu. Ça ne sert à rien d’en parler, je veux sauter sur la patinoire et montrer ce dont je suis capable. C’est ce que je vais faire. »

La question de l’avantage numérique sera certainement intéressante. À vue de nez, la place de Jordan Weal-lui aussi un droitier-pourrait lui être attribuée. Weal est un bien meilleur patineur que Kovalchuk, mais ne possède pas le tir qui a fait la renommée de l’ancien des Thrashers. Par contre, même si l’avantage numérique de Montréal en a arraché lors des deux derniers matchs (0 en 6), c’était loin d’être le plus grand problème de cette équipe, qui se classe au 9e rang dans la LNH avec un taux de succès de 23 %.

La KHL ? La retraite ?

Kovalchuk sera finalement resté au chômage pendant deux semaines. Les Kings ont confirmé le rachat de son contrat le 17 décembre. Le 3 janvier, le CH lui faisait signe, et samedi matin, il débarquait dans la métropole.

Dans l’intervalle, le Russe s’est entraîné dans la région de Miami, dans l’espoir qu’une équipe se manifeste.

Impossible de savoir s’il a reçu d’autres offres que celle d’une valeur annuelle de 700 000 $ (au prorata de ce qui reste au calendrier) pour la saison en cours. Kovalchuk a utilisé son ricochet pour envoyer la question à son agent, qui n’avait pas répondu au courriel de La Presse au moment d’écrire ces lignes.

Il assure toutefois ne pas avoir songé à la retraite. Et un retour en KHL ? À sa dernière saison là-bas, en 2017-2018, il avait empilé 63 points en 53 matchs à Saint-Pétersbourg. « C’est toujours une option. Mais visiblement, mon objectif est de rester ici, a-t-il affirmé.

« Évidemment, je ne voulais pas que ça se finisse de cette manière, rester sur le banc et recevoir mon chèque de paye. C’est pourquoi je suis ici. »

Kovalchuk espère maintenant patiner dès dimanche, à l’entraînement du Canadien prévu à Brossard. Et jouer lundi. « Je veux jouer dès que possible. Ce sera la décision des entraîneurs. »