(OSTRAVA, République tchèque) Kevin Bahl pensait connaître Alexis Lafrenière.

Joshua Clipperton
La Presse canadienne

Et d’une certaine façon, c’était le cas.

Considéré par plusieurs comme étant le plus bel espoir en vue du repêchage de la LNH en 2020, Lafrenière avait déjà amassé un impressionnant total de 70 points en 32 rencontres cette saison avec l’Océanic de Rimouski — l’ancien club junior de Vincent Lecavalier et Sidney Crosby, notamment — avant de se joindre à Équipe Canada en vue du Championnat du monde de hockey junior.

L’ailier âgé de 18 ans réussit des buts spectaculaires, des passes savantes ainsi que des feintes exquises qui déculottent la plupart des joueurs adverses.

Il n’a pas fallu de temps à Bahl, un défenseur de six pieds, sept pouces et 240 livres, pour comprendre que le joueur originaire de Saint-Eustache avait encore bien plus à offrir.

Le jeu physique. La ténacité. La hargne. L’ambition.

Il en a fait l’étalage lors de la victoire de 6-4 du Canada contre les États-Unis en lever de rideau du tournoi réservé aux joueurs de moins de 20 ans, jeudi.

Certes, les gens se souviendront surtout de la soirée de quatre points de Lafrenière au cours de laquelle il a notamment inscrit le but victorieux en interceptant une passe au vol du défenseur américain K’Andre Miller avant de déjouer le gardien Spencer Knight d’une habile feinte seulement sept secondes après que les États-Unis aient créé l’égalité.

Ce qui a sauté aux yeux de Bahl, cependant, ce sont les solides mises en échec distribuées par Lafrenière pour permettre au Canada de sortir de sa torpeur de la première période.

PHOTO JEFF BASSETT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Kevin Bahl

« Je pensais que c’était un joueur unidimensionnel, a expliqué Bahl, qui a écrasé l’attaquant américain Bobby Brink contre la rampe quelques minutes après que Lafrenière ait appliqué ses premières mises en échec du match. Il n’hésite pas à frapper ses adversaires, et j’aime bien ça. »

« J’essaie toujours de jouer de manière physique, a confié le Québécois de six pieds, un pouce et 194 livres. C’est toujours bien, quand on peut s’impliquer physiquement. »

Bahl, Lafrenière et leurs coéquipiers de l’équipe canadienne reprendront le collier samedi contre la Russie.

Pour leur part, les Russes tenteront de rebondir après avoir encaissé une défaite de 4-3 contre la République tchèque, un résultat qui pourrait les menacer dans un groupe B très relevé au sein duquel se trouve également l’Allemagne.

« C’est une autre belle rivalité, a admis Ty Dellandrea, un spécialiste du jeu en infériorité numérique. Les États-Unis sont nos adversaires favoris, mais je dirais que les Russes ne sont pas loin derrière. »

PHOTO CHAD HIPOLITO, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Ty Dellandrea

« Ces matchs sont amusants, ils sont intenses et sont très significatifs. »

Et si c’est encore le cas, alors vous pouvez compter sur Lafrenière pour hausser son niveau de jeu d’un autre cran.

« Il adore ces matchs-là, ceux où les enjeux sont grands ; il est très compétitif, a déclaré l’entraîneur-adjoint André Tourigny. Il veut gagner toutes les bagarres. C’est la même chose pendant les séances d’entraînement. »

« Il ne baisse jamais les bras. Il est infatigable. »