(Vancouver) Au plus sombre du mois de novembre, Claude Julien a martelé que c’était le jeu défensif de son équipe qui faisait défaut, car ses hommes marquaient des buts. Or, maintenant que le Tricolore a fermé le robinet à surnombres, il faudrait peut-être penser de nouveau à l’attaque.

Simon-Olivier Lorange Simon-Olivier Lorange
La Presse

De l’avis collectif, c’est contre les Flyers de Philadelphie, le 30 novembre, que le Canadien a vu ses attaquants et défenseurs commencer à jouer de façon plus responsable pour se sortir de leur marasme. Depuis cette rencontre, l’équipe montre un dossier de 4-3-1, ce qui n’est quand même pas si mal.

C’est d’abord grâce à l’apport combiné de Brendan Gallagher, Phillip Danault et Tomas Tatar que la formation a su rester à flot offensivement. Toutes situations confondues, ils ont marqué 10 des 20 buts au cours de cette période. Un peu d’aide ne lui ferait donc pas de tort.

Remarquez, ils ne se plaignent pas de cette pression qui pèse sur leurs épaules.

« C’est pour ça qu’on est là. On veut se retrouver dans une situation où les gars nous font confiance et s’appuient sur nous », a indiqué Gallagher après l’entraînement du Canadien, lundi à Vancouver.

C’est à cinq contre cinq que l’on constate à quel point les autres joueurs d’avant peinent à apporter leur contribution, à la rare exception de Joel Armia. Au cours de ces huit matchs, les membres du premier trio ont inscrit six buts et Armia, trois. Un seul autre attaquant, Nate Thompson, en a marqué un.

Max Domi n’a pas même produit un point à cinq contre cinq. Nick Suzuki en a obtenu deux, contre un chacun pour Nick Cousins et Artturi Lehkonen. Jordan Weal a lui aussi été blanchi, tout comme les ailiers qui se sont succédé sur le quatrième trio — Charles Hudon, Matthew Peca, Riley Barber et Ryan Poehling. Jesperi Kotkaniemi a également été tenu au silence complet, mais il n’a disputé que quatre des huit matchs.

Spontanément, les regards se tournent vers le trio de Max Domi. Son association avec Lehkonen depuis quatre matchs n’a pas révélé de complicité naturelle, alors qu’Armia a tout de même réussi à tirer son épingle du jeu.

Des fois, la rondelle rentre dans le but, des fois pas. Ce n’est pas parce qu’on ne marque pas qu’on ne crée pas de chances.

Max Domi

Si Domi en arrache, ce n’est sans doute rien en comparaison de Jordan Weal. Celui-ci n’a pas obtenu le moindre point au cours des 14 dernières rencontres, et ce, bien qu’il profite de précieuses minutes en avantage numérique.

« C’est difficile, a soupiré Weal lundi. Les choses se passaient mieux l’année dernière. Mais on continue de créer des chances… C’est la loi de la moyenne : si on continue de travailler et travailler encore, ça va finir par fonctionner. Il faut y croire. »

Weal a même laissé échapper un vilain mot en rappelant que samedi, contre les Red Wings de Detroit, son trio avec Suzuki et Cousins était passé « proche en cr*** » de marquer deux buts.

Et en défense ?

Voilà donc pour les attaquants. Mais ils ne sont pas seuls dans cette aventure.

En début de saison, les succès offensifs du Canadien étaient largement alimentés par le soutien des défenseurs.

Mais toujours depuis notre date de référence du 30 novembre, cette contribution a chuté. Au cours des huit derniers matchs, la brigade en entier a récolté 12 points, dont 7 de Shea Weber et 1 de Victor Mete, qui n’a pourtant disputé qu’un match.

Avant le 30 novembre, les arrières avaient généré 58 points en 25 matchs, soit une moyenne de 2,32 points par joute. Cette valeur a chuté à 1,5 depuis.

La récente séquence s’amorce non seulement au moment où le Canadien a rectifié son jeu collectif, mais elle coïncide avec un autre élément, à savoir la blessure à une cheville subie par Victor Mete.

Depuis cet incident, la charge de travail de Weber et de Ben Chiarot a explosé. Et l’escouade défensive a changé toute sa répartition des tâches. Chiarot n’a d’ailleurs récolté qu’un point pendant cette séquence.

Contributeur efficace dans les rangs juniors et dans la Ligue américaine, Cale Fleury n’a pour l’heure inscrit qu’un point au cours de ses 27 premiers matchs dans la LNH. Mais les statistiques ne sont pas encore en haut de ses priorités.

« Je peux assurément en donner plus, reconnaît-il. Pour l’instant, je me concentre à jouer de manière sécuritaire, je me concentre sur mon jeu défensif et à réussir de bonnes premières passes. Mais je veux participer davantage à l’attaque, c’est certain. »

D’autres que lui se disent sans doute la même chose.

Le Canadien en bref

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

Victor Mete

Mete et Kotkaniemi à l’entraînement

Après une journée de déplacement, le Canadien a repris l’entraînement lundi à Vancouver en vue de l’affrontement de mardi soir contre les Canucks. À la veille de ce premier arrêt d’un périple de quatre matchs dans l’Ouest, Victor Mete (cheville) et Jesperi Kotkaniemi (commotion cérébrale) ont tous les deux participé à leur premier exercice complet depuis qu’ils ont été blessés. Ils portaient toutefois des chandails bleu pâle, signe qu’ils ne sont pas encore prêts à recevoir des contacts. À moins d’une surprise de taille, aucun des deux ne devrait donc affronter les Canucks. Fraîchement rappelé de la Ligue américaine, le Suédois Lukas Vejdemo a quant à lui patiné au sein du premier trio en compagnie de Tomas Tatar et de Brendan Gallagher. Ne lancez toutefois pas de rumeurs : il remplaçait simplement Phillip Danault, qui subissait des traitements. Le Québécois sera à son poste le match venu.

KK n’ira pas au Mondial junior

Question de secouer la léthargie offensive qui afflige Jesperi Kotkaniemi, quelques observateurs ont suggéré de l’envoyer au Championnat du monde junior pendant les Fêtes afin de lui redonner confiance en ses moyens contre des joueurs de son âge. Le Finlandais de 19 ans n’a inscrit que 5 points en 22 matchs avec le Canadien cette saison avant d’être victime d’une commotion. À son retour, c’est toutefois avec le Tricolore, et personne d’autre, qu’il va s’aligner. Marc Bergevin a indiqué lundi après-midi que l’option de l’envoyer au tournoi en République tchèque n’avait même jamais été envisagée au sein de la direction. « On n’a jamais pensé à le faire », a-t-il assuré.

Le retour de Reilly

Après avoir regardé les huit derniers matchs dans les gradins, Mike Reilly reviendra probablement au jeu à Vancouver. À l’entraînement, il était jumelé à Cale Fleury sur le troisième duo de défenseurs. Le joueur de 26 ans tente désespérément de retrouver les bonnes grâces de ses patrons, après avoir vu Gustav Olofsson et Otto Leskinen prendre sa place au cours des dernières semaines. « Ce n’est pas idéal, mais je n’ai pas eu d’explications des entraîneurs, a dit Reilly. Je savais que j’allais éventuellement revenir, je m’y préparais. Mais j’ai travaillé fort tous les jours, je gardais une bonne attitude… C’est tout ce que je pouvais faire. »

— Simon-Olivier Lorange, La Presse