(Uniondale) Malgré la peine, on peut deviner que le visage sous le masque doré est illuminé d’un large sourire.

Simon-Olivier Lorange Simon-Olivier Lorange
La Presse

Sur la glace, Marc-André Fleury se démène, plonge d’un côté puis de l’autre pour stopper les tirs de ses coéquipiers comme si sa vie en dépendait. Ceux-ci ne lui font pas de cadeau : ils logent des boulets de canon dans le haut du filet puis se jettent sur la baie vitrée comme s’ils venaient de marquer en prolongation.

Fleury a rejoint les Golden Knights à Uniondale en vue de l’affrontement de son équipe avec les Islanders de New York. Son entraînement de jeudi matin, exécuté dans la légèreté, était son premier depuis plus d’une semaine. Le gardien québécois, qui n’a pas joué depuis le 23 novembre, est rentré en catastrophe au Québec pour accompagner son père André dans ses derniers moments. Celui-ci s’est éteint à l’Hôtel-Dieu de Sorel peu après l’arrivée de son fils. Il avait 63 ans.

Grand complice de Fleury dans le vestiaire des Knights, Jonathan Marchessault est resté en communication avec son gardien pendant ces jours difficiles.

« Flower et moi, on est des chums depuis des années… On se textait, mais je ne posais pas trop de questions. Des moments comme ça, c’est tellement triste, je ne voulais pas l’encombrer non plus. Je voulais surtout être là pour lui mettre un sourire dans la face quand il reviendrait à l’aréna », a dit l’attaquant à La Presse.

L’équipe est très soudée, tout le monde lui a parlé. Mais nous non plus, nous ne voulions pas lui mettre de pression, lui faire sentir qu’il devait nous rappeler ou répondre à nos textos. Je pense qu’il a compris qu’on était là pour lui.

Max Pacioretty

En l’absence de Fleury, c’est Malcolm Subban qui a pris la relève devant le filet des Knights, avec beaucoup de succès d’ailleurs : quatre victoires en cinq matchs et un indice d’efficacité de ,926.

Subban s’est d’ailleurs fait accorder un sixième départ de suite jeudi soir contre les Insulaires. En matinée, Fleury a fait des exercices supplémentaires avec le défenseur réserviste Nick Holden alors que leurs coéquipiers étaient rentrés au vestiaire. L’équipe a fait savoir que le gardien ne rencontrerait pas les médias pour l’instant.

N’empêche, « il était vraiment content de nous voir », a dit Marchessault.

« C’est un compétiteur dans l’âme : ça fait une semaine qu’il n’a pas joué, mais il a embarqué sur la glace avec la même éthique de travail que d’habitude. C’est impressionnant de voir à quel point il a ça en lui », a-t-il poursuivi.

« Il avait hâte de retrouver les gars… Il avait des choses à faire, mais il veut retrouver sa routine », a quant à lui mentionné son compatriote William Carrier au Las Vegas Sun.

Retour attendu

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le retour de Fleury dans le giron des Golden Knights a été accueilli avec fébrilité.

Marchessault, encore : « Je me sentais comme à l’école secondaire, quand on revenait du congé des Fêtes et qu’on était contents de voir nos amis. »

[Fleury] apporte une ambiance dans le vestiaire comme personne d’autre dans l’équipe. C’est vraiment le fun de le retrouver.

Jonathan Marchessault

Pacioretty : « Il est la raison pour laquelle cette équipe a eu autant de succès. L’énergie n’est pas la même quand il n’est pas là. Il est toujours positif. »

« Il est le leader, l’âme de notre groupe », a ajouté l’entraîneur-chef Gerard Gallant, précisant par contre qu’il souhaitait lui laisser du temps avant qu’il renoue avec l’action pour de bon, surtout vu les succès de Subban.

Le deuil de Fleury commence tout juste, il prendra du temps. Le soutien de sa famille l’aidera à traverser cette épreuve. L’amour de sa famille dans le vestiaire au Nevada aussi.