Dans le vestiaire du Canadien, Carey Price est encore considéré comme le meilleur gardien au monde, mais dans la réalité, celui qui porte le numéro 31 ne joue plus comme le maître masqué de l’univers.

Richard Labbé Richard Labbé
La Presse

Alors que le Canadien se prépare à accueillir les Flyers de Philadelphie samedi après-midi au Centre Bell, alors que ce club montréalais combien fragile traverse sa pire crise de 2019-20 avec six défaites de suite, c’est le jeu de Price qui retient toute l’attention… et avec raison, serait-on tenté d’ajouter.

Pourquoi? Probablement parce que le vétéran de 32 ans n’affiche plus sa forme des beaux jours, et à ce sujet, les chiffres des cinq derniers matchs ne mentent pas: 23 buts accordés, et un taux de pourcentage de ,822 lors de cette bien mauvaise série pour lui.

En fait, Carey Price n’a pas remporté la victoire depuis le match du 15 novembre contre les Capitals à Washington, et il a accordé des matchs de cinq buts ou plus lors de quatre de ses cinq dernières sorties. Rien pour inspirer confiance.

Price lui-même n’a pas été rendu disponible par le Canadien lors de la période des questions, vendredi à Brossard, alors d’autres ont dû aller répondre aux questions à sa place.

«Nous accordons beaucoup trop de chances de marquer, a insisté pour dire l’attaquant Artturi Lehkonen. Il va falloir trouver une façon d’aider Carey.»

L’entraîneur Claude Julien a répondu par un simple «non» quand on lui a demandé s’il s’inquiétait du jeu de son gardien numéro un.

«Carey est frustré comme plusieurs le sont ces temps-ci, a ajouté Julien. Il accorde certains buts qu’il n’accorderait pas normalement. Mais il réalise encore de beaux arrêts, et on doit lui offrir de l’aide en accordant moins de revirements. C’est ensemble qu’on va s’en sortir.»

Reste à voir ce que sera le plan du Canadien par rapport aux gardiens lors des matchs du week-end. Claude Julien a déjà laissé savoir que le réserviste Keith Kinkaid allait se charger d’un match, celui de samedi contre les Flyers ou celui de dimanche à Boston contre des Bruins qui viennent à peine d’offrir une jolie rince de 8-1 au club montréalais.

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Keith Kinkaid sera le gardien partant dans un des deux matchs du week-end.

Kinkaid avait confié plus tôt cette semaine qu’il espérait une plus grande charge de travail, et les mauvaises performances du numéro un vont peut-être lui permettre de réaliser ce vœu plus rapidement qu’on ne pourrait le croire.

«Je pense que ce n’est pas nécessaire d’aller en parler avec Carey, il comprend très bien sa situation, a expliqué Kinkaid. Il n’est pas le premier gardien à qui ça arrive, tout le monde passe par là.»

Rappelons qu’à la suite des matchs du week-end, le Canadien a trois autres matchs à l’horaire la semaine prochaine, contre les Islanders de New York et l’Avalanche du Colorado au Centre Bell, puis face aux Rangers à New York.

Cela laisse bien peu de temps pour se replacer à un gardien qui a grand besoin de le faire. Pour son propre bien, mais aussi pour le bien de son équipe, qui ne peut pas rêver d’une place en séries sans un retour en force de sa part.

Jonathan Drouin n’a pas joué depuis deux semaines, mais ça ne l’empêche pas de conserver un regard optimiste quant à la suite des choses concernant le gardien vedette.

«C’est le meilleur gardien au monde, a affirmé Drouin vendredi à Brossard. Oui, il a accordé six buts jeudi soir, mais il a aussi effectué de gros arrêts dans des moments importants. Y’a des matchs où on jouait mal et c’est lui qui nous donnait une chance de gagner. On est confiants en lui, confiants qu’il va revenir plus fort. Et c’est à nous aussi d’être un peu meilleurs à forces égales, et de ne pas donner des deux contre un et des échappées.»

Drouin, toujours à la mi-janvier

Jonathan Drouin, blessé au poignet gauche lors du match du 15 novembre à Washington, a laissé savoir vendredi qu’il est sur la bonne voie et qu’il espère toujours être de retour au jeu à la mi-janvier, tel que prévu. «L’important pour moi, c’est de rester concentré sur mon retour et de conserver une approche positive, parce que ça peut être long d’attendre comme ça. Il s’agit d’une blessure ligamentaire, c’est arrivé lors de ma première présence de la troisième période à Washington. Je me suis déchiré les ligaments dans le poignet. Ce n’est pas cassé, ça va prendre encore un peu de temps avant que ça revienne à la normale. Mais devrait rentrer dans l’ordre, et je ne suis pas inquiet avec ça.»

Fleury surpris d'avoir été laissé de côté

Le jeune Cale Fleury n’a pas joué lors du match de jeudi soir au Centre Bell contre les Devils du New Jersey, après avoir été dans la formation pendant les 16 matchs précédents. Il s’agit d’une décision qui a pris le jeune défenseur par surprise. «J’ai été un peu surpris, oui, a admis Fleury vendredi à Brossard. Je ne trouvais pas que j’avais mal joué lors du match précédent contre Boston (mardi soir). C'est ce qui arrive quand on est un jeune joueur, j'imagine.»