Privées d’une ligue professionnelle digne de ce nom depuis le printemps dernier, les hockeyeuses canadiennes et américaines ne perdent pas espoir de créer une nouvelle entité, viable et durable, en partenariat avec la LNH.

Simon-Olivier Lorange Simon-Olivier Lorange
La Presse

Derrière des portes closes, des discussions ont lieu avec les hauts dirigeants de la LNH, assurent les joueuses. Mais rien de concret n’a encore transpiré de ces échanges.

« La LNH a toujours manifesté son soutien envers le hockey féminin », a dit la joueuse américaine Hilary Knight jeudi soir en marge d’un point de presse annonçant la tenue d’un match à Laval en décembre prochain (voir plus bas).

« Il y a un intérêt, c’est indéniable », assure-t-elle.

Pourtant, sept mois après la fin des activités de la Ligue canadienne de hockey féminin (LCHF), aucune annonce officielle n’a encore été faite. Au lendemain de la finale de la Coupe Clarkson en avril dernier, la LCHF, étouffée par les pertes financières, a annoncé sa dissolution. Malgré le statut professionnel de ce circuit, ses représentantes y gagnaient toutes moins de 10 000 $ par saison.

Les quelque 200 meilleures joueuses d’Amérique du Nord et d’Europe se sont alors regroupées au sein d’une association, la PWHPA, qui a organisé des mini-tournois et des événements spéciaux cet automne.

Dès la création de la PWHPA, l’objectif était clair : calquer le modèle de la NBA et de son pendant féminin, la WNBA, selon lequel les équipes masculines et féminines partagent leurs installations ainsi que leurs ressources humaines et financières.

Tous les yeux se sont donc tournés vers la LNH. Depuis des mois, ça discute ferme, assurent les représentantes de la PWHPA. Mais les résultats se font attendre.

Un partenariat de cette ampleur ne se règle pas en deux mois.

Hilary Knight

Il n’empêche qu’une prise de parole claire de la LNH « nous enlèverait énormément de stress au quotidien », avoue-t-elle.

« Mais ils ont une entreprise à gérer, avec les obligations que cela implique », nuance l’ancienne joueuse des Canadiennes de Montréal.

Les hockeyeuses refusent toujours de baisser les bras.

« C’est dur de savoir à quoi s’attendre, parce que tout est à faire, souligne la Québécoise Ann-Sophie Bettez. C’est un travail de longue haleine. Mais j’ai confiance que ça va venir. »

« Ça ne vaut pas la peine d’être fâchée, assure-t-elle. On veut rallier le plus de monde possible pour le futur. On célèbre les petites victoires. Quand celle-là arrivera, on célébrera ! »

« On essaie, on pousse ; on est tête de cochon, on ne va pas abandonner », renchérit Marie-Philip Poulin.

PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE

Marie-Philip Poulin

Match en décembre

Poulin, Bettez et Knight étaient au Centre Bell jeudi soir afin d’annoncer qu’un match de la PWHPA sera disputé à la Place Bell, à Laval, le 28 décembre prochain, en plein cœur du temps des Fêtes.

Pour l’occasion, une délégation d’ex-joueuses des Canadiennes de Montréal affrontera un groupe représentant le Minnesota. Au total, 17 olympiennes seront sur la glace. Les Québécoises Marie-Philip Poulin et Mélodie Daoust seront du nombre, tout comme les Américaines Jocelyne et Monique Lamoureux et Hilary Knight, entre autres.

Le match sera présenté en deuxième partie d’un programme double en partenariat avec le Rocket de Laval. Le club-école du Canadien se mesurera aux Marlies de Toronto en après-midi, après quoi les hockeyeuses prendront possession des lieux en début de soirée.

Les Canadiennes avaient disputé une rencontre la saison dernière à Laval. Plus de 3000 spectateurs avaient alors répondu à l’appel.

« Ça fait longtemps qu’on n’a pas joué de match à Montréal devant nos fans », a souligné Marie-Philip Poulin en point de presse.

Beaucoup de monde ne nous supporte qu’une fois aux quatre ans [aux Jeux olympiques], c’est une belle occasion de nous montrer un support à long terme.

Marie-Philip Poulin

« On est comme des enfants, on a hâte à chaque match ! a-t-elle ajouté en riant. Ça peut sembler ridicule, mais on est passionnées et on croit dans notre produit. »

Pour Poulin, comme pour beaucoup de joueuses de l’équipe nationale du Canada, le mois de décembre sera relativement chargé, car la formation disputera une série de deux rencontres contre les États-Unis. Les Canadiennes ont remporté deux affrontements contre leurs éternelles rivales plus tôt en novembre.