Les amateurs de hockey féminin de la région de Montréal auront la chance de voir en action une sélection des meilleures joueuses canadiennes et américaines pendant les Fêtes.

Simon-Olivier Lorange Simon-Olivier Lorange
La Presse

Les représentantes de l’Association des joueuses de hockey professionnelles (PWHPA, en anglais) ont annoncé ce jeudi qu’un match sera disputé à la place Bell de Laval le 28 décembre prochain.

Pour l’occasion, une délégation d’ex-joueuses des Canadiennes de Montréal affrontera un groupe représentant le Minnesota. Au total, 17 olympiennes seront sur la glace. Les Québécoises Marie-Philip Poulin et Mélodie Daoust seront du nombre, tout comme les Américaines Jocelyne et Monique Lamoureux et Hilary Knight, entre autres.

PC

Jocelyne Lamoureux célèbre son but en tirs de barrage lors des JO de 2018.

Le match sera présenté en deuxième partie d’un programme double en partenariat avec le Rocket de Laval. Le club-école du Canadien se mesurera d’abord aux Marlies de Toronto en après-midi, après quoi les hockeyeuses prendront possession des lieux en début de soirée.

Les Canadiennes avaient disputé une rencontre la saison dernière à Laval, quelques semaines avant que la Ligue canadienne de hockey féminin (LCHF) ne cesse ses activités. Plus de 3000 spectateurs avaient alors répondu à l’appel.

«Ça fait longtemps qu’on n’a pas joué de match à Montréal devant nos fans, a souligné Marie-Philip Poulin en point de presse. Beaucoup de monde ne nous supporte qu’une fois aux quatre ans [aux Jeux olympiques], c’est une belle occasion de nous montrer un support à long terme.»

Événements spéciaux

Avec la dissolution de la LCHF, l’élite mondiale du hockey féminin s’est retrouvée sans structure permettant à ses joueuses de joindre une équipe professionnelle pendant toute la saison. La Ligue nationale féminine (NWHL) existe toujours, mais ses joueuses les plus en vue l’ont délaissée, faute de conditions de travail acceptables à leurs yeux.

C’est ainsi qu’a été fondée la PWHPA le printemps dernier. L’association regroupe quelque 200 joueuses qui ont décidé de prendre leur destinée en main. Elle a organisé trois mini-tournois cet automne à Toronto, à Chicago ainsi qu’à Hudson, dans le New Hampshire. Toronto doit en accueillir un deuxième en janvier, et Montréal serait à l’horaire au cours de l’hiver.

Faute de pouvoir s’aligner avec une équipe sur une base régulière, ces tournois ainsi que les matchs spéciaux, comme celui à Laval, permettent aux joueuses de montrer leur savoir-faire et à leurs fans, surtout les plus jeunes, de les voir à l’œuvre.

En décembre, l’équipe nationale canadienne disputera par ailleurs deux matchs contre la formation américaine.

«On est comme des enfants, on a hâte à chaque match!, a dit Marie-Philip Poulin. Ça peut sembler ridicule, mais on est passionnées et on croit dans notre produit.»

Pour l’annonce du match à Laval, Poulin était flanquée des ex-Canadiennes Ann-Sophie Bettez et Hilary Knight.

AP

Hilary Knight

Les trois ont été interrogées sur les discussions qui sont présentement en cours entre la PWHPA et la Ligue nationale, dans le but avoué de créer un nouveau circuit dont la relation avec la LNH serait calquée sur celle unissant la NBA à son pendant féminin, la NWBA. Au basketball, cette structure prévoit des échanges de ressources entre les équipes masculine et féminine.

Hilary Knight a mentionné que des discussions avaient toujours lieux entre la PWHPA et les dirigeants de la LNH, mais qu’aucune annonce n’était imminente.

«On y arrive, mais un partenariat comme ça ne se construit pas en deux mois», a-t-elle dit.

Les membres de la PWHPA sont toutefois patientes, prêtes à prendre le temps nécessaire de construire une nouvelle entité solide, mais surtout durable.

«On est trop têtues pour que ça échoue», assure Hilary Knight.