(Toronto) Lorsqu’il est question d’excuses, celles venant de l’entraîneur-chef Bill Peters, des Flames de Calgary, dans la foulée des allégations selon lesquelles il aurait émis des propos à connotation raciste il y a 10 ans, ne représentent pas tout à fait la nouvelle norme.

Gregory Strong
La Presse canadienne

Des observateurs ont rapidement constaté que les excuses n’ont été présentées qu’à son son équipe et à son directeur général, et qu’il a fallu deux journées complètes avant qu’une déclaration ne soit publiée.

Wojtek Dabrowski, l’un des associés principaux de Provident Communications, une firme de Toronto spécialisée en gestion de crise, a qualifié les excuses de «tristement inadéquates».

«En quelque sorte, il n’a fait que couper les cheveux en quatre pour essayer de justifier le tout, a-t-il déclaré. Et il s’est creusé un trou plus profond.»

Que ce soit dans les sports, en politique ou dans d’autres sphères de la société, des excuses appropriées doivent avoir le bon ton pour être appréciées à leur juste valeur. La prise de responsabilité, l’honnêteté et le franc-parler sont essentiels.

«Je pense que ce qui importe, c’est de comprendre ce qui est la bonne chose à faire», note Bob Stellick, président de Stellick Marketing Communications, à Toronto.

«Ce n’est pas nécessairement facile parce que ce n’est pas toujours ce qu’il y a de mieux, à court terme, pour votre organisation. Mais à long terme, ça va rendre grand service à vous et à votre équipe», a ajouté Stellick, qui a passé 15 ans au sein du département des communications des Maple Leafs de Toronto.

La controverse entourant Peters a pris naissance lundi, lorsque Akim Aliu, un ancien joueur de la LNH, a écrit sur Twitter qu’il avait été la cible de propos racistes de la part d’un ancien entraîneur-chef, en 2009-2010, alors qu’il portait les couleurs des IceHogs de Rockford, dans la Ligue américaine.

AP

Akim Aliu lors d'un match à Calgary en avril 2012.

Aliu, qui est Noir, n’a jamais nommé Peters, mais a fait référence au code aéroportuaire de Calgary, YYC, en parlant du soi-disant entraîneur qui aurait «utilisé le mot qui commence par «N» plusieurs fois dans le vestiaire à mon endroit lors de ma saison recrue, parce qu’il n’aimait pas mon choix de musique».

Brad Treliving, le directeur général des Flames, a rencontré les médias lundi après avoir été mis au courant du gazouillis. Toutefois, Peters n’a pas été rendu disponible après la rencontre des Flames et n’était pas derrière le banc de l’équipe mercredi, à Buffalo.

La Ligue nationale de hockey mène aussi une enquête.

Selon des analystes de hockey, la prudence est de mise des deux côtés quant au choix des mots, compte tenu du fait que des avocats sont probablement amenés à contribution. Et si Peters devait être limogé, les conséquences financières pourraient être grandement influencées par la raison invoquée.

Peters est sous contrat jusqu’à la fin de la saison 2020-2021 et toucherait un salaire de 2 millions US par année.

Dans sa déclaration, rendue publique tard mercredi, Peters a dit avoir utilisé «un langage offensant […] dans un contexte professionnel il y a une décennie». Il a également déclaré qu’il s’agissait d’un «incident isolé et aussitôt regrettable».

La lettre n’a pas fait allusion à Aliu.