Quelque 36 heures après avoir été victime d’une dévastatrice remontée des Rangers de New York, le Canadien a retrouvé la glace lundi matin.

Simon-Olivier Lorange Simon-Olivier Lorange
La Presse

L’entraînement, intense, sans être punitif, a principalement porté sur les replis défensifs et le jeu de transition en zone neutre, deux aspects qui ont coulé le Tricolore samedi soir, avec le résultat qu’on connaît : une défaite de 6-5 malgré une avance de 4-0 en deuxième période.

En point de presse, Claude Julien a réitéré à quel point ses joueurs devaient faire mieux en défense. Des séances vidéos détaillées ont été tenues afin de cibler les lacunes qui peuvent être corrigées. Mais surtout, l’entraîneur-chef en a appelé au sentiment d’urgence de ses hommes [urgency] qui, à ses yeux, devrait être « meilleur ».

« On aurait dû l’avoir avant le dernier match », a résumé Julien.

« Il faut réaliser l’urgence, il faut que ce sentiment soit là », a-t-il renchéri.

Sans surprise, tout le groupe vit énormément de frustration à la lumière de la semaine catastrophique qui s’est conclue samedi avec une quatrième défaite en autant de matchs.

« Il faut canaliser cette frustration de la bonne manière », a dit Julien, qui a par ailleurs dénoté que l’exécution ratée de certains jeux, samedi, était le résultat de moments de « panique » vécus par ses joueurs.

Il n’empêche que l’entraîneur n’attribue pas les insuccès récents de son équipe à un manque d’effort. Comme il l’avait déjà exprimé au terme de la dernière défaite, il a plutôt montré du doigt une concentration insuffisante et une trop grande « nonchalance ».

Mea culpa

Dans le vestiaire, les joueurs n’ont pas cherché à justifier leurs performances difficiles des derniers temps.

Tomas Tatar traverse un passage à vide particulièrement pénible. Après une performance de 4 points le 15 novembre à Washington, qui portait son total à 19 en autant de matchs cette saison, il aimerait sans doute pouvoir rayer les quatre rencontres suivantes de son CV : une seule mention d’aide et un différentiel de -6, le pire de l’équipe.

PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE

Tomas Tatar affiche un différentiel de -6 dans ses quatre derniers matchs.

Loin d’être tendre avec ses attaquants, Claude Julien avait d’ailleurs ciblé son absence de repli défensif qui a mené au cinquième but des Rangers, samedi.

« Il a raison, a convenu Tatar. Nous n’avons pas aidé nos défenseurs, on doit mieux travailler en unité de cinq joueurs. On ne peut pas bousiller une avance de quatre buts. J’étais contrarié. Mais c’est une nouvelle journée, un nouveau défi. On a eu un bon entraînement, ça ira mieux demain. »

« Demain », c’est-à-dire mardi, c’est en effet un joyeux défi qui se présentera au Canadien, alors que l’une des plus puissantes équipes du circuit, les Bruins du Boston, sera en ville.

Depuis leur défaite contre le Canadien, début novembre, les Bruins n’ont perdu qu’une rencontre en temps réglementaire. Et Brad Marchand vient de se faire attribuer la première étoile de la semaine dans la LNH à la suite d’une récolte de sept points en trois matchs.

PHOTO BRIAN FLUHARTY, USA TODAY SPORTS

Les Bruins de Boston n’ont subi qu'une défaite en temps réglementaire à leurs huit dernières rencontres.

Le fait est que le Canadien a plutôt bien paru contre les équipes de tête depuis le début de la saison, décrochant notamment des victoires contre les Bruins, justement, mais également contre les Capitals et les Blues. Ce bon vieux duel Montréal-Boston arriverait-il à point nommé ?

« C’est toujours amusant de jouer contre eux, a souligné Brendan Gallagher. C’est évidemment une bonne équipe, il y a la rivalité… Mais dans ces matchs, si on n’est pas prêt, on se fait enterrer rapidement. »

Selon lui, la mauvaise séquence actuelle du Canadien constitue un bon « test » pour définir l’identité de l’équipe. « N’importe qui peut se lever, c’est le moment de voir sur qui on peut compter », a-t-il dit.

Gallagher a rappelé, à juste titre, que le Tricolore a traversé le même genre de sécheresse la saison dernière. En effet, du 19 au 27 novembre 2018, les Montréalais ont connu une série de cinq défaites, dont deux en prolongation. Ils avaient répondu avec six victoires au cours des huit matchs suivants.

Gallagher s’est dit tout de même dit embêté d’avoir vu son équipe échapper une avance au cours des quatre dernières sorties.

« Ce que je n’ai pas aimé, c’est qu’on a eu des chances en troisième période, mais que [l’adversaire] a chaque fois trouvé une manière d’en donner plus pour gagner. On en a parlé entre nous : peu importe la manière, il faut gagner ces matchs serrés. Ça fera toute la différence à la fin de la saison. »

Selon ce qu’on a pu voir à l’entraînement, la formation du Canadien contre les Bruins devrait demeurer intacte. Les défenseurs Brett Kulak et Christian Folin devraient de nouveau être laissés de côté, tandis que Charles Hudon patrouillera toujours l’aile gauche sur l’unité de Jesperi Kotkaniemi. Et l’expérience heureuse de réunir Artturi Lekhonen à Max Domi, au centre, et à Nick Suzuki sera vraisemblablement répétée.