Jon Cooper a popularisé la mode des jeunes entraîneurs doués de la Ligue américaine appelés à connaître autant de succès dans la Ligue nationale. 

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

L’entraîneur du Lightning en était à sa troisième saison dans la Ligue américaine au sein du club-école de Tampa et avait remporté la Coupe Calder l’année précédente, lorsqu’il a succédé à Guy Boucher en 2013. 

Depuis son arrivée, le Lightning a connu quatre saisons de 100 points ou plus. Il a atteint la finale de la Coupe Stanley une fois et le carré d’as deux fois. 

Plusieurs joueurs dirigés par Cooper dans la Ligue américaine ont obtenu leur chance dans la LNH: Tyler Johnson, Ondrej Palat, Alex Killorn, Andrej Sustr, Brett Connolly, Vladislav Namestnikov, Mark Barberio, Richard Panik, Radko Gudas. 

Les trois premiers sont toujours avec l’équipe, les autres ont trouvé une autre organisation après un passage à Tampa. 

Le nouvel entraîneur-chef des Maple Leafs de Toronto, Sheldon Keefe, a un peu le même profil. Cooper a accédé à la LNH à 45 ans. Keefe en a 39. 

Keefe dirigeait les Marlies depuis 2015. Il a remporté la Coupe Calder avec eux en 2018. William Nylander, Kasperi Kapanen, Connor Carrick, Zach Hyman, Frederik Gauthier, Andreas Johnsson et Dmytro Timashov ont joué pour lui au fil des ans. Il a dirigé deux des plus beaux espoirs de l’équipe en défense, Rasmus Sandin et Timothy Liljegren. 

Mais les similitudes entre les deux hommes s’arrêtent là. Keefe doit trouver un moyen de faire gagner rapidement cette équipe bourrée de talent. La pression est forte à Toronto. Le Lightning était en voie de rater les séries éliminatoires lorsque Cooper a été embauché à la fin de la saison 2013. 

Il ne suffit cependant pas d’avoir connu du succès dans la Ligue américaine et d'avoir grandi avec certains espoirs de l’organisation pour réussir dans la Ligue nationale. 

Jeff Blashill avait une superbe feuille de route à Grand Rapids lors de son embauche par les Red Wings de Detroit en 2015. Il avait même remporté lui aussi la Coupe Calder en 2013. Les Tomas Tatar, Gustav Nyquist, Petr Mrazek, Riley Sheahan, Brendan Smith, Anthony Mantha, Andreas Athanasiou l’ont tous éventuellement suivi de la Ligue américaine, mais les Red Wings ont raté les séries éliminatoires lors des quatre dernières années et ils ont été éliminés en première ronde lors de la première saison de Blashill. 

Travis Green a accédé à la LNH avec les Canucks en 2017 après quatre saisons au sein du club-école à Utica. Il a atteint la finale en 2015. Vancouver est en période de transition et montre de belles promesses, mais l’équipe a raté les séries lors des deux premières saisons de Green et après un formidable début de saison cet automne, semble avoir frappé un mur. 

Dallas Eakins dirigeait le club-école des Ducks d’Anaheim depuis quatre ans lorsqu’il a été promu dans la LNH cet été. Il comptait cependant une année et demie d’expérience, désastreuse, avec les Oilers d’Edmonton entre 2013 et 2015. Comme Green et Blashill, il a hérité d’un club en transition.

Le parcours de Jeremy Colliton semble se rapprocher davantage de celui de Keefe. Il a hérité d’un club expérimenté lorsqu’il a succédé à Joel Quenneville à Chicago en novembre 2018. Les Blackhawks ont connu une très bonne deuxième moitié de saison, mais pas assez pour participer aux séries. Chicago est à deux points de la dernière place donnant accès aux séries à l’heure actuelle et a perdu seulement deux matchs en temps règlementaire à ses dix derniers.

Si on remonte de quelques années, la formule a fonctionné pour les Penguins avec Dan Bylsma. Quoiqu’il était entraîneur en chef à Wilkes-Barrie depuis moins d’un an lorsqu’il a remplacé Michel Therrien en 2008. Il a remporté la Coupe Stanley dans les mois qui ont suivi. 

Il y a eu des échecs retentissants: Davis Payne entre 2009 et 2012 avec les Blues, Cory Clouston et Joe Sacco avec Ottawa et Colorado, quoique leur fiche n’était pas très reluisante dans la Ligue américaine. 

Jared Bednar connaît beaucoup de succès avec l’Avalanche du Colorado après avoir remporté la Coupe Calder en 2016, mais le DG Joe Sakic l’a soutiré à l’organisation des Blue Jackets de Columbus après le départ précipité de Patrick Roy.

En bref, même si on le qualifie de petit Mozart aujourd’hui, impossible de prédire l’avenir de Sheldon Keefe avec les Leafs. Il hérite d’une équipe bien nantie en talent, mais dont le jeu collectif laisse à désirer. Il dirigeait une bande de jeunes hier, il doit guider un groupe de super-vedettes aujourd’hui. 

Meilleur des succès monsieur Keefe. Le marché de Toronto sera sans pitié si vous ne livrez pas la marchandise. 

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Bien d'accord avec Guillaume Lefrançois, Jesperi Kotkaniemi a disputé de loin son meilleur match de la saison hier soir. La barre n'était pas très haute, direz-vous, mais le premier choix du Canadien a montré des flashs de l'an dernier. Les comparaisons avec Brady Tkachuk, auteur du but gagnant, ne cesseront jamais, mais n'oubliez pas l'âge. Tkachuk a presque un an de plus. La différence est énorme à cet âge. S'il était né deux jours plus tôt, le 13 septembre, Tkachuk aurait été éligible pour le repêchage de 2017. S'il était né 30 jours plus tard, Kotkaniemi aurait été soumis au repêchage de 2019. Deux repêchages d'écart. On s'en reparle dans quelques années, d'accord?