Pas facile de bâtir une équipe dont les succès seront durables, en cette ère de parité. Parlez-en aux Flames de Calgary.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

Les attentes à leur endroit étaient énormes cette année, après une saison de 107 points et une deuxième place au classement général l’hiver dernier. 

Les Flames piétinent en ce moment. Ils viennent de subir cinq défaites de suite, dont la plus récente hier contre leur bête noire l’Avalanche du Colorado. Il leur manquait néanmoins deux bons défenseurs, T.J. Brodie, dont l’état s’améliore, et Travis Hamonic.

Leur fiche de 10-11-3 les place au neuvième rang dans l’Association de l’Ouest, mais le classement est trompeur. Ils ont disputé deux, trois, parfois même quatre matchs de plus que les clubs derrière eux au classement. 

Nashville, par exemple, classé 12e, a deux points de retard sur eux, mais quatre matchs de plus à disputer. San Jose a le même écart à creuser avec deux rencontres de plus à jouer. 

Calgary a pourtant le même noyau de joueurs. Ils ont remplacé le gardien Mike Smith par Cam Talbot et échangé James Neal pour Milan Lucic. Cette transaction pour Lucic fait mal paraître le DG des Flames parce que Neal a déjà 13 buts en 23 matchs à Edmonton, mais elle ne constitue pas une soustraction en terme de production à Calgary car Neal ne marquait pas pour les Flames l’an dernier. 

Il faut toujours un coupable. À Toronto, l’entraîneur Mike Babcock est ciblé. Ici, Johnny Gaudreau est l’objet de sévères critiques. La grande vedette des Flames a 18 points, dont seulement cinq buts, en 24 matchs. Sa fiche de -10 est l’une des pires de l’équipe avec Michael Frolik et Sean Monahan. 

Les Flames peinent à marquer. Leur moyenne de 2,50 buts comptés par match leur confère le 30e rang à ce chapitre. Seuls les Red Wings de Detroit font pire. 

L’an dernier pourtant, ils avaient la deuxième attaque de la Ligue derrière Tampa Bay avec une moyenne de 3,52 buts marqués par match, grâce entre autres aux 99 points de Gaudreau.

Mais celui-ci a ralenti en deuxième moitié de saison : 26 points en 31 matchs, après avoir amassé 73 points à ses 51 premières rencontres, et une seule aide en cinq matchs lors de l’élimination hâtive aux mains de l’Avalanche du Colorado en première ronde. 

Ça explique sans doute les réactions émotives à l’endroit de cet attaquant de 26 ans. Dans une chronique surprenante sur theathletic.com, lundi, Darren Haynes, se demande s’il ne serait pas temps d’échanger Gaudreau pour secouer l’équipe de sa torpeur. 

Haynes rappelle que les Flames ont été trop sentimentaux dans le dossier de Jarome Iginla dix ans plus tôt et qu’il a rapporté uniquement Kenny Agostino, Ben Hanowski et un choix de première ronde (Morgan Klimchuk) quand on a finalement décidé de s’en départir. 

PHOTO TODD KOROL, REUTERS

Jarome Iginla

Le chroniqueur a quand même la décence de rappeler qu’Iginla a été échangé à 35 ans tandis que Gaudreau vient d’en avoir 26 et que les Flames ne sont pas en reconstruction comparativement à l’époque où ils ont échangé leur capitaine. Pourquoi alors le parallèle ?

Faut-il vraiment briser le noyau d’un club de 107 points l’an dernier ? Gaudreau ne vient-il pas de connaître des saisons de 99 et 84 points ? Et on accuse les médias montréalais d’impulsivité…

Peut-être faudrait-il demander des comptes à rendre au deuxième centre de l’équipe, Mikael Backlund, avec ses huit points, dont trois buts, en 24 matchs, avec ses 5,3 millions par année. 

Ou encore à Michal Frolik, 4,3 millions par année, trois maigres points, dont un but, en 22 matchs, et désormais relégué au quatrième trio. Sam Bennett, quatrième choix au total en 2014, devant William Nylander, Nikolaj Ehlers, Dylan Larkin, Travis Sanheim et David Pastrnak, n’a pas franchi le seuil des 30 points lors des trois dernières années. Il en a cinq en 20 matchs cette année. Il se trouve actuellement sur la liste des blessés.

Ne parlons même pas de Milan Lucic, quatre aides en 22 matchs, aucun but, dont la faible production n’étonne même plus, malgré un match plus relevé hier contre l’Avalanche avec un échec-avant plus soutenu et six tirs au but. 

Il faudra aussi s’améliorer en défense. Seize fois en 24 matchs, les Flames ont accordé le premier but. Ils viennent au 18e rang pour les buts accordés par match avec une moyenne de 3,04. 

Calgary a trop de talent pour ne pas se replacer. De grâce, pas de panique…

À lire

Dans son style imagé, Richard Labbé affirme que le Canadien a été incapable de ramasser des points qui traînaient par terre hier soir à Columbus. La force d'un média réside dans la plurialité d'opinions. Je crois plutôt que les points ne trainent jamais par terre vu la parité dans la LNH. Surtout pas contre une équipe sous-estimée comme les Blue Jackets, défaits seulement huit fois en 20 matchs à la régulière.

Je rejoins néanmoins parfaitement Richard à propos de Max Domi. Claude Julien a beau le défendre, Domi a freiné sa course pour tenter de frapper son adversaire en fin de match. Qu'il l'ait touché ou non, il a semé le doute dans la tête de l'arbitre, qui l'a puni pour obstruction. Un geste inutile.

Puisqu'on parle de Domi, dès sa première présence sur la glace en première, il a fait une passe à l'aveuglette dans l'enclave alors que deux de ses coéquipiers étaient coincés derrière le but adverse. Il aurait dû mieux lire la situation. Columbus a contre-attaqué à quatre joueurs et ouvert la marque sur cette séquence. Domi doit se replacer. Le CH a trop besoin de lui.