Les choses changent vite dans l’entourage du Canadien. Épargné par les blessures jusqu’ici cette saison, le Tricolore a été frappé par la malchance ces derniers jours.

Guillaume Lefrançois Guillaume Lefrançois
La Presse

Lundi, Jonathan Drouin est passé sous le bistouri pour une blessure au poignet. Selon Allan Walsh, l’agent de Drouin, le Québécois en aura pour huit semaines ; une information qui n’a pas été confirmée par l’équipe.

Mardi, c’était au tour d’un autre attaquant de sortir sa carte-soleil. Paul Byron est blessé à un genou, et on ignore toujours la durée de son absence. Ces deux blessures sont évidemment synonymes de possibilités pour quelques attaquants de l’équipe. Les voici.

Tomas Tatar

Le grand gagnant du remaniement. La saison dernière, Tatar formait un des bons trios de la LNH avec Phillip Danault et Brendan Gallagher. Cette complicité lui a permis d’amasser 58 points, un sommet personnel en une saison. Mais après 16 matchs cette saison, Claude Julien en avait assez du jeu inégal de Tatar et a remplacé le Slovaque par Drouin au sein de la combinaison. Or, samedi contre les Devils du New Jersey et lundi à l’entraînement, Tatar était de retour à la gauche de Danault. « On disait qu’il devait être meilleur dans sa zone, de cesser de commettre des revirements. Et à Washington, il a été bon. En perdant Drouin, j’avais besoin de quelqu’un, mais ça ne lui a pas été donné, il l’a mérité. » Vendredi, après que Drouin eut été ébranlé par Alexander Ovechkin, Tatar a préparé le but de Danault dès sa première présence avec lui. L’unité en a remis samedi en orchestrant un but de Gallagher. Tatar a une nouvelle chance de se rendre indispensable à son trio, comme l’an passé.


PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Tomas Tatar aura une nouvelle chance au sein du premier trio du Canadien.

Charles Hudon

Un autre qui profite des malheurs des autres. Hudon était à Laval depuis le début de la saison et dès le camp, on sentait qu’avec une formation en santé, il n’y avait guère de place pour l’Almatois à Montréal. Mais plutôt que de faire la baboune chez le Rocket, Hudon a retroussé ses manches et au moment de son rappel, il était quatrième dans la Ligue américaine cette saison avec neuf buts. « J’ai retrouvé le côté le fun du hockey en jouant cette année. Je pense que ça m’a fait du bien. Je tiens mon bâton moins serré, je me sens bien, je fais les mêmes choses que je faisais à Laval », a-t-il expliqué lundi. Hudon a été limité à huit minutes de jeu samedi, mais il importe de rappeler que le quart de la rencontre s’est disputé sur les unités spéciales. Il faudra voir à quoi ressemblera son utilisation quand les arbitres seront plus permissifs, mais l’occasion est belle pour Hudon, car Julien ne se gêne pas pour offrir des minutes intéressantes à Nate Thompson et à ses ailiers.

Jordan Weal

L’an dernier, à son arrivée à Montréal, Weal avait causé la surprise en amassant 10 points en 16 matchs. Julien l’avait récompensé en l’employant 15 minutes par match, lui offrant un rôle au sein du troisième trio. Dur retour à la réalité cette saison, puisqu’il a été laissé de côté pour 8 des 20 matchs du CH. Sent-il qu’il peut profiter des absences de Drouin et Byron pour redevenir membre du top 9 ? La question l’a visiblement piqué. « J’ai toujours été ça [un joueur du top 9] et je peux jouer n’importe rôle dans la formation. Je ne pense pas que je doive rétablir ma place. Ils savent ce que je peux apporter, comment je joue, et je pense l’avoir montré à tous les matchs que j’ai joués. Peut-être que quelques bonds ne m’ont pas été favorables, mais je dois continuer à travailler. » Si Weal est incapable de cimenter son poste, il sera intéressant de voir si Nick Cousins aura droit à une promotion. Cousins s’est montré productif jusqu’ici avec 7 points en 14 matchs, malgré une utilisation modeste.

Artturi Lehkonen

Son manque de production en fait rager plusieurs. Avec seulement 2 buts et 5 aides en 20 matchs et une utilisation de 14 minutes par match, il y a en effet de quoi s’interroger. Julien semble toutefois avoir compris les limites du Finlandais : employé en avantage numérique à ses trois premières saisons, Lehkonen n’y a pas touché du tout jusqu’ici. À forces égales, son utilisation a aussi été réduite d’une minute par match (12 min 45 s la saison dernière, 11 min 48 s cette saison). À défaut de marquer, Lehkonen parvient au moins à limiter les dégâts : à 5 contre 5, il a été sur la patinoire pour 10 buts de son équipe et seulement 6 de l’adversaire. Mais avec Drouin absent, les autres ailiers devront en donner davantage offensivement. Il est difficile d’en demander davantage à Tatar et à Gallagher, alors c’est vers les autres que les regards se tourneront. À ce sujet…

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

Artturi Lehkonen

Max Domi

Son premier quart de saison en a déçu plusieurs, car il a placé la barre haut l’an dernier avec sa récolte de 72 points, dont 28 buts. Le voici à 13 points, dont 4 buts. Sur 82 matchs, on parle donc d’une cinquantaine de points et d’une quinzaine de buts, des niveaux de production comparables à ce qu’il offrait à ses deux premières saisons en Arizona. Samedi, Julien l’a muté à l’aile, en compagnie de Nick Suzuki et de Joel Armia, et l’expérience n’a guère été concluante. Ce n’était toutefois qu’un match, et Julien a défendu sa nouvelle configuration lundi. « Suzuki est un droitier, il se retrouve avec Armia, un droitier, et Domi, un gaucher. Max a joué la majorité de son hockey à l’aile. Ce n’est rien de nouveau pour lui. On veut placer de bons joueurs ensemble, et c’est ce qu’on fait. » S’il retrouve son niveau de l’an dernier, ce sera un bon bout de chemin pour le CH.

Nick Suzuki

Suzuki ayant conservé sa place au centre, il n’est pas directement affecté par les bouleversements, puisque les deux éclopés sont ailiers. Par contre, Byron était un des quatre attaquants régulièrement employés en désavantage numérique. Il sera donc intéressant de voir qui d’Armia ou de Suzuki sera employé par Julien aux côtés de Thompson. Même si Armia est l’heureux élu, il restera des situations où Julien aura besoin de Suzuk. Par exemple si c’est un de ses spécialistes du désavantage numérique qui est puni. Suzuki a été employé en infériorité numérique lors des matchs à St. Louis et au Minnesota, et le Tricolore n’avait pas accordé de but. « Il progresse, il saisit sa chance. Mais il n’y a pas de certitudes, a rappelé Julien. On ne sait pas s’il pourra gérer de plus grandes responsabilités : plus de temps de jeu, affronter les meilleurs trios. Ce sera à lui de nous le démontrer. »