Il n’y a pas à dire, le Canadien de cette saison joue toujours selon la qualité de l’adversaire qui est placé devant lui. Autrement dit, ce Canadien est très bon contre les très bonnes équipes, et il est très moyen contre les très moyennes.

Richard Labbé Richard Labbé
La Presse

On vient d’en avoir une nouvelle preuve en 24 heures.

Vendredi, le Canadien avait réussi à obtenir une victoire impressionnante à Washington contre la meilleure équipe de la ligue. Samedi soir au Centre Bell, le Canadien a joué un match très ordinaire contre les Devils du New Jersey, qui occupaient l’avant-dernier rang du classement dans l’Association de l’Est avant le début de la rencontre.

On vous parlait récemment d’une équipe qui aime les montagnes russes ? Eh bien, c’est en plein ça. C’est en plein la réalité d’une équipe qui aurait pu gagner, mais qui a perdu ce match face aux Devils en plein Centre Bell, en prolongation, par la marque de 4-3.

Il s’agit d’une tendance lourde. Le Canadien a battu les Bruins, les Blues de St. Louis deux fois, mais il a aussi perdu contre les Red Wings de Detroit, contre le Wild du Minnesota et, samedi, contre les Devils du New Jersey.

Saluons en premier la franchise de Claude Julien, qui ne s’est pas servi des deux matchs en deux soirs comme excuse – « eux aussi avaient joué vendredi soir », a rappelé l’entraîneur. Ensuite, saluons aussi le côté observateur du coach, qui croit avoir remarqué pourquoi son équipe a du mal dans ces situations.

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Claude Julien en avait long à dire à l’officiel Frédérick L'Écuyer en fin de rencontre…

Pour compenser la fatigue qui peut s’installer, il faut qu’on soit alertes mentalement. C’est ce qui nous a tués : on n’a pas pris des bonnes décisions.

Claude Julien

La plupart du temps, en effet, c’est une affaire de mauvaises décisions contre les mauvaises équipes, qui n’attendent que ça pour voir un peu de lumière et espérer avoir une chance de gagner.

À ce chapitre, on peut probablement regarder en direction de Max Domi, qui a poussé le bâton de Blake Coleman qui traînait par terre, et qui en a ensuite rajouté devant l’arbitre, pour ainsi transformer une punition de deux minutes en punition de quatre minutes. Ce n’était pas nécessaire, et les Devils ont profité de ce cadeau pour faire 3-3 en fin de troisième, puis ils ont ajouté le but de la victoire, toujours en avantage numérique, en prolongation.

C’est vrai, le Canadien a tout de même récolté un point pour son effort, et en l’espace de 24 heures, trois points sur une possibilité de quatre, c’est tout de même très bien. Mais c’est aussi un point de perdu, et c’est le genre de chose qui peut faire mal à la fin, en mars et en avril, quand tout peut se décider sur une légère différence de deux ou trois points.

Bien sûr, il y a eu des points positifs à ce samedi soir – le premier but de Cale Fleury, le cinquième de Nick Suzuki, qui a amorcé le match au poste de centre, ce qui témoigne de sa fabuleuse progression –, mais il est difficile de s’y attarder dans les circonstances. On en profite pour rappeler que les Devils ont fini le match avec 43 tirs, et que c’est seulement la deuxième fois cette saison qu’ils réussissent à atteindre la barre des 40 tirs. Faut le faire, et heureusement que Keith Kinkaid était en forme.

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À n’en point douter, P.K. Subban se délectait à l’idée de revenir dans l’amphithéâtre où il a connu tant de succès…

Enfin, on s’explique mal les huées à l’endroit de P.K. Subban pendant toute la soirée. Le défenseur des Devils demeure Montréalais dans l’âme, entre autres avec le travail qu’il effectue auprès des enfants malades, et aussi avec la clinique de hockey qu’il amène ici chaque été. Et puis, on va s’entendre, ce n’est pas lui qui a demandé de partir.

Des fois, on pourrait se garder une petite gêne.