Brian MacLellan est sans doute l’un des directeurs généraux les plus méconnus, et discret, de la Ligue nationale. Il dirige pourtant l’un des clubs les plus en vus de la LNH.  

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

À son embauche en 2014, après avoir cumulé mille fonctions au sein de l’organisation des Capitals pendant 13 ans, Washington venait de rater les séries éliminatoires pour la première fois en sept ans et la gestion du plafond salarial commençait déjà à poser problème. 

Pour maintenir une équipe au sommet tout en respectant le plafond, il faut du courage, mais aussi du flair : sacrifier des joueurs importants, identifier les bonnes pièces moins coûteuses. MacLellan a fait tout ça. 

Il a aussi trouvé un entraîneur, Barry Trotz, qui a permis aux Capitals de remporter leur première Coupe Stanley il y a deux ans. Trotz n’est pas resté, mais son successeur Todd Reirden ne fait pas trop mal. Les adversaires du Canadien ce soir trônent en tête du classement général avec une fiche de 14-2-4, quatre points de plus que leurs plus proches rivaux. 

MacLellan succédait à un DG connu et respecté, George McPhee, aujourd’hui à Vegas. Il a aussi cédé le plancher à un plus gros nom lors de sa première conférence de presse : on a annoncé son embauche en même temps que celle de Barry Trotz le 27 mai 2014…

Parmi ses premières décisions, solidifier la défense en embauchant Brooks Orpik et Matt Niskanen des Penguins de Pittsburgh sur le marché des joueurs autonomes, et leur entraîneur des défenseurs… Todd Reirden. Orpik et Niskanen ont apporté une belle stabilité à l’équipe pendant cinq ans. 

L’année suivante, en juillet 2015, il réussissait son meilleur coup en obtenant l’ailier T.J. Oshie des Blues en retour de Troy Brouwer. Oshie est toujours un membre essentiel des Capitals cinq ans plus tard. Il a obtenu 20 points en 24 matchs lors de la conquête de la Coupe en 2018. Brouwer a joué un an seulement à St. Louis avant de profiter de son autonomie complète. 

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T.J. Oshie

MacLellan a aussi pris une décision importante cet été-là : ne pas retenir l’une des grandes stars de l’équipe, Mike Green, malgré une saison de 45 points. Green a obtenu 18 millions pour trois ans des Red Wings, mais John Carlson était prêt à assumer sa relève. 

La période charnière pour MacLellan est survenue à l’été 2017. Les Caps venaient d’être éliminés par les Penguins de Pittsburgh pour une deuxième année consécutive. 

L’équipe était coincée par le plafond salarial et le DG a eu à sacrifier des éléments importants pour se conformer aux règles. Mais qui choisir ? Malgré une saison de 58 points, Marcus Johansson a été échangé aux Devils du New Jersey pour des choix de deuxième et troisième rondes. Justin Williams, Karl Alzner et Kevin Shattenkirk n’ont pas été retenus et ils ont profité du statut de joueurs autonomes. 

Dans une déclaration désormais célèbre, Alzner a déclaré avoir choisi le Canadien parce que ses chances de remporter la Coupe Stanley étaient meilleures à Montréal…

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Karl Alzner

Mais au moment où Alzner se mettait le pied dans la bouche, les perspectives de succès des Capitals n’étaient pas très encourageantes, avec autant de pertes encaissées. 

Mais Ovechkin a retrouvé l’élan des beaux jours après l’une de ses pires saisons en carrière selon ses propres standards, Evgeni Kuznetsov a explosé, John Carlson a atteint un niveau jamais égalé et les joueurs de soutien habilement choisis par MacLellan ont fait le travail. 

Une acquisition subtile, mais énorme : Michal Kempny, obtenu des Blackhawks en mars 2018 pour un choix de troisième ronde. Kempny est devenu depuis le partenaire régulier de Carlson au sein de la première paire. Son absence a fait mal en séries l’an dernier. Kempny a 11 points en 12 matchs cette saison avec une fiche de +10 depuis le début de la saison. 

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Michal Kempny

À l’arrivée de MacLellan à Washington, Troy Brouwer, Marcus Johansson, Martin Erat et Brooks Laich complétaient les deux premiers trios avec Alexander Ovechkin et Nicklas Backstrom. Kuznetsov était arrivé en fin de saison 2014 et Tom Wilson occupait un poste au sein du quatrième trio. 

Il y a beaucoup plus de talent pour appuyer Ovechkin et Backstrom aujourd’hui avec Oshie, Wilson (22 buts l’an dernier, 16 points en 20 matchs cette saison), Jakub Vrana (24 buts l’an dernier, 17 points en 20 matchs cette saison) et Kuznetsov. 

Et comme les contes de fée existent parfois, MacLellan a remporté la Coupe en 2018 contre Vegas et son ancien patron McPhee en finale. MacLellan est cependant nettement moins connu que Cendrillon…

À lire

Shea Weber et Ben Chiarot seront chargés de surveiller Ovechkin ce soir, écrit Richard Labbé. Le réveil de ces deux vétérans a transformé le Canadien récemment. Le CH a perdu seulement deux de ses huit derniers matchs. Guillaume Lefrançois, lui, se penche sur le début de saison phénoménal de John Carlson.