Ryan Poehling ne voulait pas aller à Laval, mais par un heureux hasard de la vie, c’est dans un hôtel de Laval qu’il a reçu l’appel qui allait le sortir de là pour le ramener à Montréal.

Richard Labbé Richard Labbé
La Presse

« Je ne m’attendais pas à ça, a expliqué le jeune attaquant au terme de l’entraînement de lundi. C’était jour de congé [dimanche] et j’étais à l’hôtel avec des amis, on jouait à Fortnite et j’ai appris la nouvelle. Ça m’a surpris… »

C’est en plein ce dont rêvait Poehling, pour des raisons de hockey avant tout : sortir de Laval.

Ainsi, après 13 matchs dans la Ligue américaine avec le Rocket, l’attaquant de 20 ans aura mardi soir l’occasion de revenir sur les lieux de son plus grand triomphe à titre de joueur professionnel : le Centre Bell, là où il avait enfoncé quatre buts dans le filet des Maple Leafs de Toronto lors du dernier match de la dernière saison, en avril.

Les Bruins de Boston seront les visiteurs cette fois, mais dans ce cas-ci, l’identité de la visite importe bien peu, puisque Poehling attendait ce moment avec une grande impatience de toute manière.

Il faut dire que le jeune homme ne pouvait croire qu’un détour par la Ligue américaine allait lui être imposé, et il a d’ailleurs admis que c’est un peu en faisant la gueule qu’il est allé faire ce détour.

J’ai connu un début de saison un peu lent avec le Rocket parce que je n’avais pas la tête à la bonne place. J’étais fâché d’être là, et ça a affecté mon jeu lors des deux premières semaines. Mais quand j’ai réalisé que ça ne me donnait rien d’être en colère, ça s’est mis à mieux aller.

Ryan Poehling

On peut en effet parler d’un début un peu lent de la part de Poehling avec le Rocket cette saison : trois buts, deux aides, et puis c’est tout. Voilà, on en conviendra, des chiffres qui ne sont pas dignes d’un choix de premier tour. De l’avis de Poehling lui-même, ce faux départ n’est pas attribuable à cette commotion cérébrale qu’il a subie lors du camp d’entraînement du Canadien en septembre.

« C’est surtout l’aspect psychologique de la blessure qui m’a affecté, parce que d’un point de vue physique, je me sentais bien. Mais je sais que je n’étais pas moi-même lors de ces deux premières semaines de jeu, et Joël [Bouchard] m’a aidé avec son attention aux petits détails là-bas lors des entraînements. »

« La blessure l’a retardé »

Est-ce que tout cela va rapporter ? Personne ne s’attend à ce que Poehling marque trois ou quatre buts tous les soirs, mais chez le Canadien, à tout le moins, on s’attend à quelque chose.

« On sait tous de quoi il est capable, a expliqué l’entraîneur-chef Claude Julien. Si ça n’avait pas été de cette blessure, il aurait probablement commencé la saison ici avec nous. La blessure l’a retardé un peu, mais on a pu remarquer de bonnes choses dans son jeu lors de son passage avec le Rocket. »

S’il faut se fier à ce que l’on a pu observer à l’entraînement, Poehling patinera mardi soir en compagnie d’Artturi Lehkonen et de Paul Byron avec le troisième trio. On peut, bien sûr, se demander si c’est une bonne idée que de lancer dans la mêlée un jeune premier avec deux joueurs qui se cherchent – Byron a trois points depuis le début de la saison, Lehkonen en a cinq –, mais c’est ce qui a été décidé. Pour le moment, du moins.

Poehling, lui, est juste content d’être ici.

« Les trois, on joue en ligne droite et on joue de manière simple, a-t-il répondu en parlant de son trio. C’est bien qu’on ait tous un peu le même style de jeu, je vais savoir où les trouver sur la glace. Mais en premier, on doit tout faire pour aider l’équipe. »

Bruins de Boston c. Canadien, mardi soir à 19 h 30 au Centre Bell