(DALLAS, Texas) À bien des égards, le Canadien de cette saison ressemble à celui de l’an dernier. Une équipe axée sur la vitesse, une attaque étonnante malgré l’absence de supervedettes, et du caractère pour gagner des matchs même quand l’adversaire mène après deux périodes.

Guillaume Lefrançois Guillaume Lefrançois
La Presse

Mis ensemble, tout ça donne un club qui devra se battre jusqu’au bout afin d’arracher une place en séries, et qui pourrait les rater de près, comme l’an dernier. La fiche cette saison : 7-5-2. L’an dernier après 14 matchs : 8-4-2. C’est semblable.

Les unités spéciales, par contre, sont peut-être la grande différence avec la saison dernière. Le CH de 2018-2019 a été compétitif en dépit d’un avantage numérique minable, tandis qu’à quatre contre cinq, l’équipe se débrouillait fort bien et a conclu la saison au 12e rang de la LNH. Les rôles sont littéralement inversés cette année.

Alors que se passe-t-il quand le pire de 2018-2019 et le pire de 2019-2020 se chevauchent ?

« Ce fut l’un des matchs les plus difficiles de notre saison. » Tel a été le verdict de Claude Julien après la défaite de 4-1 contre les Stars, samedi.

PHOTO MICHAEL AINSWORTH, ASSOCIATED PRESS

L’entraîneur-chef du Canadien Claude Julien n’a pas semblé apprécier la performance de ses joueurs, samedi soir, à Dallas.

Il importe de souligner le rôle des unités spéciales, car à 1-0 en fin de deuxième période, le Tricolore s’en tirait encore à bon compte. Mais à ce moment du match, il avait déjà loupé quatre occasions avec l’avantage d’un homme. Loupé ? Le mot n’est pas trop fort : seulement cinq tirs en près de neuf minutes. Le seul jeu que cette équipe semblait capable d’exécuter, c’est le hors-jeu. Elle en a commis trois pendant ses avantages numériques, on les a comptés.

L’avantage numérique n’a pas été assez bon, mais on a accordé deux buts en désavantage numérique.

Shea Weber

« On ne peut pas simplement rejeter la responsabilité sur l’avantage numérique, a fait valoir Shea Weber. On a eu un but à cinq contre cinq quand il restait trois minutes. Notre jeu d’ensemble devait être meilleur et il le sera mardi. »

Repos contre entraînement

Les derniers jours seront intéressants à analyser pour les préparateurs physiques et autres responsables de la condition des joueurs.

Jeudi, le Canadien débarquait à Vegas tard le soir, après avoir battu les Coyotes en Arizona. Les Golden Knights venaient de passer la semaine à la maison, avaient eu trois jours sans match depuis leur dernière prestation. Le CH l’a emporté.

Le Tricolore a eu congé vendredi, pendant que les Stars se rendaient à Denver, un fuseau horaire à l’ouest, pour arracher une victoire à l’Avalanche. De retour en pleine nuit, les Stars étaient désavantagés contre une équipe qui l’attendait à Dallas depuis 24 heures.

Et c’est l’équipe la plus reposée qui a paru au bout du rouleau. Ça s’est vu dès la première présence – quoi qu’en dise Julien –, car le trio de Phillip Danault n’avait pas sa superbe habituelle des débuts de match. Cette présence s’est d’ailleurs conclue avec Blake Comeau qui mange Victor Mete tout rond en fond de territoire du Canadien.

C’est parfois un facteur déterminant, quand une équipe joue pendant que l’autre attend. L’équipe qui joue reste dans le rythme du match. Ils étaient plus au point que nous.

Ben Chiarot

Cela dit, organiser un entraînement vendredi, pour « rester dans le rythme », justement, n’était pas envisageable. « On est arrivés à 4 h du matin, c’est logique qu’on ait du repos, s’est défendu Julien. On a disputé deux matchs difficiles, en Arizona et à Vegas, on a gagné les deux, mais on est arrivés ici et on n’avait pas nos jambes. Même si on essaie de pousser les joueurs, ça fait partie du métier. Ce sont des humains, pas des machines. »

Si atroce qu’ait été la performance de samedi, le CH rentre néanmoins à la maison avec quatre points sur une possibilité de six, et a subi sa seule défaite contre une équipe qui montre maintenant une fiche de 6-1-0 à ses sept dernières sorties. Si on avait présenté ce scénario à l’équipe avant qu’elle s’envole, lundi dernier, croyez-vous qu’elle l’aurait accepté ? Poser la question, c’est y répondre.