On peut se réjouir de voir avec quelle efficacité le Canadien a regarni sa banque d’espoirs au centre et du côté gauche de la défense.  

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

Mais il faut toujours rester prudent dans nos analyses. Les choses changent vite dans le monde du hockey. L’état de la relève du côté droit de la défense, dans cette troisième et dernière tranche du survol des espoirs du CH, l’illustre bien. 

Que disait-on à l’aube du repêchage en juin ? Qu’il fallait repêcher des défenseurs gauchers et non des droitiers parce que le CH en regorgeait. À talent « égal », clamaient plusieurs, il fallait favoriser le gaucher au détriment du droitier, s’il fallait trancher entre deux défenseurs. 

Or, la relève à Shea Weber est-elle assurée ? Cale Fleury a étonné les observateurs au camp d’entrainement en méritant un poste avec le Canadien, à 20 ans. 

PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE

Cale Fleury

Le jeune homme, repêché en troisième ronde en 2017, était pourtant troisième dans la hiérarchie à droite de la défense selon plusieurs, derrière Josh Brook et Noah Juulsen. Mais Fleury a beaucoup progressé l’hiver dernier sous Joël Bouchard à Laval. À court terme, Fleury amène plus d’attaque et de robustesse que Christian Folin au sein de la troisième paire. L’avenir nous dira s’il peut progresser au point de devenir un défenseur top 4 de premier plan. 

Juulsen, le pauvre, ne se défait pas de sa guigne. Sa blessure à l’oeil subie l’an dernier, et son retour au jeu trop hâtif, lui a fait perdre presque un an. Il devait jouer un premier match cette saison ce soir, mais le voilà affecté par un virus. 

Ce premier choix du Canadien en 2015 désormais âgé de 22 ans a les atouts pour percer, mais son potentiel offensif demeure limité. Il n’a jamais été un grand générateur d’attaque dans les rangs juniors, outre une très bonne saison à son année de repêchage. Il a été limité à deux aides en sept matchs au Championnat mondial junior et à six points en 31 matchs à sa première saison à Laval. 

L’ancien premier choix du Canadien Mike Komisarek, jamais reconnu pour son offensive, produisait à un rythme plus important dans la Ligue américaine. Mais dans le meilleur scénario, Juulsen pourrait jouer au sein d’un top 4, efficace contre les meilleurs trios adverses et bien compléter un défenseur gaucher plus offensif. 

L’autre membre du trio, Josh Brook, 20 ans, un choix de deuxième ronde en 2017, a été vanté sur plusieurs tribunes depuis un an. Ses 75 points en 59 matchs à Moose Jaw, dans la Ligue junior de l’Ouest, faisaient rêver certains, sans compter sa participation au Championnat mondial avec le Canada. 

PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE

Josh Brook

On lui a donné une chance de se signaler au camp d’entraînement. On a vu un défenseur rempli de lacunes, un peu trop éparpillé, rarement au bon endroit sur la glace. 

On a vu le même défenseur lors des premières semaines de la saison à Laval. Au chapitre offensif, il a un seul but à sa fiche en sept matchs, aucune passe. Mais selon notre espion chez le Rocket, le descripteur des matchs de l’équipe au 91,9 Sports, Anthony Marcotte, les choses s’améliorent, après un départ difficile. 

« Il en arrachait lors des deux premières semaines, entre autres avec plusieurs revirements. Mais ça va de mieux en mieux. Il ne faut pas s’attendre à trop de points dans son cas cependant parce qu’il joue avec Karl Alzner et qu’il ne joue presque pas en supériorité numérique ; Xavier Ouellet et Otto Leskinen sont devant lui et le Rocket utilise quatre attaquants et un défenseur en supériorité numérique, comme à Montréal. Mais Joël nous disait l’an dernier que la production offensive ne ferait pas de Brook un joueur de la LNH, mais plutôt son jeu d’ensemble. Il n’est pas encore prêt pour une promotion selon moi. »

Deux mots sur la relève devant le filet. Le Canadien a réussi un coup de maître avec Cayden Primeau. Le jeune homme de 20 ans continue d’impressionner. Après trois matchs dans la Ligue américaine, il a remporté deux victoires et montre une brillante moyenne de buts alloués de 1,68 et un taux d’arrêts de ,943. C’est plus difficile pour Charlie Lindgren avec une moyenne supérieure à trois buts par match. 

PHOTO ERIC BOLTE, USA TODAY SPORTS

Cayden Primeau

Primeau poursuit sur sa lancée. Il avait été nommé le gardien par excellence dans la NCAA à Northeastern et mené les Américains à la finale du Championnat mondial junior avec une moyenne de 1,61 et un taux d’arrêts de .936. 

Il est de loin le meilleur espoir devant le filet depuis Carey Price, repêché en 2005. Le Canadien l’a obtenu en septième ronde du repêchage de 2017 grâce aux Flyers de Philadelphie. Le CH n’avait plus de choix depuis la fin de la cinquième ronde, cette année-là, et avait toujours Primeau, le fils de l’ancien hockeyeur Keith Primeau, dans sa mire. Au 199e rang, le CH a offert aux Flyers son choix de septième ronde en 2018 pour obtenir le leur en 2017 et ainsi repêcher ce joyau. Vingt et un gardiens ont été repêchés avant lui en 2017, aucun après. 

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