(St. Louis) Samuel Blais l’admet sans hésiter : après tout ce qui s’est passé depuis le mois de juin, il a été difficile de tout effacer pour amorcer une nouvelle saison, il y a deux semaines.

Richard Labbé Richard Labbé
La Presse

« Ç’a été un peu difficile parce que, quand tu gagnes la Coupe Stanley, tu as ce sentiment d’avoir tout accompli, dit-il. Mais il faut oublier ça, c’est une nouvelle saison. Les gars, ici, on est tous prêts, et je pense qu’on connaît un bon début de saison. »

Ici à St. Louis, c’est encore un peu le lendemain du party. Les Blues, après n’avoir rien gagné du tout depuis leur naissance en 1967, ont enfin obtenu une première Coupe en juin, et depuis, c’est comme si on essayait de reprendre un semblant de vie normale. Ce qui n’est pas si facile après une telle euphorie.

D’ailleurs, au nouveau centre d’entraînement des Blues, situé dans une lointaine banlieue dont on oublie le nom, une énorme photo de l’équipe championne de juin, triomphante sur la glace, est affichée bien en évidence dans le vestiaire. Dans ces circonstances, il est difficile de reprendre le collier et de ne plus penser à hier, mais Blais, à 23 ans, comprend bien que tout est à refaire.

J’ai eu un bon camp d’entraînement et j’ai prouvé que je suis capable d’être un joueur offensif dans cette ligue… Jusqu’à maintenant, notre trio, ça va vraiment bien. On s’entend bien sur la glace.

Samuel Blais

Dans ce cas précis, « notre trio », c’est l’unité que Blais compose avec deux vétérans, Ryan O’Reilly et David Perron. Ensemble, les trois compères ont récolté un total de 17 points depuis le début de la saison — dont trois buts et deux passes pour Blais — et il semble évident qu’entre ces trois-là, le Jell-O est en train de prendre, comme disent les experts.

En tout cas, Perron voit en Blais un joueur qui ne va pas se satisfaire des succès de juin.

« Il veut jouer un style de jeu axé sur la robustesse et il veut avoir la rondelle sur son bâton, a expliqué l’attaquant québécois. Ce qui n’est pas évident ; on veut tous avoir la rondelle, et Sammy doit quand même réaliser qu’il joue avec O’Reilly, celui qui a gagné le trophée Conn-Smythe en juin !

« En même temps, Sammy était avec nous la saison dernière, il a fait partie de la recette pour gagner, alors ça lui donne confiance. Son jeu robuste, ça démontre à l’entraîneur qu’il est impliqué dans le match. »

Baromètre

Il y a aussi un autre obstacle sur la route de Blais et des Blues cette saison : tout le monde veut les battre. Tel est le destin des champions.

« Je me souviens qu’il y a deux ans, quand on affrontait les Capitals de Washington, on était toujours un peu plus enthousiastes parce que, justement, ils étaient les champions, se rappelle le défenseur Robert Bortuzzo. On se servait de nos matchs contre les Capitals comme d’un baromètre, pour savoir un peu où on se situait. »

Maintenant, c’est à notre tour de servir de baromètre aux adversaires. Mais je dirais que ça nous aide, parce qu’on est meilleurs quand les matchs sont plus intenses.

Robert Bortuzzo

Blais, lui, veut tout simplement faire sa place, et à ce chapitre, il s’en tire très bien. À l’été, les Blues lui ont accordé un nouveau contrat d’une saison, pour 850 000 $. Rien pour briser la calculatrice du directeur général Doug Armstrong (qui devra par ailleurs sans doute la briser pour conserver le capitaine et défenseur Alex Pietrangelo, qui pourrait devenir joueur autonome en juin prochain), mais pour cet attaquant qui a dû éviter les embûches, qui a été un lointain choix de sixième tour et qui a passé une bonne partie de ses trois premières saisons dans la Ligue américaine, c’est un pas dans la bonne direction.

« Ça va bien et je pense que l’équipe veut me donner un plus grand rôle, a-t-il ajouté. En plus, je joue avec deux excellents joueurs et les trois ensemble, on commence à avoir une bonne complicité. Je suis confiant pour le reste. »