On a appris à connaître un peu Paul Byron au cours des années. Il y a deux certitudes au sujet du petit attaquant du Canadien de Montréal : il ne prend jamais de pause, et il n’est jamais satisfait de lui-même.

Jean-François Tremblay Jean-François Tremblay
La Presse

Cette saison, c’est plus vrai que jamais. Il travaille. Mon Dieu qu’il travaille. Rien à redire de ce côté. Mais il s’attend à tellement plus de lui-même. Il faut dire qu’il ne ressemble en rien à celui qui a marqué deux fois 20 buts dans la LNH.

Le plus difficile pour Byron en ce moment est qu’il est incapable de mettre exactement le doigt sur ce qui cloche.

« Je ne sais pas… Je regarde les vidéos. Je parle aux entraîneurs. Mon niveau d’effort est là. Je le sais. Je travaille fort tous les jours. Il me manque quelque chose et je dois le trouver. Mon niveau d’effort est là. Je sais que je suis capable de jouer mieux, je sais que je suis capable d’en donner plus. Je sais que j’ai un autre niveau à offrir. C’est important que l’équipe gagne, mais si je joue de la bonne manière, je peux aussi aider l’équipe. »

Byron a passé du temps sur le quatrième trio, avant d’obtenir une promotion avec Max Domi et Artturi Lehkonen sur le deuxième. C’était une décision logique de Claude Julien qui avait épuisé ses cartouches avec Nick Suzuki et Jordan Weal.

Pourtant, on ne l’a à peu près pas vu, ou si peu. En fait, c’est à se demander si on a vraiment écrit son nom dans un article depuis le début de la saison. C’est tout dire, et ce n’est pas habituel pour Byron, l’un des joueurs les plus explosifs de la LNH.

Les statistiques ne mentent pas : sept matchs, une seule aide, seulement quatre tirs au total. Il reste le désavantage numérique, son pain et son beurre. Il n’a été sur la glace que pour un but de l’adversaire en un peu plus de 10 minutes, un exploit au sein d’une unité qui en arrache.

Il reste le temps de jeu, minime, à 13 minutes et 40 secondes en moyenne. Seuls Nick Cousins et Jesperi Kotkaniemi ont moins joué par match. Byron pourrait y voir la cause de ses insuccès, il y trouve plutôt le symptôme logique. Il est dur avec lui-même, on vous le disait.

« Si tu veux plus de temps de glace, tu dois faire quelque chose avec. Dans les années passées, je pouvais jouer avec n’importe qui, n’importe quand, n’importe où. Chaque présence est à la vie ou à la mort, c’est l’attitude que je dois avoir. Je dois en donner plus, je dois avoir un impact. Si je le fais, le temps de jeu va suivre. Ça commence avec une bonne présence, je veux gagner une présence à la fois. Patiner, batailler. Le reste va suivre. »

Claude Julien calme le jeu

La vérité est que Paul Byron est un joueur fragile, qui doit souvent se relever après les blessures. Il n’a pas terminé la saison dernière en raison d’une blessure à un poignet. Il a été blessé à l’avant-bras, il a raté 14 matchs pour une blessure au bas du corps, il a été blessé au haut du corps (probablement une commotion après son combat contre MacKenzie Weegar). En matchs présaison, il a été blessé, encore, cette fois au haut du corps.

Byron jure qu’il est « à 100 % », malgré l’accumulation des malheurs.

« J’ai un autre niveau. Je sais que je suis capable de plus. J’ai de la rouille, mais ce n’est pas une excuse. J’ai eu tout l’été pour travailler et retrouver ma forme. Je dois trouver une manière d’être meilleur sur la glace. »

À force de discuter avec lui, on constate que Byron a ciblé deux aspects à son jeu : les tirs au but, trop peu nombreux, et sa vitesse exceptionnelle, qu’il exploite moins bien.

« Oui, je manque de tirs. Quand je joue à ma manière, j’attaque avec beaucoup de vitesse. Quand j’ai la rondelle, j’ai des occasions, et mes coéquipiers aussi. Ça va venir, je ne m’inquiète pas, mais ça prend plus de concentration et d’efforts. […]

Ce n’est pas la première fois que ça m’arrive. Je veux donner plus, je sais que je suis capable. Chaque jour, je dois être à mon mieux, faire les petits détails pour améliorer mon jeu. Je suis un des gars les plus rapides de la LNH, je dois trouver une manière d’utiliser cette vitesse pour avoir un effet sur le résultat des matchs. »

N’empêche, les blessures ont forcé Claude Julien à revoir ses attentes pour le début de saison. À les rendre plus réalistes pour un joueur habitué à tout laisser sur la glace. C’est pour cette raison que l’entraîneur s’est bien gardé de critiquer le jeu de son vétéran depuis le début de la saison. Il sait que Byron n’est pas encore lui-même. Il sait aussi que l’apport de Byron au groupe est plus que statistique.

Il y a quelques jours, Julien a simplement reconnu que Byron avait « une autre coche » à son jeu quand il l’a promu à la droite de Domi. Ce matin, il a plutôt demandé à Byron de se laisser une chance à lui-même.

« Il n’a pas fini la saison dernière, il a raté des matchs présaison, a dit Julien. C’est sûr qu’il a un départ plus lent qu’il ne l’avait anticipé. On s’y attendait. Ce que je vois est que ça revient tranquillement. C’est positif. Mais Paul a toujours été dur avec lui-même, ça fait plusieurs années que je le connais. C’est son genre. »