Contrairement au Wild du Minnesota, les pauvres adversaires du Canadien hier soir, les Stars de Dallas ont de grandes aspirations cette année.  

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

Pourtant, les deux équipes se côtoient dans la cave du classement général de la Ligue nationale de hockey. Les Stars ont remporté un seul de leurs huit premiers matchs. 

Les insuccès du Wild n’étonnent pas. Ceux des Stars, oui. Ce club a non seulement participé aux séries, mais aussi éliminé les Predators de Nashville en première ronde et perdu en deuxième période de prolongation contre les Blues de St. Louis lors du septième et ultime match. 

Le DG des Stars, Jim Nill, a ajouté de la profondeur à sa formation en embauchant le capitaine des Sharks, Joe Pavelski, au coût de 21 millions pour trois ans. Corey Perry et Andrej Sekera ont aussi rejoint l’équipe à des salaires plus modestes. 

Contrairement au Wild, une formation garnie de vétérans improductifs et surpayés, et sans relève, les Stars possèdent un belle amalgame de jeunesse et d’expérience. Et deux bons gardiens.

L’entraîneur Jim Montgomery compte sur l’un des meilleurs trios de jeunes défenseurs de la Ligue. Le plus jeune, Miro Heiskanen, a seulement 20 ans, le plus vieux, John Klingberg, en a 27. Esa Lindell a 25 ans.  

Le cœur de l’attaque est encore dans la force de l’âge. Joe Pavelski est évidemment le plus vieux à 35 ans, Alexander Radulov a 33 ans, mais le capitaine Jamie Benn vient d’avoir 30 ans et Tyler Seguin en a 28. 

Le deuxième centre de l’équipe, Roope Hintz, un choix de deuxième ronde en 2015, a seulement 22 ans et le troisième, Radek Faska, en a 25. 

Mais les Stars sont englués dans une léthargie inexplicable depuis le début de la saison. Malgré la présence de toutes ces vedettes à l’attaque, ils ont la pire moyenne de buts marqués par match, à 1,88. Aucune autre équipe ne se retrouve sous le seuil des deux buts. Le taux de succès en supériorité numérique est évidemment famélique, avec une efficacité de 4,2% 

Hintz est le meilleur compteur du club avec cinq points, dont quatre buts, en huit matchs. Seguin et Radulov ont quatre points. Après, la panne. Benn a deux maigres points à sa fiche, tout comme Pavelski. 

PHOTO DAVE CRENSHAW, ASSOCIATED PRESS

Jamie Benn et Joe Pavelski

Le défenseur Klingberg, généralement un brillant générateur de points, avec une moyenne de presque 0,80 par match au cours des quatre dernières saisons, a amassé un petit point lui aussi avec une fiche de -6. 

Les Stars ont pratiqué cette semaine leur cohésion en supériorité numérique. Ils ont aussi tenté de jouer à un rythme plus rapide en zone neutre. 

Jim Nill a rappelé l’un de ses meilleurs espoirs, Denis Gurianov, premier choix de l’équipe en 2015, pour donner un peu plus de vitesse à sa formation. Gurianov a compté trois buts en deux matchs dans la Ligue américaine après une première rétrogradation. Il a été blanchi à son premier match depuis son rappel. 

Des rappels des ligues mineures constituent souvent la première solution pour secouer un club. Un DG peut ensuite procéder à un échange. Si la situation ne s’améliore pas, l’entraîneur peut écoper. 

« On ne procède pas en une restructuration du jour au lendemain, a confié Nill au quotidien Dallas Morning News hier. Les gens songent déjà à des échanges ou autre chose, mais on n’échangera pas quatre ou cinq joueurs pour un mauvais départ. Ça ne fonctionne pas ainsi dans notre milieu. Il faut d’abord trouver des solutions à l’interne. On s’ajustera ensuite. »

Le Montréalais Jim Montgomery, à sa deuxième saison à la tête des Stars, ne doit pas bien dormir ces temps-ci. Avec une formation si riche en talent, mais si improductive, un coach ne survit jamais très longtemps. 

Une première crise était survenue l’hiver dernier. Le propriétaire avait eu à fustiger publiquement ses deux vedettes Jamie Benn et Tyler Seguin pour relancer le club. 

« Nous avons parlé aux joueurs, a affirmé Jim Nill. Ils doivent être meilleurs, ils le savent. Nous avons parlé aux entraîneurs, ils poussent tous les boutons possibles. Nous devons nous en sortir. Il y a quelques mois à peine, nous étions en deuxième ronde des séries et subitement, on devrait procéder à plein de changements ? Il faut se rappeler des aspects positifs. Parfois, il faut affronter la tempête et l’équipe en sortira grandie. »

Les Blues l’ont fait l’an dernier. Mais pas avant de congédier leur entraîneur. Il faudra des victoires, et vite, sinon Montgomery risque de perdre son poste avant Bruce Boudreau du Wild…

Le Stars affrontent les Penguins à Pittsburgh ce soir et les Flyers à Philadelphie demain.

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