Un début de saison comme ci, comme ça, ça laisse des traces. Le Canadien compte une seule victoire après quatre matchs, si bien que certaines des certitudes que l’on avait au sujet de cette équipe sont soudainement ébranlées.

Guillaume Lefrançois Guillaume Lefrançois
La Presse

On ne se trompe pas trop en classant le trio de Tomas Tatar, Phillip Danault et Brendan Gallagher en tête de liste de ces certitudes. Parce que les trois complices ont passé la quasi-totalité de la dernière saison ensemble, et parce qu’ils ont livré des résultats largement au-delà des attentes. Or, à la lumière des derniers matchs, on peut se demander s’ils sont encore inséparables.

D’abord, en raison des résultats. Jusqu’ici cette saison, ils ont passé 33 minutes ensemble à cinq contre cinq. Le Tricolore a accordé quatre buts pendant ces 33 minutes. À titre de comparaison, rappelons qu’ils ont passé 675 minutes ensemble la saison dernière, et que le CH n’avait laissé passer que… 20 buts ! Au rythme où vont les choses cette saison, on arriverait à 82 buts accordés pour le même nombre total de minutes !

Ensuite, en raison de la façon dont Claude Julien gère ses effectifs. Jeudi, contre Detroit, Tatar a disputé la deuxième moitié du match avec Max Domi comme centre. Le Slovaque avait aussi passé quelques présences avec Domi mercredi à Buffalo.

Alors, est-ce que ça clique toujours autant entre ces trois-là ?

Ce n’est pas que ça ne clique pas, mais ce sont des choses qui arrivent au hockey. Leur trio ne fonctionne pas à la hauteur de ce qu’on connaît. En tant que groupe, ils doivent être meilleurs.

Claude Julien, entraîneur-chef

« Quand on commence un match et qu’ils ne sont pas au point, je dois faire des changements pour essayer de gagner. Mais je n’ai pas du tout perdu confiance en eux. C’est juste que, pour l’instant, ils ne jouent pas comme ils ont fini l’an passé. »

Parmi l’élite

Parlons-en, de l’an passé. Si le CH a survécu jusqu’au 81e match l’an dernier, c’est beaucoup en raison du Victoriavillois et de ses deux complices.

Danault a essentiellement passé l’ensemble de la saison flanqué de Tatar et de Gallagher. Les exceptions ? La période du 12 janvier au 21 février, et trois autres matchs en cours de route, dont un à Anaheim parce que Tatar souffrait d’un virus.

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

Phillip Danault

Leurs résultats étaient renversants, d’autant que leur mission se résumait généralement à affronter les meilleurs éléments adverses. Les voici, en comparaison de quelques-uns des trios les plus en vue de la LNH.

On est donc loin de ce rendement jusqu’ici, même si l’échantillon demeure mince. À cinq contre cinq, l’unité a accordé quatre buts, et en a seulement marqué deux.

« Un peu comme le reste de l’équipe, on ne joue pas bien ensemble, a admis Danault. Il faut juste revenir à la base et faire les petits détails. Il faut juste faire les petites choses qu’on faisait bien l’an passé et se remettre sur la même longueur d’onde. Je ne suis pas inquiet. »

Problèmes à quatre contre cinq

On a tendance à l’oublier, mais le désavantage numérique du Tricolore a été diablement efficace l’an dernier, après un départ difficile marqué par une soirée de quatre buts accordés en décembre au Minnesota. Du 1er janvier jusqu’au terme de la saison, le Canadien occupait le troisième rang de la LNH, à 85,8 % d’efficacité.

Là aussi, les résultats de l’an dernier sont vite oubliés. Jusqu’ici, c’est 5 buts accordés en 15 occasions, pour une efficacité de 66,7 %.

Julien avait évoqué, avec justesse, des occasions que l’équipe avait de dégager la rondelle, dont elle n’a pas profité. Mais visiblement, les entraîneurs ont aussi déterminé que les passes transversales étaient la source des problèmes. Ce type de passe a mené directement aux buts de Victor Olofsson à Buffalo et de Martin Necas en Caroline.

« Toutes les équipes ont de bons lancers. [Anthony] Mantha a une grosse shot. [Auston] Matthews aussi. Ces passes-là sont toujours dangereuses. Il faut y faire attention », a dit Danault.

Quelques passes transversales se sont rendues, et nous ne pouvons pas les laisser passer parce qu’il y a trop de bons tireurs.

Artturi Lehkonen

On peut ici se demander si le départ de Jordie Benn y est pour quelque chose. Le défenseur barbu avait été le joueur le plus employé du CH l’an passé en désavantage numérique et n’hésitait pas à se sacrifier pour bloquer des tirs.

Il y aura de la grande visite ce soir au Centre Bell : les Blues de St. Louis, l’ancienne équipe de Sergio Momesso, aussi les champions en titre de la Coupe Stanley. Les Blues ont défait les Sénateurs jeudi et ont eux aussi eu droit à un congé d’entraînement hier. Ils débarquent en ville avec une fiche de 3-0-1.

Ensuite, ce sera au tour du Lightning de s’amener au Centre Bell.

Du succès contre deux aussi grosses pointures serait une belle façon de réaffirmer les certitudes de l’an dernier. À l’inverse, deux défaites, et plus aucune certitude ne tiendra.