La décision aurait demandé beaucoup d’audace. Mais au final, le DG des Penguins, Jim Rutherford, a choisi de ne pas démanteler le noyau vieillissant de l’équipe.    

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

Au coeur, des rumeurs, en juin, figurait Evgeni Malkin, entre autres. Il venait d’avoir 33 ans. Il avait été hanté par les blessures depuis six ou sept ans. À preuve, il comptait une seule saison de 70 matchs ou plus depuis 2012. 

Malkin s’est blessé à nouveau ce weekend. Son genou a été durement touché après une collision avec son coéquipier Kristopher Letang. 

Certains observateurs, comme Darren Dreger, de TSN, évoquent une absence d’un mois. Des médias de Pittsburgh parlent d’une absence de six à huit semaines. Mike Sullivan affirme que Malkin reviendra au jeu cette saison, mais qu’il s’agit d’une blessure de longue durée. 

Comme si les mauvaises nouvelles ne venaient jamais seules, le troisième centre de l’équipe, Nick Bjugstad, s’est blessé lui aussi dès le deuxième match. 

Jared McCann, 35 points en 78 matchs l’an dernier en Floride, puis à Pittsburgh, se retrouvait au centre du deuxième trio hier à l’entraînement, entre Alex Galchenyuk et Brandon Tanev. Celui-ci a signé un contrat de 21 millions pour six ans cet été après avoir connu la saison de sa carrière l’an dernier à Winnipeg… 29 points. 

Teddy Blueger, un joueur de soutien de 25 ans ballotté entre la Ligue américaine et la LNH depuis le début de sa carrière, pourrait passer du quatrième au troisième trio. Sinon, on peut faire passer Dominik Kahun, plus doué à l’attaque, de l’aile au centre. Mais on perd un bon ailier au sein du premier trio. 

On prédisait déjà une saison plus difficile pour les Penguins, avec la plupart de leurs leaders dans la mi-trentaine et le manque de relève. Pittsburgh a tout de même obtenu 100 points l’an dernier et Rutherford voulait donner à ce groupe une autre chance, peut-être la dernière, de gagner la Coupe. 

Il faudra voir à quel point la blessure à Malkin affectera le rendement des Penguins. Viendra-t-elle hanter Rutherford de ne pas avoir pris de mesure draconienne pour assurer la pérennité de l’organisation ? 

En choisissant d’échanger seulement Phil Kessel, le DG des Penguins a opté pour une transition très subtile. Alex Galchenyuk est plus jeune, 25 ans, contre 32 ans pour Kessel, mais il représente une énigme. En sept ans dans la LNH, il a seulement deux saisons de plus de 50 points, mais aucune de plus de 56 points. Il a seulement une année de plus de 20 buts. C’est peu pour un prétendu marqueur. 

PHOTO KEITH SRAKOCIC, ASSOCIATED PRESS

Alex Galchenyuk représente une énigme.

Pierre-Olivier Joseph, l’autre joueur obtenu pour Kessel, donne un peu de profondeur à la banque d’espoirs des Penguins en défense. Et en échangeant Kessel aux Coyotes, Rutherford éliminait une distraction. La relation n’était en effet pas très cordiale entre l’entraîneur Mike Sullivan et son ailier. 

Difficile de blâmer Rutherford pour son manque d’audace. Il faut du courage pour se lancer dans une reconstruction complète avec un certain Sidney Crosby dans la formation. Les propriétaires ne voulaient peut-être pas non plus voir leur DG faire maison nette. 

Dans le meilleur des scénarios, les Penguins s’accrochent pendant l’absence de Malkin et celui-ci revient après quelques semaines dans une forme étonnante malgré le mal qui l’a affligé. Mais de telles blessures peuvent traîner...

Dans le pire, les Penguins coulent au classement, les vedettes de l’équipe connaissent un hiver difficile au chapitre individuel et voient leur valeur marchande diminuer de façon importante. 

Mais alors, une occasion de remporter l’un des lots à la loterie du repêchage et celle de choisir un kid de l’Océanic de Rimouski, comme il y a 15 ans, se présenterait…

Mais laissons les stars des Penguins trouver des solutions lors des 80 prochains matchs. Même si elles vieillissent, elles n’en sont pas à leurs premiers obstacles.

À lire

Keith Kinkaid est très actif, et original, sur Twitter. Son plus récent tweet, après la victoire du Canadien samedi à Toronto, ne manquait pas de piquant. Jean-François Tremblay l'a décortiqué pour nous et en a discuté avec le principal intéressé.