Après la spectaculaire victoire du Canadien contre les Maple Leafs de Toronto samedi, Keith Kinkaid nous a offert l’un de ses tweets caractéristiques.

Jean-François Tremblay Jean-François Tremblay
La Presse

On aurait dû le voir venir. Le gardien nous avait prévenus que c’était une question de temps quand il s’est joint à l’équipe le 1er juillet dernier. Il nous avait prévenus que ces tweets faisaient partie intégrante de qui il était, et qu’il se promettait de continuer à surprendre à coups de micromessages.

Pour le plaisir, nous avons déchiffré avec lui cette première missive, qui donne le ton.

Le M dans le cercle est le symbole de « maximum » en ingénierie, et représente Max Domi. « Je donne tout le mérite à ma copine », a reconnu Kinkaid. Cette phrase reviendra souvent, d’ailleurs.

La fleur de lys est Phillip Danault, pour des raisons culturelles évidentes. Le personnage blond avec une moustache est Brendan Gallagher. Kinkaid reconnaît qu’il ne savait pas trop comment représenter son énergique coéquipier.

Je ne pensais à rien d’autre ! Gallagher a les cheveux blonds et il a parfois une moustache malpropre, avec une barbe. C’était le personnage qui lui ressemblait le plus.

Keith Kinkaid

Poursuivons avec la main qui tient un crayon, qui représente Jonathan Drouin. On pourrait penser qu’il s’agit d’un hommage aux habiletés de Drouin, mais il s’agit plutôt d’un subtil jeu de mots. Drouin est surnommé « Dru » (prononcé à l’anglaise, drew), et le verbe anglais draw (dessiner) au passé simple se dit… drew. Donc, la main qui dessine.

« Celui-là est très brillant », a admis le gardien, visiblement fier.

Vient ensuite la boîte de pétri, donc Jeff Petry, évidemment.

« C’était l’idée de ma blonde. Je n’aurais jamais pensé à ça non plus », a encore dit Kinkaid.

Suivent le symbole de fusée, donc Shea Weber, en hommage à son tir foudroyant (« assez évident »), et le drapeau finlandais, pour Artturi Lehkonen. Mais que se passera-t-il quand c’est plutôt Jesperi Kotkaniemi qui obtiendra un point ?

« J’ai en déjà un de prêt pour Kotkaniemi », a assuré le gardien.

Puis il y a le guépard, référence à la vitesse de Paul Byron, et finalement le symbole de dollar pour Carey Price. Logique, pour toutes les raisons.

« Ça fait trois ou quatre ans que je le fais, les partisans aiment ça, ça les fait participer. Ils sont encore plus excités après les victoires, et je m’amuse beaucoup avec ça. Didi Gregorius le fait pour les Yankees, je suis un gros partisan des Yankees. Je lui ai volé l’idée. Allez, les Yankees ! »

Kinkaid est aussi très présent dans les vidéos Instagram de sa conjointe Jaclyn Phillips, entraîneuse de mise en forme et cascadeuse. Pendant qu’elle présente ses conseils de santé et de nutrition à ses 15 000 abonnés, il est généralement derrière à faire le pitre.

« On aime s’amuser et garder l’ambiance légère. Elle a plusieurs clients qui aiment son authenticité. Elle n’est jamais trop sérieuse, et nous sommes des gens assez légers qui aimons avoir du plaisir. »

Un match cette semaine

Plus sérieusement cette fois, Kinkaid jouera au moins un match cette semaine, foi de Claude Julien. Oublions tout de suite celui de jeudi contre les Red Wings de Detroit, le match d’ouverture au Centre Bell. Oublions probablement celui de samedi contre les Blues de St. Louis, champions en titre. Il reste celui de demain, à Buffalo, contre les Sabres.

Kinkaid, évidemment, n’a pas dévoilé le plan. « L’entraîneur n’a rien confirmé encore. J’y vais un jour à la fois. »

« Nous allons devoir jouer trois matchs en quatre jours, et c’est certain que ce ne sera pas le même gardien pendant les trois matchs », s’est limité à dire Claude Julien.

Dans tous les cas, impossible de nier qu’il s’est bien débrouillé en matchs préparatoires. Il a bien fait malgré des mois d’inaction à titre de troisième gardien des Blue Jackets de Columbus. Cette semaine, il aura donc l’occasion de démontrer exactement les raisons pour lesquelles le Canadien est allé le chercher : un, gagner des matchs, et deux, le faire pendant que Carey Price se repose.

L’an dernier, Antti Niemi n’avait gagné que 8 matchs en 17 départs. Son inconstance avait aussi forcé Julien à surutiliser Price, qui n’avait eu qu’un soir de congé entre le 19 février et l’avant-dernier match de la saison (quand le Canadien était officiellement éliminé).

J’aborde ce premier match comme tout autre match. Je me suis senti très bien en matchs préparatoires, j’essaie de garder mon cardio au sommet et de rester prêt grâce aux entraînements. Je serai là pour l’équipe quand elle aura besoin de moi.

Keith Kinkaid

Kinkaid a 151 matchs d’expérience dans la LNH. Il a occupé les fonctions de gardien numéro un au New Jersey durant les nombreuses blessures à Cory Schneider. Il a même trouvé le moyen de se monter une fiche de 26-10-3, avec une efficacité à ,913 en 2017-2018.

C’est cette version de Kinkaid que Marc Bergevin espère être allé chercher. Il devra toutefois atteindre les mêmes standards, mais à titre d’auxiliaire.

« Comme partant, tu dois toujours être prêt et tu as moins de séances d’entraînement. Comme adjoint, tu as plus de moments pour t’entraîner. Si tu aimes moins une partie de ton jeu, tu as le temps d’y travailler. Tu passes plus de temps sur la glace. J’ai fait les deux, et au fond, je suis surtout heureux de faire partie de cette équipe. »

— Avec Richard Labbé, La Presse