Nick Suzuki vient de franchir une nouvelle étape au camp d’entraînement.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

Après avoir fait la démonstration de son talent au centre entre Paul Byron et Jordan Weal, lors des deux premières rencontres préparatoires, il aura la chance, ce soir à Ottawa, de prouver qu’il peut produire à l’aile avec des joueurs de premier plan.

Le jeune homme de 20 ans, obtenu dans l’échange de Max Pacioretty il y a un an, jouera à la droite de Phillip Danault et Tomas Tatar contre les Sénateurs.

Sans confirmer qu’il aura un poste, évidemment, Claude Julien semble vouloir lui donner toutes les occasions d’entamer la saison à Montréal.

« C’est important d’avoir des options en tête, a expliqué l’entraîneur-chef du Canadien lors de son point de presse au Complexe Bell de Brossard hier après-midi. Si un gars mérite un poste, il faut lui donner son poste. On veut voir à quel niveau.

« Comme c’est là, on aime ce qu’on voit au centre, on aime ce qu’on voit à l’aile aussi, ça va nous donner encore plus d’options. »

Suzuki a encore épaté jeudi soir au Centre Bell. Il a obtenu deux aides contre les Panthers de la Floride, remporté 54 % de ses mises en jeu et obtenu quatre tirs au but. Pour un deuxième match de suite, il a été l’un des attaquants les plus utilisés par Claude Julien, cette fois au deuxième rang derrière Artturi Lehkonen.

Julien s’est porté à la défense de son jeune joueur quand un collègue a osé laisser entendre qu’il n’était pas le patineur le plus rapide. La question n’avait pourtant rien de désobligeant.

« Je vais faire attention à ma réponse à cette question [parce qu’elle suppose] qu’il n’est pas un bon patineur. Il n’a peut-être pas la rapidité de Paul Byron, c’est quand même un très bon patineur. Ça complète ses atouts incroyables avec le restant de son jeu, sa vision. »

Il se passe des choses chaque fois qu’il est sur la glace. Il a beaucoup d’atouts qui font de lui un joueur de la Ligue nationale. Maintenant, il faut savoir quand ça va commencer.

Claude Julien

Même s’il a un préjugé très favorable à son endroit, le coach se garde de mettre la charrue devant les bœufs. « On verra son travail à l’aile [avec deux attaquants de premier plan]. C’est pour ça qu’on l’a mis là. Je ne peux répondre tant que je ne l’ai pas vu. Le camp est là pour faire des expériences. »

Claude Julien sent son jeune joueur respirer la confiance. Le garçon l’a démontré en fusillade en marquant un but audacieux. « Il est confiant, il a du talent. Ce n’est pas la première fois qu’il fait ça, j’en suis sûr. Il y a des types de confiance, parfois c’est de l’arrogance, parfois c’est de la bonne confiance. Dans son cas, c’est de la bonne confiance. »

Confiance

Suzuki a répondu aux questions des médias comme un vieux pro dans le vestiaire. « Il semble que je serai à l’aile droite maintenant. Je jouerai avec deux très bons joueurs, c’est très excitant. Il n’y a pas une grande différence entre le centre et l’aile. On veut voir si je peux jouer avec les meilleurs joueurs de l’équipe. Danault est devenu l’un des meilleurs attaquants complets de la Ligue, Tatar est un bon marqueur, un bon passeur. »

Il dit s’accommoder de la présence de nombreux journalistes. « J’obtenais déjà beaucoup d’attention médiatique dans les rangs juniors, car j’étais un espoir du Canadien, a-t-il dit. J’aime ça. »

Tatar, impliqué dans le même échange, a bien hâte de voir cette nouvelle combinaison.

Je l’ai vu à Vegas, il a beaucoup de talent, il a un brillant avenir dans la Ligue nationale. Il est plus prêt cette année. Il est plus fort.

Tomas Tatar

Danault reconnaît qu’il doit faire amende honorable. Il n’a pas aimé sa performance à Bathurst. Jonathan Drouin complétait alors son trio. « C’était un premier match. On a beau s’entraîner 24 heures sur 24 l’été, ça n’est rien comme une situation de match. C’est facile de s’écarter l’été, où l’on travaille sur nos habiletés individuelles. »

Lui non plus ne tarit pas d’éloges à l’égard de Suzuki. « Il a joué un bon match [contre les Panthers]. Il est en confiance. Ça va être excitant à voir. C’est un bon passeur, il a un bon tir aussi. De mon point de vue, un droitier sur mon trio, c’est toujours important, ça va être un bon test pour [aujourd’hui]. Suzuki, Poehling, [Cale] Fleury, les kids s’en viennent, ils sont acharnés et ils embarquent dans notre culture. »

L’engouement n’atteint pas seulement les fans et les médias, mais les joueurs aussi…

En bref

Premier test pour Kinkaid

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Keith Kinkaid

Acquis cet été sur le marché des joueurs autonomes, le gardien Keith Kinkaid disputera enfin un premier match, ce soir à Ottawa. « Je me sens bien depuis le début du camp, je veux permettre à l’équipe de prolonger cette séquence de succès. »

Kinkaid dit bien se sentir au sein de son nouveau groupe. « J’apprends à connaître tout le monde. On m’a fait sentir chez moi dès le départ. J’ai une bonne relation avec Stéphane Waite. On a travaillé sur certains aspects. Tout se passe bien. »

Kinkaid, 30 ans, a passé sa carrière au sein de l’organisation des Devils. Après une saison étonnante, il y a deux ans, il a connu un hiver difficile l’an dernier avec une fiche de 15-18-6, une moyenne de 3,36 et un taux d’arrêts de ,891.

Kotkaniemi veut se reprendre

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Jesperi Kotkaniemi, en avril dernier, lors du bilan de fin d’année du Canadien

Jesperi Kotkaniemi est réaliste. Il n’a pas brillé lors de son premier match préparatoire à Bathurst mercredi. Il est le premier à le reconnaître. « Je dois m’améliorer sur tous les plans [ce soir], je n’étais pas très bon lors du dernier match, a déclaré celui qu’on retrouvera à nouveau flanqué de Charles Hudon et Joel Armia. C’était notre premier match, c’est trop tôt pour être frustré. »

Quand le collègue Luc Gélinas lui a demandé si le fait de ne pas avoir eu de tournoi des recrues pour se mettre en jambes, comme l’année précédente, lui avait nui, Kotkaniemi, qui a d’abord mal saisi la question, a répondu sans équivoque, mais avec beaucoup d’humour. « Vous voulez comparer mon match de mercredi avec mon tournoi des recrues l’an dernier ? Ça se ressemblait pas mal, n’est-ce pas ? », a-t-il lancé en éclatant de rire.

L’entraîneur Claude Julien s’est porté à sa défense. « Il avait 18 ans l’an dernier. Il en a seulement 19. Suzuki a 20 ans, Poehling aura bientôt 21 ans. Il a gagné son poste l’an dernier, mais ça ne veut pas dire qu’il a plus de maturité. Il travaille fort depuis le début du camp. Il s’est amélioré. Vous me parlez de Kotkaniemi, mais le trio de Danault n’a pas été très bon non plus à Bathurst. On ne pose pourtant pas de questions sur eux. D’autres joueurs ont connu un match très ordinaire… »

Reverra-t-on Poehling sous peu ?

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Même si Ryan Poehling a démontré des signes laissant croire qu’il aurait pu subir une commotion cérébrale, mercredi soir, personne n’a exigé son retrait immédiat du match, comme le prévoit le protocole mis en place par la Ligue nationale, afin qu’il puisse être examiné.

La commotion cérébrale subie par Ryan Poehling ne signifie pas pour autant la fin de son rêve d’entamer la saison à Montréal. « Si tout va bien, on pourrait le revoir avant la fin du camp, a révélé Claude Julien. Sinon, on aura des décisions à prendre. Est-ce qu’on en a assez vu de lui ? On en a vu beaucoup. Un match l’an passé, des entraînements, deux matchs ici. Mais ce que tu vois sur une courte période ne détermine pas sur une longue période. Ça a été plus difficile pour Kotkaniemi en deuxième moitié de saison. »