(Brossard) Même s’ils n’en sont pas à leurs premiers pas avec le Canadien, le défenseur Karl Alzner et le gardien Charlie Lindgren arrivent au camp de la formation montréalaise avec la même mentalité qu’une verte recrue.

Alexis Bélanger-Champagne
La Presse canadienne

Alzner a été relégué au sein du Rocket de Laval dans la Ligue américaine l’hiver dernier, étant vraisemblablement dépassé par la nouvelle réalité de la LNH. Le défenseur âgé de 30 ans a changé son régime d’entraînement estival et espère mieux répondre aux exigences du Canadien, alors qu’il s’apprête à écouler la troisième d’un contrat de cinq saisons lui rapportant un salaire moyen annuel de 4,625 millions US.

« À la place de faire des entraînements à 20 joueurs et de faire des exercices à trois contre deux ou des simulations de match, j’ai fait plus d’exercices à un contre un ou deux contre un avec un entraîneur spécialisé dans les habiletés, a raconté Alzner. Nous verrons ce que ça donne, mais je veux changer mon style un peu. Je veux être moins prudent que la saison dernière. »

La transition pourrait être difficile pour Alzner, qui n’était pas reconnu pour sa mobilité sur la patinoire. Il avait aussi fait sa place avec les Capitals de Washington en tant que défenseur défensif fiable, après avoir été sélectionné au cinquième rang du repêchage de 2007.

« Je me suis toujours fait une fierté de rester en arrière et de m’assurer de pouvoir donner la liberté aux autres joueurs de s’exprimer sur la glace, a noté Alzner, qui a indiqué avoir perdu un peu de poids cet été. J’adore cet aspect du jeu, mais je ne crois pas que ce soit encore suffisant aujourd’hui. Il y a peu de joueurs qui peuvent se contenter de ça.

“Chaque fois que je suis sur la glace maintenant, je veux tenter de faire quelque chose. Je ne veux pas aller sur la patinoire simplement pour faire ma présence. Je dois en faire un peu plus. Il reste à voir si je peux en offrir un peu plus à un haut niveau. »

De son côté, l’entraîneur Claude Julien a indiqué qu’Alzner allait obtenir une chance de se faire valoir et de gagner un poste au sein de la brigade du Tricolore.

« Quand vous embauchez un joueur, vous voulez que ça fonctionne, a insisté Julien. Nous aimerions qu’il vienne mêler les cartes et gagne un poste. Si c’est le cas, ça veut dire qu’il va rendre notre équipe meilleure. »

Pour sa part, Lindgren, 25 ans, espérait probablement que le Canadien lui fasse confiance après que l’équipe eut décidé de ne pas renouveler le contrat du vétéran Antti Niemi.

Lindgren a plutôt vu le poste d’adjoint à Carey Price être accordé à Keith Kinkaid, embauché le 1er juillet lors de l’ouverture du marché des joueurs autonomes.

« C’est comme ça dans la LNH, rien ne vous est donné, a dit Lindgren. C’est comme ça depuis que j’ai commencé à jouer au hockey. Vous devez aller sur la glace et tout gagner. »

Lindgren a été ralenti par les blessures la saison dernière, sa troisième dans la Ligue américaine. Il s’était retrouvé à l’infirmerie au début de la nouvelle année en raison d’un problème à la hanche. Il a dévoilé vendredi qu’il avait aussi été ennuyé par une blessure à une cheville pendant l’automne, ce qui a peut-être causé son problème à la hanche.

S’il a pu pleinement soigner ses blessures pendant l’été, le natif du Minnesota en a aussi profité pour prendre un peu de recul.

« Mentalement, je ne me suis jamais aussi bien senti, a affirmé Lindgren. Il y a des moments au cours des dernières années où je me laissais emporter par la frustration, ce qui pouvait affecter mon jeu.

“J’ai écrit à mon entraîneur au début de l’été pour lui demander sur quoi travailler. Il m’a dit de me concentrer sur mon état d’esprit. Ça m’a fait réfléchir. Je me sens mieux et je réalise à quel point je suis chanceux de gagner ma vie en jouant au hockey. »

S’il est convaincu qu’il a le talent pour jouer dans la LNH, Lindgren ne ressent pas l’urgence de s’imposer immédiatement dans la cour des grands. Alzner a aussi admis qu’il serait prêt à retourner avec le Rocket si c’était la décision prise par la direction de l’équipe. Ils ont un peu plus de deux semaines pour forcer le directeur général Marc Bergevin à leur faire une place dans la formation du Canadien.