(Brossard) L’engouement autour des espoirs du Canadien est probablement plus fort qu’il ne l’a été depuis un bon moment, mais Joël Bouchard n’est pas du genre à s’emballer trop rapidement.

Alexis Bélanger-Champagne
La Presse canadienne

Ryan Poehling et Nick Suzuki retiennent l’attention à l’attaque, Josh Brook et Cale Fleury sont intrigants à la ligne bleue et Cayden Primeau a une première occasion de faire ses preuves chez les professionnels. Ils participent tous au camp des recrues du Tricolore ce week-end et se retrouveront sous les projecteurs avant le début du « vrai » camp, jeudi prochain.

« Il faut faire attention. C’est seulement un week-end, a rappelé Bouchard, après le premier entraînement jeudi. Il y a des joueurs qui sont habitués à un certain calibre et qui arrivent ici. Il ne faut pas prendre ça trop au sérieux pour certains jeunes qui en sont à leur première expérience. »

Poehling et Primeau font partie de ceux qui en sont à leur premier camp, puisqu’ils ont suivi le parcours universitaire américain afin d’atteindre la LNH. Même s’il a pu participer aux camps estivaux de développement par le passé, Primeau a noté une différence dès le premier jour de son premier camp en tant que professionnel.

« C’est à un autre niveau, a-t-il indiqué. Je connais beaucoup de gars, de bons espoirs. De sauter sur la glace avec eux, c’est spécial.

“Je veux être comme une éponge et tout absorber au cours du camp. Le camp de développement sert de base pour l’été. Là, il est temps de montrer le travail accompli pendant l’été et de se préparer pour la saison. »

À la suite de l’embauche du vétéran Keith Kinkaid pour épauler Carey Price, tout indique qu’il y aura congestion devant le filet du Rocket de Laval. À moins d’une transaction d’ici l’ouverture de la saison, Primeau luttera avec Charlie Lindgren, Michael McNiven et Connor LaCouvee pour obtenir du temps de jeu dans la Ligue américaine.

« C’est normal qu’il y ait de la compétition à toutes les positions, a rappelé Bouchard, qui supervise le camp des recrues et qui est l’entraîneur-chef du Rocket. Il est sain d’avoir des joueurs qui se battent pour leur position dans l’échiquier, pour leur emploi. Autant en attaque qu’en défense que devant le filet, vous voulez de la compétition, que les joueurs se poussent et se démarquent. »

De son côté, Suzuki en sera à son deuxième camp avec le Canadien, qui avait acquis ses services des Golden Knights de Vegas dans l’échange impliquant Max Pacioretty, la veille du tournoi de golf de l’équipe en septembre dernier.

Suzuki a connu une saison remarquable au cours de l’hiver, aidant le Storm de Guelph à gagner le championnat de la Ligue de l’Ontario, étant nommé joueur par excellence des séries en cours de route. Suzuki et le Storm ont ensuite participé à la Coupe Memorial, à Halifax. Suzuki a aussi représenté le Canada au Championnat mondial junior en janvier, lors duquel le pays s’est classé sixième.

« À Halifax, nous étions sous les projecteurs. C’était une expérience importante pour moi, a raconté Suzuki. J’espère maintenant jouer au Centre Bell, là où les lumières brillent encore plus fort. »

Là où le contexte n’est pas le même pour Suzuki par rapport à l’an dernier, c’est que s’il ne se taille pas un poste avec le grand club, ce n’est pas dans le junior qu’il poursuivra son apprentissage, mais plutôt dans la Ligue américaine. Il a d’ailleurs pris les moyens au cours de l’été pour survivre à sa première campagne chez les professionnels.

« J’ai pris quelques livres. Je pèse au-dessus de 200 livres maintenant, a indiqué Suzuki, dont le poids se situait à 183 livres la saison dernière. Dans tous les tests, mes résultats étaient meilleurs qu’au camp de développement. Je suis plus fort et je suis resté plus longtemps sur le vélo. Je suis fier de ce que j’ai accompli. »

Il reste maintenant à Suzuki à prouver qu’il est prêt à commencer à la saison avec le Canadien en volant le poste à un vétéran.

« C’est lui qui tient le bâton, a admis Bouchard, avant de calmer le jeu. Il y avait aussi beaucoup d’engouement l’an passé avec (Jesperi) Kotkaniemi. C’est amusant, l’équipe a de bons joueurs, nous en sommes fiers. Mais de l’autre côté, c’est à eux à jouer et à s’adapter.

“Il faut prendre le temps qu’il faut. Je comprends qu’il y a des attentes. Ça fait partie du hockey, surtout à Montréal. De mon côté, je ne m’emballe pas trop vite avec les joueurs. Il y a un processus à respecter. Pour (Suzuki) comme pour les autres, ce sont ses performances, son adaptation. Il y a beaucoup de questions. Et c’est la même chose pour beaucoup de jeunes joueurs partout ailleurs dans la Ligue nationale. »

Note aux lecteurs : Ceci est une version corrigée. Dans le 10e paragraphe, il était précédemment mentionné que le Canada avait remporté la médaille d’argent au Championnat mondial junior de 2019, alors qu’il s’est classé 6e.