Le monde du hockey universitaire est sous le choc. Kelly Nobes, entraîneur-chef du programme de hockey masculin de l’Université McGill depuis 2010, est mort subitement hier. Il avait 45 ans.

Guillaume Lefrançois Guillaume Lefrançois
La Presse

La cause de sa mort n’a pas été dévoilée.

Les joueurs anciens et actuels de McGill étaient nombreux à s’écrire et s’appeler hier, consternés par la tragédie. Comme joueur et comme entraîneur, Nobes a laissé sa marque à l’institution montréalaise. Au fil des ans, il a côtoyé Mathieu Darche, qui a atteint la LNH comme joueur et qui œuvre maintenant pour le Lightning, Guy Boucher et Martin Raymond, devenus entraîneurs dans la LNH, de même que Daniel Jacob, entraîneur-adjoint chez le Rocket de Laval.

Les quatre étaient encore amis avec Nobes. Darche lui parlait quelques fois par année et pouvait échanger des informations avec lui quant au recrutement de joueurs.

« C’était un passionné de hockey. Il espérait sa chance chez les pros, j’en suis convaincu, affirme Darche, rejoint par La Presse hier soir. Ce sont deux années difficiles pour le programme. On a perdu Martin Routhier l’an passé (NDLR : capitaine de l’équipe de 1996 à 1998). Ça fait deux fois en un an. Ce sont tous des gars de notre même gang. »

Nobes a mené McGill à son premier et unique championnat universitaire canadien en 2012, et a été nommé entraîneur-chef de l’année au pays en 2018.

Nobes a également joué pour McGill, à titre d’attaquant, de 1993 à 1997. « Avec Pierre Gendron et Benoît Leroux, ils formaient notre gros trio », se souvient Darche.

Nobes y a obtenu un baccalauréat en éducation physique de même qu’une maîtrise en physiologie.

C’est pendant ces années qu’il a côtoyé les Boucher, Raymond et Darche, trois des figures les plus connues du programme de McGill. Nobes a d’ailleurs été nommé à la tête de l’équipe une saison après le départ de Raymond.

« Quand Martin est parti, Kelly avait la chance de revenir à son alma mater. C’était une fierté pour lui de revenir là, se rappelle Darche, rejoint au téléphone.

“Martin avait bâti le programme, et Kelly a ensuite mis du sien pour venir finir la job et donner un premier championnat à McGill dans l’ère moderne. Le lien avec les anciens reste très fort. C’était le fun de voir la continuité, d’un joueur de premier trio, qui était assistant-capitaine, et qui revient coacher et gagner le championnat national. Martin est parti, les gens avaient peur pour le programme, mais McGill est resté top 5, top 10 au Canada chaque année. »

Karel St-Laurent a joué trois saisons sous les ordres de Nobes, de 2013 à 2016. Le gardien garde de bons souvenirs de son ancien entraîneur.

« Sans être le plus proche des joueurs, il avait le bien de chacun à cœur, il avait le programme à cœur, il était compétitif et il voulait gagner à tout prix. Si on avait besoin de quelque chose, on pouvait aller le voir. À ma première année avec lui, on s’était rendus au Championnat canadien.

“Il avait le respect de ses pairs dans la ligue. En raison de sa fiche, mais aussi parce qu’il a joué dans la ligue, il connaissait la ligue, il a été coach de l’année, il a gagné un championnat. »

Avant de revenir à son alma mater, l’Ontarien a également dirigé l’équipe du Collège royal militaire de Kingston de même que celle de l’Université Wilfrid-Laurier.

Nobes était marié et père de quatre enfants.