Les meilleurs espoirs du Canadien seront mieux épaulés cette année au tournoi des recrues. 

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

Rappelez-vous l’an dernier. Jesperi Kotkaniemi semblait bien seul contre la formidable formation de recrues des Sénateurs d’Ottawa. Ceux-ci comptaient sur un nombre important d’espoirs avec au moins un an d’expérience dans la Ligue américaine, certains avaient même joué dans la LNH, et Brady Tkachuk en avait profité pour éclipser le Finlandais dans un match à sens unique. 

Kotkaniemi avait entamé ce match au centre d’Allan McShane, fraîchement sorti des rangs juniors, et Alexandre Alain, dont c’était la première expérience au niveau professionnel. 

PHOTO GRAHAM HUGHES, LA PRESSE CANADIENNE

Jesperi Kotkaniemi

Tkachuk avait eu le luxe de jouer avec Colin White, le premier centre des Sénateurs un an plus tard, et Filip Chlapik, 34 points en 51 matchs l’an dernier à sa deuxième saison dans la Ligue américaine.

Le joueur le plus aguerri de l'équipe du CH, T.J. Melanson, avait passé l’hiver dans la Ligue de la Côte Est. Il sera dans l'autre camp cette année. On attendait avec curiosité les deux défenseurs tchèques Michal Moravcik et David Sklenica, sans grandes attentes toutefois. 

Jake Evans représentait sans doute l’espoir le plus en vue avec Kotkaniemi et Josh Brook. Il n’a pas terminé la rencontre, victime d’une violente mise en échec qui a nécessité l’arrivée des ambulanciers.

Claude Julien se souvient de ce fameux match. «Si on s’était fié au camp des recrues, Kotkaniemi n’aurait jamais fait l’équipe», me confiait l’entraîneur du Canadien ce matin après avoir donné son point de presse, à l’occasion du tournoi de golf de Jonathan Drouin. 

«Tu regardes Poehling, le match où il a marqué quatre buts, et prends ses statistiques (plus modestes) au collégial. Je ne dis pas que Poehling va marquer des buts comme il en a marqué, mais souvent, des joueurs en démontrent encore plus quand ils sont entourés de meilleurs joueurs. Kotkaniemi devait s’adapter au hockey nord-américain et quand il est arrivé au gros camp, des joueurs l’ont pris sous son aile et ses qualités ont ressorti.»

On devine, à écouter Claude Julien, tout son respect et son admiration envers Poehling, malgré son petit match - mais quel match! - d'expérience dans la LNH.

Mais revenons à l'équipe des recrues. Le portrait est différent cette année, lors du tournoi présenté à Belleville du 6 au 9 septembre et mettant aux prises les espoirs du Canadien, des Sénateurs et des Jets de Winnipeg. 

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE

Nick Suzuki

Contrairement à Kotkaniemi l’an dernier, Poehling sera appuyé par un autre jeune centre de premier plan, Nick Suzuki. Les attaquants Alexandre Alain, Jake Evans, Michael Pezzetta et Hayden Verbeek, sans être des espoirs de premier plan, ont une année d’expérience dans la Ligue américaine derrière la cravate. Cam Hillis, Cole Fonstad et Allan McShane, des choix de la cuvée 2018, ont un an de plus. Fonstad et McShane ont participé au camp préparatoire de l’équipe canadienne junior. Hillis vient d’être nommé capitaine du Storm de Guelph. 

En défense, le jeune Cale Fleury a connu une saison fort satisfaisante avec le Rocket de Laval. Lui aussi faisait le saut des rangs juniors l’an dernier. Josh Brook a été l’un des meilleurs défenseurs au pays, il a participé au Championnat mondial junior et terminé la saison à Laval. Otto Leskinen, 22 ans, embauché à titre de joueur autonome cet été, a été dominant l’hiver dernier à Kalpa, à sa troisième saison complète dans la Ligue d’élite de Finlande.

Claude Julien sera à Belleville pour le tournoi. Outre Poehling et Suzuki, dont les noms sont connus, lesquels a-t-il hâte de voir à l’oeuvre? 

PHOTO MICHAEL DWYER, ASSOCIATED PRESS

Cayden Primeau

«Le gardien de but (Cayden Primeau), répond-il spontanément. (Josh) Brook a connu une bonne année, (Cale) Fleury a connu une bonne année. Leskinen, je ne l’ai pas vu beaucoup. Ça me donne une chance de le connaître plus. Ce sont des joueurs qui m’intriguent. Non seulement ils vont avoir une chance au camp, mais aussi, dans le pire scénario, on a besoin de profondeur. Quand je regarde nos recrues, et plusieurs n’y sont pas, j’aime la direction qu’on emprunte.»

L’entraîneur préfère voir les jeunes dans un contexte de match. «Le camp de développement c’est une chose, mais tu as une meilleure idée quand tu les vois dans des tournois comme ça. J’ai souvent vu des joueurs épatants dans les entraînements mais timides en match. Au contraire, certains ressortent lors des matchs alors que tu ne les avais pas remarqués à l’entraînement.»

La formation des Sénateurs sera à nouveau très puissante cette année, avec Erik Brannstrom (obtenu des Golden Knights pour Mark Stone) en défense, Logan Brown, Alex Formenton, Drake Batherson et Max Veronneau, qui ont tous joué des matchs dans la LNH l’an dernier, Josh Norris, un choix de première ronde obtenu des Sharks de San Jose pour Erik Karlsson, sans compter les deux espoirs des Blue Jackets de Columbus offerts pour Matt Duchene, Vitaly Abramov et Jonathan Davidsson. Les deux ont joué chez les pros l’an dernier. 

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE

Cole Caufield

Il y a, évidemment, des absents de taille chez le Canadien. Le premier choix de 2019, Cole Caufield, passera la saison avec les Badgers du Wisconsin et les règlements de la NCAA ne l’autorisent pas à participer à des camps d’entraînement professionnels. Deux des meilleurs espoirs du côté gauche de la défense, Jordan Harris et Jayden Struble, sont dans la même situation. Ils joueront ensemble à Northeastern. À moins d’une surprise, Harris devrait mériter un poste avec l’équipe américaine en prévision du Championnat mondial junior.

De nombreux espoirs du CH sont retenus avec leurs équipes respectives en Europe. Le défenseur gaucher Alexander Romanov, défenseur par excellence au plus récent Championat mondial junior, entame sa deuxième saison avec le CSKA Moscou. Un autre défenseur gaucher, Mattias Norlinder, est avec Modo, dans la Ligue d’élite de Suède. 

L’ailier droit Jesse Ylonen, un choix de deuxième ronde en 2018, peut-être l’espoir le plus sous-estimé de l’organisation, est en Finlande. Ylonen mène son équipe Lahden en matchs préparatoires avec sept points. Jacob Olofsson et Joni Ikonen sont aussi demeurés en Europe. Ils pourraient tous faire le saut en Amérique du Nord l’an prochain, à Montréal ou Laval. 

Claude Julien peut bien aimer la direction dans laquelle se dirige l'équipe avec une telle bande d'espoirs!

Voyez ici la liste des espoirs invités à ce tournoi.

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