(Québec) « Sur papier, notre équipe n’a pas trop de failles. Il faut juste le démontrer sur la glace. »

Jean-François Tremblay Jean-François Tremblay
La Presse

Foi de Sean Couturier.

C’est vrai que les Flyers de Philadelphie ont une formation intéressante, menée par des joueurs de grand talent à l’attaque comme Couturier, Claude Giroux, Jakub Voracek et le nouveau venu Kevin Hayes. À la défense aussi c’est concluant, avec Shayne Gostisbehere, Travis Sanheim ou Ivan Provorov.

En fait, les Flyers avaient deux grandes failles, qu’ils semblent avoir réussi à colmater : derrière le banc et devant le filet.

Derrière le banc, le bilan de Dave Hakstol n’avait rien de reluisant. Il a été congédié la saison dernière tandis que l’équipe présentait un dossier de 12-15-4. Durant les trois années de son règne, il a raté les séries une fois et n’a jamais franchi le premier tour. Scott Gordon, appelé en renfort en cours de saison, est sagement retourné à la barre du club-école des Flyers, là où il est vraiment utile.

C’est là qu’est arrivé Alain Vigneault. Le pilote québécois a accepté un contrat de cinq saisons pour redresser les Flyers. Ilrevenait alors d’une pause d’un an après son congédiement par les Rangers de New York. Il a rapidement fait signe à l’ancien entraîneur-chef du Canadien Michel Therrien pour l’épauler derrière le banc.

PHOTO MATT SLOCUM, ASSOCIATED PRESS

Alain Vigneault a accepté, plus tôt cet été, un contrat de cinq saisons avec les Flyers de Philadelphie, après une pause d’un an à la suite de son congédiement par les Rangers de New York.

« Alain Vigneault va amener de l’expérience, a reconnu Couturier dans le cadre du Boot Camp à Québec. Il s’est rendu deux fois en finale de la Coupe Stanley avec deux équipes différentes [Canucks et Rangers]. »

[Alain] sait ce que ça prend pour gagner. Ce sera à nous d’embarquer dans son plan de match et d’avoir du succès.

Sean Couturier

« Il a signé un contrat de cinq ans, ça nous amène de la stabilité. L’an dernier avec tous les changements, directeur général, entraîneur, il y avait de l’incertitude autour de l’équipe. Ce sera agréable d’être avec le même entraîneur pour plusieurs années. On a amené beaucoup d’expérience derrière le banc aussi avec les adjoints. Sur papier, il n’y a pas d’excuse pour ne pas connaître de succès. »

Couturier et Vigneault ont d’ailleurs eu l’occasion de faire connaissance durant le Championnat du monde en Europe, où le Canada a gagné la médaille d’argent.

Gagner

L’autre grande faille des Flyers, une faille historique en fait : les gardiens. Ils se sont succédé à un rythme alarmant depuis les années d’Antero Niittymaki et de Robert Esche. Chaque gardien devait pourtant régler le problème à tout jamais, mais ce n’est jamais arrivé.

PHOTO ERIC HARTLINE, ARCHIVES USA TODAY SPORTS

Sean Couturier (14) et Carter Hart à la suite d’une victoire des Flyers de Philadelphie contre les Bruins de Boston, en janvier dernier

L’an dernier, ils sont huit à s’être partagé le filet, un record de la LNH. Le carrousel s’est arrêté quand Carter Hart s’est imposé comme « la » solution. Il s’est d’ailleurs vite fait remarquer avec une séquence de huit victoires consécutives en janvier et février, même s’il a un peu ralenti ensuite. Hart a terminé la saison avec une fiche de 16-13-1, une moyenne de 2,83 et une efficacité de ,917.

[Carter] a amené de la stabilité devant le filet. C’est un gardien avec un bel avenir. C’est le futur de l’organisation.

Sean Couturier

« Il a seulement 20 ans, on ne veut pas trop lui mettre de pression. C’est important de l’aider et de rendre les choses aussi faciles que possible pour lui. Mais il est tellement mature, il est tellement plus vieux que son âge. Je ne suis pas inquiet. »

Couturier répond sans détour quand on lui demande s’il commence à avoir « hâte de gagner », après huit saisons en montagnes russes avec les Flyers. Il faut dire qu’il n’a pas à rougir de sa contribution. Il a été considéré pour le trophée Selke au cours des deux dernières saisons, en plus de connaître deux campagnes successives de 76 points.

« Oui, j’ai hâte de gagner, c’est certain. À ma première année, on a gagné la première ronde. Depuis ce temps, on n’a pas passé une seule ronde, et une année sur deux, on ne participe pas aux séries. J’ai hâte de gagner et d’avoir du succès année après année. »