Keith Kinkaid avait besoin d’un changement dans sa carrière.

Simon-Olivier Lorange Simon-Olivier Lorange
La Presse

Après avoir contribué à l’irrésistible poussée des Devils du New Jersey jusqu’aux séries éliminatoires en 2017-2018, son équipe et lui se sont effondrés l’année dernière.

Son pourcentage d’arrêt de ,913 a chuté à ,891, et sa moyenne de buts accordés de 2,77 a explosé à 3,36 au sein d’une formation qui a terminé dans la cave du classement.

À la date limite des transactions, la formation qui lui avait donné sa première chance dans la LNH l’a envoyé à Columbus en échange d’un loin choix de 5e tour en 2022. Il n’a toutefois pas disputé une seule minute dans l’uniforme bleu.

À l’aube de la trentaine, Kinkaid était libre comme l’air. Conscient qu’il ne dénicherait pas de boulot comme gardien partant, il était résigné à accepter un poste d’auxiliaire. Ce que le Canadien était tout disposé à lui offrir.

« C’est un nouveau départ pour moi, de nouveaux visages, de nouvelles relations… Je suis très emballé. »

Keith Kinkaid

Même le décor sera neuf pour ce natif de Long Island, jamais repêché, qui a grandi en idolâtrant les Islanders. Hormis un mois à Columbus, il a passé la dernière décennie dans la grande région de New York – d’abord à Union College puis à Albany, dans la Ligue américaine, et au New Jersey dans la LNH.

À Montréal, il ne retrouve aucun ancien coéquipier. Mais il a déjà pu rencontrer Paul Byron, et plusieurs joueurs du club lui ont souhaité la bienvenue, dit-il.

Gardant un souvenir doux-amer de son passage chez les Blue Jackets, Kinkaid se dit heureux de se joindre à une organisation qui lui a signifié « à plusieurs reprises » qu’elle était heureuse de compter sur lui.

« Je veux jouer pour une équipe qui veut de moi », a-t-il ajouté, visiblement impressionné de voir une dizaine de médias se déplacer au milieu du mois de juillet pour rencontrer un gardien substitut.

Bonne impression

Kinkaid affirme avoir déjà échangé des messages avec Carey Price et s’être longuement entretenu en personne avec Stéphane Waite, entraîneur des gardiens du Canadien.

Ce dernier a confirmé à La Presse que la direction du club l’avait consulté avant d’embaucher l’Américain et qu’il a gardé une très bonne impression de sa rencontre avec lui.

« J’aime son gabarit à presque 6 pi 3 po ; en fait, j’adore travailler avec les grands gardiens de but, explique Waite. Il couvre bien le bas de son filet, c’est un gars qui est en contrôle techniquement. Je veux qu’il apporte quelques ajustements à son jeu, mais je suis très confiant que ça va bien se passer pour lui. »

Kinkaid souhaite lui-même retrouver sa superbe d’il y a deux ans. Sans présenter des statistiques délirantes, il avait enfilé les victoires pendant une blessure à Cory Schneider, au point de se voir confier le filet pour amorcer la série de premier tour contre le Lightning de Tampa Bay.

« Mon objectif de l’été est de revenir à mon niveau d’il y a deux ans, convient-il. L’année dernière, j’avais connu un bon départ [6-4 à ses 10 premiers matchs], mais les choses se sont gâtées par la suite. Ça arrive. Ce sont les hauts et les bas de la LNH, il faut en tirer des leçons. »

« Je cherchais la bonne occasion de rebondir. Je crois que Montréal est un bon endroit pour y arriver », conclut-il.