Cole Caufield ne manque pas de confiance en ses moyens.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

Dès son baptême en sol québécois, hier, le premier choix du Canadien le weekend dernier a affirmé son désir de gagner un poste avec l’équipe dès cette saison, à 18 ans.

Il a montré un aperçu de son talent hier lors du premier match simulé des espoirs au camp de développement du Canadien, à Brossard: un tir terrifiant, un coup de patin explosif, des instincts supérieurs à la moyenne.

Son but marqué à l’aide d’un tir vif et sec en fusillade était spectaculaire. Caufield n’en a pas compté 72 au sein du programme de développement américain par hasard.

Il faut évidemment placer les choses dans leur contexte. Caufield affrontait des défenseurs de niveau junior hier. On est loin, très loin, d’adversaires aguerris de la LNH, aucun défenseur hier n’était même du niveau de la Ligue américaine. Seuls Alexandre Alain, Jake Evans, Otto Leskinen et Jesse Ylonen avaient de l’expérience chez les professionnels.

Mais Jesperi Kotkaniemi a suivi le même cheminement l’an dernier. Étape par étape. Et Caufield, à la surprise générale, a déclaré hier ne pas être assuré de rejoindre l’Université du Wisconsin l’an prochain. Il préfère garder ses options ouvertes afin d’atteindre la LNH le plus rapidement possible.

Les règles de la NCAA l’empêcheraient en effet de participer au camp d’entraînement de l’équipe. Caufield pourrait s’y retrouver 48 heures, à ses frais, mais ne pourrait disputer aucun match préparatoire.

En se joignant plutôt à l’équipe junior des Greyhounds de Sault Ste. Marie, détenteurs de ses droits au hockey junior canadien, Caufield pourrait participer au camp de l’équipe et espérer, comme Kotkaniemi l’an dernier, créer une surprise.

Son souhait demeure-t-il irréaliste? Marc Bergevin n’a pas complètement fermé la porte le weekend dernier à Vancouver, rappelons-le. «La plupart des jeunes veulent être dans la LNH, il n’est pas différent des autres, j’imagine, a-t-il déclaré aux journalistes sur place vendredi soir au terme de la première ronde. Il sera au camp de développement et on verra à compter de ce moment. Il devrait en principe jouer au collège l’an prochain, mais on ne sait jamais.»

L’attrait de Wisconsin demeure fort. Le programme jouit d’une grande réputation et son frère Brock s’y trouve déjà. Les Caufield sont en outre originaires du Wisconsin. Les Badgers ont formé d’excellents joueurs tels Joe Pavelski, Ryan Suter, Ryan McDonagh, Derek Stepan et Kyle Turris.

Mais le jeune homme répète qu’il veut jouer pour le Canadien rapidement et le responsable du recrutement du CH, Trevor Timmins, a déclaré samedi vouloir laisser le jeune homme prendre sa décision.

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

Alex Galchenyuk

Le Canadien n’a jamais hésité à ouvrir des postes à des jeunes de 18 ans. Alex Galchenyuk, troisième choix au total en 2012, a rejoint l’équipe à cet âge en 2013 après une moitié de saison dans les rangs juniors pendant le lockout de la LNH. Mikhail Sergachev a entamé la saison à Montréal à 18 ans en 2016, quelques mois après avoir été repêché au neuvième rang. Kotkaniemi a toujours 18 ans aujourd’hui et il a déjà un an d’expérience dans la Ligue nationale.

La LNH est de plus en plus jeune. Mais seulement quatre joueurs de la cuvée 2018 ont disputé une saison complète cet hiver: Rasmus Dahlin, Andrei Svechnikov, Kotkaniemi et Brady Tkachuk, les quatre premiers choix. Filip Zadina, Quinn Hughes, Evan Bouchard et Isac Lundestrom ont aussi disputé des matchs, en début ou en fin de saison. Onze des quinze premiers choix de 2017 ont disputé au moins un match dans la Ligue nationale, dont les cinq premiers choix.

Caufield a été repêché au quinzième rang, mais il figurait au quatrième rang sur la liste de Craig Button, de TSN, et au cinquième rang sur celle de Corey Pronman, du site theathletic.com, deux références dans le domaine.

Avant de trop s’emballer, il faudra adopter une approche rationnelle, et quotidienne, dans le cas du jeune homme, aussi doué soit-il. Voyons comment il joue aujourd’hui à 16h. Et demain. La direction évaluera ensuite la situation et décidera de la prochaine étape à suivre.

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE

Ryan Poehling

Caufield n’est évidemment pas la seule recrue à surveiller. Ryan Poehling semblait un peu trop fort pour le groupe hier. Il a déjà 20 ans, trois années dans la NCAA derrière la cravate et un match mémorable au Centre Bell. Nick Suzuki a montré de belles choses, même s’il jouait à l’aile droite, une position moins favorable pour lui.

La plus récente embauche européenne du club, le défenseur gaucher Otto Leskinen, avait un pas d’avance sur les autres aussi. Il a 22 ans et a disputé les trois dernières saisons au niveau professionnel en Finlande. Il sera intéressant de le voir dans un contexte plus relevé au camp.

Parmi les projets à plus long terme, Jordan Harris, choix de troisième ronde en 2018, s’est démarqué. C’est un défenseur gaucher de petit gabarit, mais très rapide et doué offensivement. Il a mérité un poste au sein de la première paire de défenseurs à l’Université Northeastern dès sa première saison dans la NCAA l’an dernier. Gardez un oeil sur lui.

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