Qu’est-ce qu’un directeur général par excellence dans la LNH ?

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

Celui dont l’équipe a surpris en saison régulière ? Celui dont les échanges ou les embauches sur le marché des joueurs autonomes ont eu un effet positif sur les troupes ?

Le descriptif de la Ligue nationale de hockey se limite à une phrase : « Remis pour la première fois en 2009-2010, ce trophée est remis annuellement au directeur général qui a excellé dans son rôle en saison régulière ».

Les directeurs généraux, des membres de l’exécutif d’équipe de la Ligue nationale et des journalistes sont appelés à voter.

Parmi les trois finalistes cette année se trouve Doug Armstrong, des Blues de St. Louis. Son équipe a effectué une remontée spectaculaire au classement à compter de janvier, après avoir occupé le dernier rang du classement général.

PHOTO JEFF ROBERSON, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Doug Armstrong.

Son parcours depuis un an n’a pas été parfait. À la surprise générale, Armstrong a réitéré sa confiance l’été dernier envers le gardien Jake Allen, défaillant année après année dans un rôle de numéro un. En novembre, l’entraîneur Mike Yeo a payé pour les largesses de son gardien.

En désespoir de cause, le successeur de Yeo, Craig Berube, a rappelé des mineures le quatrième gardien de l’organisation, Jordan Binnington. Un gardien dont on ne voulait tellement pas que ce même Armstrong l’a prêté au club-école des Bruins de Boston la saison précédente.

Binnington est resté assis bien sagement sur le banc des joueurs pendant un mois après son rappel. Allen était tellement mauvais qu’on lui a finalement donné sa chance. Le jeune homme n’a pas seulement été bon, il a été fumant. Il a sauvé les Blues de la catastrophe.

Faut-il crier au génie et féliciter Armstrong pour le rappel de Binnington ? Il faut reconnaître l’humilité du DG des Blues, lui-même a parlé de chance.

Armstrong a aussi fait de bons coups au cours de la saison morte. Ryan O’Reilly lui a coûté un choix de première ronde en 2019 et un choix de deuxième ronde en 2021. Il occupe un rôle central dans les succès des Blues. St. Louis n’aurait pas repêché avant le 28e rang avec le choix de première ronde vu leur participation au carré d’as en séries.

Don Waddell, des Hurricanes de la Caroline, est l’un des autres candidats. Son club a déjoué les experts en se qualifiant pour les séries éliminatoires, trois points devant le Canadien, et en remportant deux rondes.

PHOTO GERRY BROOME, ARCHIVES ASSOCIATES PRESS

Don Waddell

Le DG des Hurricanes n’a pourtant pas été parfait. Il a effectué les deux pires échanges de l’été. Il a cédé un marqueur de 40 buts, Jeff Skinner, aux Sabres, pour un choix de deuxième ronde.

La transaction avec Calgary n’a pas été à son avantage non plus. Elias Lindholm, 24 ans seulement, est devenu un ailier de premier trio avec les Flames. Il vient de connaître une saison de 78 points, dont 27 buts. Le défenseur Noah Hanifin, 22 ans, a amassé 33 points. Il jouait en moyenne 20:46.

L’une des pièces maitresses de l’échange, le jeune défenseur Adam Fox, a refusé de signer un contrat en Caroline. Waddell a été contraint de l’échanger aux Rangers récemment moyennant des choix de deuxième ronde en 2019 et de troisième ronde en 2020 (par contre celui-ci se transformera en choix de deuxième si Fox dispute 30 matchs avec les Rangers l’an prochain).

Michael Ferland, lui, a été ennuyé par des commotions cérébrales cet hiver. Il a disputé seulement sept matchs en séries et deviendra joueur autonome sans compensation le 1er juillet.

Le défenseur Dougie Hamilton n’a pas su gagner la confiance de l’entraîneur Rod Brind’Amour en séries. Celui-ci a utilisé à profusion ses trois premiers, Jaccob Slavin, Brett Pesce et Justin Faulk. À ses six derniers matchs, Hamilton a franchi la barre des 20 minutes d’utilisation une seule fois. Il a été au cœur de rumeurs d’échange tout l’hiver.

Comme Armstrong, Waddell a fait de bons coups. L’embauche de Brind’Amour en est une. L’acquisition de Nino Niederreiter, en janvier, a relancé son équipe. Pour le reste, il a hérité l’été dernier de pièces de qualité acquises par son prédécesseur Ron Francis.

Don Sweeney, des Bruins, est le troisième candidat. Il a bâti son club patiemment ces dernières années. L’acquisition de Jaroslav Halak sur le marché des joueurs autonomes l’été dernier a permis à Tuukka Rask d’avoir l’énergie nécessaire dans les moments importants.

PHOTO IVANOH DEMERS, ARCHIVES LA PRESSE

Don Sweeney .

Il a agi sagement à la date limite des échanges. Marcus Johansson lui a coûté des choix de deuxième et de quatrième rondes. Son apport est essentiel en séries. Les Devils du New Jersey repêcheront 61e ou 62e avec ce choix de deuxième ronde.

Une autre des acquisitions de Sweeney à la date limite des échanges, Charlie Coyle, si elle a coûté un jeune attaquant de talent, Ryan Donato, rapporte beaucoup en séries éliminatoires également. Coyle a marqué de gros buts au centre du troisième trio. Il a permis d’alléger les responsabilités du vétéran David Backes. Coyle a 12 points en 17 matchs jusqu’ici en séries. Sweeney s’est aussi construit un formidable quatrième trio pour pas cher l’été dernier.

Doug Wilson, des Sharks, et Brad Treliving, des Flames, auraient mérité de se retrouver dans le trio de finalistes avec Sweeney.

Wilson n’a jamais remporté cet honneur ni même été finaliste. Sous son règne, amorcé en 2003, San Jose a remporté 16 rondes de séries éliminatoires. Ils ont raté les séries une seule fois.

Depuis l’instauration du trophée, en 2009, les Sharks ont d’ailleurs atteint la finale et le carré d’as trois autres fois. Ils sont à deux victoires d’atteindre la finale une deuxième fois en trois ans. San Jose se régénère continuellement sans pour autant hypothéquer son avenir.

Comme quoi la vie est parfois injuste.

À LIRE

Le parcours des Hurricanes de la Caroline a pris fin hier soir devant des Bruins supérieurs à tous les chapitres. Richard Labbé n'a rien manqué du match et nous raconte ce qui a coulé les Ouragans.