Il aimait sa nouvelle équipe. Sa nouvelle équipe l’aimait. Parfois, ça n’a pas besoin d’être compliqué.

Guillaume Lefrançois Guillaume Lefrançois
La Presse

Comme Pamela Anderson et Tommy Lee à l’époque, Nate Thompson et le Canadien n’ont pas tardé avant de cimenter leur union. À peine deux mois après s’être joint au Tricolore, Thompson s’est entendu avec l’équipe sur les termes d’un contrat d’un an, d’une valeur d’un million de dollars. L’entente, signée tard mercredi soir, a été annoncée jeudi matin.

De l’extérieur, ce contrat semblait aller de soi. Du point de vue de Thompson aussi, qui a senti dès sa rencontre de fin de saison avec Marc Bergevin que son séjour à Montréal allait se prolonger.

« C’était assez clair. C’était très positif des deux côtés, a-t-il expliqué en conférence téléphonique, jeudi. J’ai dit que j’avais vraiment aimé mon passage ici. J’avais aimé les gars, la direction dans laquelle allait l’équipe, et Bergevin partageait mes sentiments. Je n’avais aucune intention de devenir joueur autonome. »

Depuis le moment où le CH l’a acquis des Kings en échange d’un choix de quatrième tour, Thompson a disputé 25 des 26 matchs de l’équipe. La seule exception : le dernier duel de l’année, afin de permettre à Ryan Poehling d’obtenir une audition. Dans ces 25 matchs, le joueur natif de l’Alaska a apporté stabilité et fiabilité au poste de quatrième centre, là où Tomas Plekanec, Matthew Peca et Michael Chaput se sont succédé sans jamais pleinement satisfaire Claude Julien.

Statistiquement, ça a donné un but et six passes pour sept points, avec un différentiel de - 4. L’athlète de 34 ans a gagné 55,1 % de ses mises au jeu et a joué en moyenne 13 minutes par match. Il a été utilisé moins de 10 minutes seulement deux fois, ce qui a permis à Julien de bien équilibrer l’utilisation de ses quatre trios.

Ça, c’est sur la patinoire. Hors glace aussi, ça a cliqué. « Ce groupe m’a rajeuni », avait-il lancé au bilan de fin de saison. La semaine dernière, Thompson assistait au festival Coachella, en Californie, en compagnie de Max Domi et de Tomas Tatar. Un peu comme si, dans deux mois, vous alliez passer la fin de semaine à Woodstock en Beauce avec votre collègue de travail embauché cette semaine. Donc, oui, ça a cliqué.

« Ça s’est fait rapidement, reconnaît-il. Dès mes deux premières semaines, j’ai constaté que c’était un très bon groupe. Pas seulement Domi et Tuna [Tatar]. Les gars ont été très accueillants. Weber, Price, Shaw, des vieux, des jeunes… On a vraiment eu beaucoup de plaisir. »

Plusieurs candidats pour un poste

Le retour de Thompson assure aussi que la compétition sera d’être nettement plus relevée qu’au dernier camp pour le poste de quatrième centre, derrière Phillip Danault, Max Domi et Jesperi Kotkaniemi.

L’an dernier, ça s’était joué entre les susmentionnés Plekanec, Peca, Chaput et Jacob De La Rose. On connaît la suite : Plekanec est vite retourné en Europe, Peca a constitué une amère déception, Chaput a fini par retourner en Ligue américaine et De La Rose a été réclamé au ballottage.

Cette année, tout indique que Thompson et Poehling seront sur les rangs. Jordan Weal, que l’on a aussi vu à l’aile en fin de saison à Montréal, a lui aussi les qualités pour piloter un quatrième trio, si bien sûr il s’entend avec le Tricolore ce printemps. Et il est supérieur à Thompson offensivement. « On verra, peut-être qu’on jouera tous les trois ! », a dit Thompson.

Le cas de Poehling n’est pas non plus coulé dans le béton. Si spectaculaire qu’il ait été, son tour du chapeau lors du dernier match de la saison ne lui assure pas de commencer la saison à Montréal. Un séjour à Laval n’est pas à exclure non plus. Dans tous les cas, Thompson a bien l’intention de se rendre utile auprès du premier choix du Canadien en 2017.

« Je me souviens de mes débuts dans la LNH, à Boston, New York et Tampa. Des gars comme Bill Guerin et Martin St-Louis m’avaient vraiment aidé sur la glace et à l’extérieur, ils m’avaient montré comment composer avec le long calendrier. C’est ça, la beauté de notre sport. Ça dure un certain temps, et soudainement, tu deviens un vieux ! Que ce soit pour aider Poehling ou KK [Kotkaniemi], je suis prêt à faire le nécessaire. »

Des locations à moyen terme

Avec tout ça, Bergevin s’assure peu à peu que ses acquisitions de fin de saison ne soient pas seulement de passage.

Ça a commencé avec Christian Folin, lui aussi réembauché pour un an, en début de semaine. Ça s’est poursuivi avec Thompson, et voilà que le collègue Pierre LeBrun nous apprenait jeudi que des discussions préliminaires ont eu lieu entre le CH et l’agent de Weal, qui pourrait devenir joueur autonome sans compensation le 1er juillet.

C’est d’ailleurs dans les habitudes de Bergevin d’agir ainsi. Jeff Petry, Mike Weaver, Torrey Mitchell et Jordie Benn ont tous été acquis en fin de saison dans des courses aux séries, et ont tous fini par prolonger leur séjour à Montréal. Le directeur général maximise ainsi son retour pour le peu qu’il cède, tout en s’assurant les services de joueurs que son groupe d’entraîneurs connaît déjà.

Weal et Benn sont maintenant les deux derniers joueurs autonomes sans compensation du Canadien, en plus d’Antti Niemi, qui ne sera pas de retour l’an prochain.