À Noël, ils présentaient une fiche de 15 victoires et 20 défaites. Ils ont trouvé une façon de se qualifier pour les séries.

Guillaume Lefrançois Guillaume Lefrançois
La Presse

Après deux matchs en séries, ils traînaient de l’arrière 0-2. Ils ont trouvé une façon de se rendre au septième match.

Après 20 minutes hier, ils perdaient 2-0 contre un gardien, Braden Holtby, qui s’est forgé une réputation d’excellence en séries. Ils ont trouvé une façon de forcer la tenue d’une prolongation.

Ils ont été traités de «bunch of jerks» en pleine télévision nationale. Leur nouveau propriétaire n’était pas prêt à investir pour se payer un directeur général, si bien qu’il a fallu que le président de l’équipe, Don Waddell, accepte de porter également le chapeau de DG.

Peu importe sous quel angle on les examine, les Hurricanes de la Caroline se sont fait un malin plaisir de faire taire les sceptiques. L’équipe la plus sympathique de la LNH l’a démontré une nouvelle fois en battant les Capitals 4-3 en deuxième prolongation, à Washington.

À 11 min 05 s de la deuxième prolongation, Brock McGinn a fait dévier au vol un tir de Justin Williams pour confirmer la victoire.

Les Hurricanes accèdent ainsi au deuxième tour et éliminent les champions en titre de la Coupe Stanley. Du même coup, c’est un balayage inédit qui est complété: les champions des quatre divisions cette saison ont tous été éliminés dès le premier tour. Le Lightning, les Flames et les Predators ont subi le même sort. Selon Sportsnet, c’est la première fois de l’histoire de la LNH, de la NFL, de la NBA ou du baseball majeur que tous les champions de division sont battus lors de leur premier match ou de leur première série.

C’est une fin de saison amère pour les Capitals, après une campagne 2017-2018 magique. Magie qui s’est poursuivie tout l’été par des célébrations de victoire bien documentées sur les réseaux sociaux…

Personne chez les Islanders de New York ne le dira publiquement, mais les deux derniers jours ont dû provoquer une joie certaine à Long Island. Après l’élimination de John Tavares et des Leafs mardi, voilà que les Capitals, qui ont laissé partir un entraîneur-chef gagnant de la Coupe Stanley en Barry Trotz, tombent eux aussi en congé forcé, pendant que les Islanders poursuivent leur route.

Encore Williams

Les Hurricanes se sont qualifiés in extremis pour les séries grâce à leur formidable noyau de jeunes, dont les têtes d’affiche sont Sebastian Aho, Teuvo Teravainen et Jaccob Slavin. Dans une LNH qui tend vers la jeunesse, il serait tentant de leur attribuer une large part du mérite, d’autant qu’Aho a multiplié les jeux savants, que Slavin a passé 38 bonnes minutes sur la patinoire.

Mais le bon vieux Justin Williams, malgré ses 37 ans, a démontré que les vétérans avaient encore leur utilité dans cette ligue. Employé pendant plus de 29 minutes, il a fait honneur à sa réputation de «Monsieur match no 7», disputant un fort match, obtenant une occasion de marquer quelques minutes avant de préparer le but victorieux.

Williams disputait hier le neuvième match no 7 de sa brillante carrière. La fiche de ses équipes: huit victoires, une défaite. Sa fiche personnelle: sept buts, huit passes. Les marqueurs de 300 buts sont rarement admis au Temple de la renommée depuis quelques décennies, mais avec cette fiche et ses trois bagues de la Coupe Stanley, en voilà un qui pourrait se faufiler sur la rue Yonge.

Encore l’arbitrage…

Après la punition majeure à Cody Eakin qui a permis aux Sharks de San Jose de remonter la pente mardi, une autre décision des arbitres a fait jaser hier.

En prolongation, Brett Connolly a tenté un lob en sortie de zone, mais la rondelle s’est retrouvée dans les gradins. Comme l’attaquant des Capitals n’avait pas encore franchi sa ligne bleue, il s’agissait d’une punition automatique. Les quatre officiels ont tout de même pris le temps de se consulter, mais n’ont pas décerné de pénalité à la bande à Ovechkin.

Il sera intéressant de voir quelles répercussions aura la séquence. Aussi controversée qu’ait été la punition à Eakin mardi, il s’agissait d’une question de jugement de l’arbitre; on n’est pas sorti de l’auberge si ces situations deviennent matières à contestation. Par contre, la séquence d’hier était un cas de règlement noir sur blanc, comme le sont les hors-jeu, qui peuvent maintenant être revus si un but est marqué.

Discussions animées à prévoir lors de la prochaine rencontre des DG…