Marc Bergevin sait désormais la stratégie à adopter en prévision de la prochaine saison.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

Le Canadien doit être compétitif, assez pour se qualifier en séries éliminatoires, mais pas trop dominant quand même.

J'ironise ici, mais à peine.

Le Lightning de Tampa Bay, première équipe au classement général, a été éliminée en quatre matchs par le dernier club qualifié dans l’Est, les Blue Jackets de Columbus.

Les deuxièmes au classement avec 107 points, les Flames de Calgary, ont subi le même sort samedi aux mains de l’Avalanche du Colorado, cette fois en cinq matchs.

Cette double élimination a constitué une première. Jamais dans l’histoire de la LNH les deux premiers favoris de leurs associations respectives n’avaient-ils été éliminés dès le premier tour.

La troisième équipe au classement général, les Bruins de Boston, a évité l’élimination hier à Toronto, grâce à trois points de Brad Marchand. Il y aura donc un septième match à Boston demain.

Les Capitals de Washington, premiers dans la division Métropolitaine, mènent leur série 3-2 contre les coriaces Hurricanes de la Caroline.

Les Stars pourraient éliminer les Predators de Nashville ce soir à Dallas. Ils ont obtenu sept points de moins en saison régulière et obtenu leur qualification par la peau des dents.

Les Sharks de San Jose, eux, ont évité l’élimination devant les Golden Knights de Vegas hier soir grâce à un but de Tomas Hertl en deuxième période de prolongation, en infériorité numérique. Les Sharks avaient huit points de plus que les Golden Knights en saison régulière.

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

L'entraîneur-chef du Lightning de Tampa Bay, Jon Cooper.

Une bénédiction et une malédiction

L’entraîneur du Lightning, Jon Cooper, a bien résumé la situation après l’élimination de son équipe la semaine dernière. «Quand tu amasses autant de points comme nous l’avons fait, c’est à la fois une bénédiction et une malédiction, a-t-il confié aux journalistes après l’élimination de son club. Tu disputes des matchs qui ne veulent rien dire pendant une longue période de temps. Et puis tout d’un coup, tu dois élever ton jeu d’un cran. Ce n’est pas une excuse, mais la réalité. Tu vis une saison régulière historique, mais aussi des séries éliminatoires historiques…»

Avant d’entamer les séries, Le Lightning venait d’égaler un record de la LNH appartenant aux Red Wings de Detroit depuis 1996 avec 62 victoires en saison régulière. Ils étaient à quatre points du record du Canadien réalisé en 1976-1977 lors de leur glorieuse saison de 60-8-12.

Le DG du Lightning, Julien Brisebois, a vite rassuré son entraîneur lors du post mortem de l’équipe. «Si je ne lui avais pas offert de prolongation de contrat (plus tôt cette saison), je l’aurais fait maintenant, a-t-il confié à la journaliste Caley Chelios, la fille de l’ancien hockeyeur Chris Chelios. À quoi bon chercher le prochain "Coop" quand on a déjà l’original?»

Plusieurs parlent désormais de la guigne de remporter le trophée des Présidents remis à la meilleure équipe en saison régulière. Depuis 2008, seuls les Blackhawks de Chicago, en 2013, ont remporté la Coupe Stanley tout en terminant en tête du classement général.  

En 2018, les Predators de Nashville ont été éliminés en deuxième ronde par les Jets de Winnipeg après avoir remporté ce trophée. Les Capitals de Washington ont été éliminés en deuxième ronde en 2016 et 2017 par les Penguins de Pittsburgh après avoir mis la main sur ce trophée. Washington a finalement remporté la Coupe en 2018 après avoir terminé sixième au classement général.

Un mythe et non une réalité

Le journaliste Adam Gretz rappelle cependant dans cet article qu’il s’agit d’un mythe et non d’une réalité: depuis l’instauration de ce trophée en 1986, huit de ces récipiendaires ont remporté la Coupe Stanley, quatre autres ont atteint la finale et cinq le carré d’as.

Certains seront aussi tentés d’imiter les Blue Jackets de Columbus, cette organisation qui ne craint pas les immenses coups de poker en vidant sa banque de choix et d’espoirs pour du renfort à court terme.

Mais dans l’Ouest, l’Avalanche du Colorado est parvenu aux mêmes résultats en faisant le contraire. Ils ont cédé un modeste choix de troisième ronde aux Panthers de la Floride pour Derick Brassard, et obtiendront en retour un choix de sixième ronde si Brassard quitte l’organisation à la fin de la saison comme on s’y attend.

Ils détiennent toujours deux choix de première ronde en prévision du repêchage de juin, contrairement aux Blue Jackets qui n’ont plus de choix de première et deuxième ronde cette année, pas plus que l’an prochain s’ils conservent les services de Matt Duchene (si celui-ci quitte l’organisation, Columbus maintiendra son choix de première ronde en 2020, mais a déjà perdu son choix de deuxième pour Ryan Dzingel).

Les prochaines semaines nous donneront une meilleure perspective de la situation. Columbus ne sera pas plus avancé s’il perd en deuxième ronde contre le gagnant de la série entre Toronto et Boston.

Il n’y a pas de recette coulée dans le béton, seulement un peu de flair, du timing et de la chance.

Par contre une théorie se précise encore davantage pour le Canadien et les autres: quand on entre en séries, tout peut arriver…

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