C’était un secret de polichinelle, et c’est maintenant confirmé : l’incroyable saison de Cayden Primeau n’est finalement pas terminée.

Guillaume Lefrançois Guillaume Lefrançois
La Presse

L’espoir du Canadien a été sélectionné par l’équipe nationale américaine afin de participer au Championnat du monde. La nouvelle, ébruitée par The Hockey News et Sportsnet la semaine dernière, a été confirmée hier.

Primeau partagera le filet avec le vétéran Cory Schneider, des Devils du New Jersey, et Thatcher Demko, des Canucks de Vancouver.

« Les deux autres gardiens ont plus d’expérience que lui au hockey professionnel, même au Championnat du monde. En ce moment, on peut dire qu’il est le troisième gardien sur papier. Mais, tu te rends là, tu t’entraînes, et on verra ce qui arrivera », rappelle Jeff Blashill, entraîneur-chef des Red Wings de Detroit, qui sera derrière le banc des États-Unis.

Cela dit, même si Primeau devait être relégué au rôle de numéro 3, il n’a pas non plus été choisi par défaut pour accompagner l’équipe en Slovaquie. Cette saison, 28 gardiens nés aux États-Unis ont disputé au moins un match dans la LNH. Si on enlève ceux qui sont encore en séries dans la Ligue nationale ou dans la Ligue américaine, et les blessés, il en reste une quinzaine.

Pourquoi donc s’être tourné vers un jeune blanc-bec de 19 ans qui n’a jamais même disputé un match dans les rangs professionnels ?

« Pour lui faire vivre l’expérience d’être auprès des meilleurs joueurs américains, des meilleurs au monde, afin que ça aide de futures équipes américaines au bout du fil. Et, même s’il est le gardien numéro 3, il pourra nous aider dans l’avenir. C’est de l’expérience. Il a beaucoup de talent et il a travaillé fort pour cette nomination. » — Jeff Blashill, entraîneur-chef de l’équipe des États-Unis

« Par le passé, on a souvent choisi de jeunes gardiens dont on croit l’avenir brillant. Je n’ai jamais travaillé avec lui, je ne le connais pas personnellement, mais j’ai hâte de travailler avec lui, car il a de bonnes habiletés. »

Les deux autres gardiens sélectionnés ont d’ailleurs vécu la même expérience par le passé. À 21 ans, Schneider avait accompagné l’équipe américaine au Mondial 2007, sans jouer. Idem pour Demko en 2016, à 20 ans.

Une année meublée

Le Canadien a repêché Primeau au lointain 199e rang en 2017. Rarement voit-on un espoir sélectionné aussi tard progresser à cette vitesse.

Rappelons les faits saillants de ses cinq derniers mois : 

- 5 décembre : Primeau est sélectionné au sein de l’équipe américaine pour le Championnat du monde junior.

- 5 janvier : les États-Unis disputent la finale du mondial junior. Primeau bloque 28 tirs, mais subit une défaite crève-cœur de 3-2 aux mains de la Finlande. Les Américains repartent tout de même avec la médaille d’argent.

- 31 mars : après seulement deux années à l’université, Primeau fait le saut chez les professionnels en signant son tout premier contrat avec le Canadien.

- 10 avril : Primeau remporte le trophée Mike Richter, remis au gardien par excellence de la dernière saison en NCAA. Sa fiche avec l’Université Northeastern : 25-10-1, moyenne de 2,09 et efficacité de ,933.

« Cayden a connu une année incroyable, ajoute Blashill. On parlait de lui et on estimait qu’il méritait sa place avec nous. »

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Cayden Primeau lors des tests et examens médicaux du Canadien, au mois d’août dernier.

Des places disponibles

Ce sont seulement 17 joueurs qui ont été sélectionnés hier. Encore une fois, Hockey USA a fait une large place à la jeunesse en assurant une place à sept joueurs de 23 ans ou moins. Primeau n’est toutefois pas le plus jeune, cet honneur revenant à Quinn Hughes, qui a lui aussi 19 ans. Choix de premier tour en 2018, Hughes a passé la dernière saison à l’Université du Michigan, avant de terminer la saison avec les Canucks.

Les règlements permettent d’inviter un maximum de 25 joueurs au tournoi. Qu’adviendra-t-il des huit places restantes ?

« Historiquement, les pays laissent des postes vacants afin de voir qui est éliminé, qui veut venir et qui peut venir. Mais ça n’exclut pas que l’on ajoute d’autres jeunes », rappelle Blashill.

Il sera intéressant de voir si l’on invitera le frère de Quinn Hughes, Jack, qui est pressenti pour être le tout premier choix au repêchage en juin prochain. Le jeune homme de 17 ans participe actuellement au mondial U18.

Les États-Unis disputeront leur premier match du tournoi le 10 mai.