Lorsque tout espoir de participer aux séries éliminatoires s'est éteint pour de bon vendredi soir pour le Canadien, les perspectives de voir grimper le chiffre d'affaires durant les semaines à venir ont aussi été minées chez les propriétaires de restaurants et bars sportifs de Montréal.

Mis à jour le 7 avr. 2019
MARISSA GROGUHÉ LA PRESSE

Au bar MVP, rue Sainte-Catherine, l'ambiance était à plat, samedi soir. Même chose à La Station des Sports, non loin.

« Une soirée comme [celle d'hier], un samedi de match, ça devrait être plein, et on n'est même pas à la moitié [de la fréquentation habituelle]. » - Javier León, gérant de la succursale La Station des Sports

Pour les propriétaires de bars et de restaurants qui diffusent les matchs de l'équipe, ne pouvoir compter sur les séries, c'est devoir se priver d'une affluence sans équivalent. 

Selon que le Canadien de Montréal participe à la grande danse du printemps ou qu'il échoue à se hisser parmi les 16 qualifiés, le chiffre d'affaires diminue « facilement » de moitié, témoigne M. León, dont le chiffre d'affaires, qui passe de « bon à très bon » lorsqu'il y a un match en saison régulière, devient encore meilleur durant les séries. 

Les plus gros acteurs subsistent 

Du côté du centre-ville, toutefois, l'excitation restait palpable. En se promenant aux alentours du Centre Bell samedi, on n'aurait pas cru que le Canadien jouait son dernier match et qu'il venait de voir disparaître sa dernière lueur d'espoir d'être de la course à la Coupe Stanley.

Des dizaines de personnes faisaient la file devant le restaurant La Cage de l'amphithéâtre, plein à craquer, et le spectacle était le même dans la plupart des bars des alentours. 

Mais dès aujourd'hui, le Canadien tombe en vacances, et ce dernier élan de ferveur s'évanouira même au centre-ville.

Jean Bédard, président et chef de la direction du Groupe SPORTSCENE, exploitant de La Cage, prévoit que c'est « surtout la Cage du Centre Bell [qui] sera très affectée, sans matchs ».

Toutefois, au sein de cette grande chaîne de restaurants, la clientèle continue d'affluer la fin de semaine, séries ou pas, dans la plupart des établissements.

« Là où ça va faire mal, c'est surtout en début de semaine. Parce que quand il y a des matchs de séries éliminatoires, les ventes sont un peu incomparables. »

« On est très déçus, comme les partisans, mais on est loin d'être en panique, affirme-t-il. Si on regarde le réseau dans son ensemble, pour nous, c'est mineur. »

Les autres matchs

À la Station des sports, depuis quelques matchs, « tout le monde commençait à être découragé », ce qui a nui aux ventes, a raconté Javier León, lui-même quelque peu dépité. 

Au contraire, à La Cage, « les deux dernières semaines, jusqu'à hier, on a un peu goûté l'ambiance des séries », raconte Jean Bédard. « Le Canadien luttait, et donc, chaque match était important. »

Phénomène intéressant, M. Bédard constate que depuis quelques années, les amateurs de hockey se déplacent de plus en plus pour suivre dans les établissements sportifs les matchs de séries d'autres équipes. 

« Avant, quand le Canadien était éliminé, les gens ne suivaient plus du tout, mais l'année dernière, on a quand même eu une belle période après la saison », observe-t-il.