Les points faibles du Canadien cette saison sont assez faciles à repérer. Vous revenez de cinq mois de vacances en Moldavie? Pas de panique, on peut vous aider à vous rattraper.

Mis à jour le 22 mars 2019
Guillaume Lefrançois LA PRESSE

L'avantage numérique, par exemple, «fonctionne» à un rythme de 12%. Avant la rencontre d'hier, l'unité était embourbée dans une autre léthargie, un seul but à ses 25 occasions précédentes.

Le quatrième trio a longtemps été une autre de ses faiblesses. Pour s'en convaincre, il suffit de regarder où sont rendus les membres qui le composaient plus tôt cette saison. Dans les gradins hier, il y avait Matthew Peca, Charles Hudon et Nicolas Deslauriers, avec des différentiels respectifs de -13, -9 et -10. Kenny Agostino est parti au ballottage. Michael Chaput a été échangé. Tomas Plekanec joue en République tchèque.

Malgré ces faiblesses, voici le Canadien bien en vie dans la course aux séries. Avant même que la saison commence, on le voyait exclu au solstice d'hiver; nous voici 36 heures après l'équinoxe du printemps, et l'équipe peut encore se qualifier pour les séries.

Et l'impressionnante victoire de 4-0 acquise hier sur les Islanders laisse croire que Claude Julien peut espérer régler - ou du moins améliorer - ce qui lui a donné tant de maux de tête cette saison.

Hier, c'est le quatrième trio qui a donné le ton à la rencontre avec une première présence du tonnerre, et le centre de cette unité, Nate Thompson, a continué ça en désavantage numérique. Les trois membres de l'unité ont totalisé 10 tirs. C'est énorme.

Voilà maintenant trois matchs que Thompson est flanqué de Paul Byron à sa gauche et de Jordan Weal à sa droite. Et on sent que Julien aime bien la formule, si bien qu'en termes de temps d'utilisation, ce trio voit plus d'action que le troisième trio «officiel», celui de Jesperi Kotkaniemi.

«Il y a un peu de tout. Il y a de l'expérience, de la vitesse, du talent, a énuméré Julien. Sur les mises en jeu, il y a un droitier [Weal] et un gaucher [Thompson]. Ce soir, je les ai utilisés contre [Casey] Cizikas, mais je n'hésiterais pas à les utiliser contre des trios plus hauts dans la hiérarchie. Ce sont des gars qui ont assez d'expérience pour bien gérer ça.»

Un rare but

Le CH semblait destiné à rentrer au vestiaire avec un pointage de 0-0, malgré une très bonne première période. C'est là que l'avantage numérique, qui l'a si souvent coulée cette saison, a plutôt récompensé l'équipe pour ses bons efforts, quand Joel Armia a touché la cible avec sept secondes à écouler à l'engagement.

«On sentait le banc, peut-être pas relax, mais soulagés qu'on ait finalement marqué en avantage numérique. On pouvait transporter ça à forces égales», a indiqué Thompson.

On vous parlait des 12% d'efficacité; quoi qu'il arrive d'ici la fin de la saison, l'avantage numérique du Tricolore fera partie des échecs de cette saison 2018-2019. Ça ne veut toutefois pas dire que les joueurs et l'entraîneur baissent les bras à ce sujet.

«Où on est au classement, on sait qu'on ne finira pas premiers dans la ligue, a rappelé un Jonathan Drouin bien réaliste. C'est juste d'essayer d'avoir des résultats d'ici la fin de l'année, parce que les unités spéciales vont faire une différence.»

«C'est quelque chose que l'on devra améliorer si on veut aller loin. Mais en même temps, si on ne marque pas en avantage numérique, on ne peut pas se morfondre. On doit continuer à les talonner en échec avant», a ajouté Armia.

Il est d'ailleurs assez ironique que, de tous les joueurs du CH, ce soit Armia qui ait marqué en avantage numérique. Ce même Armia qui faisait rager tant d'amateurs par sa simple présence à cinq contre quatre, lui qui n'avait jusqu'à hier jamais marqué dans cette situation dans la LNH. Le gros Finlandais possède des habiletés intéressantes qui ont fait de lui un choix de premier tour en 2011. Mais ce talent ne s'est toujours pas converti en production offensive constante.

Pour l'heure, Armia fait donc partie de l'une des deux unités. Jordan Weal aussi, et lui non plus n'est pas un choix populaire auprès des partisans pour occuper ce rôle. Mais Julien doit trouver des solutions afin que le Canadien se qualifie pour les séries. Comme pour le quatrième trio, il a tenté bien des recettes, avec des résultats souvent indigestes.

Ses joueurs ont maintenant huit matchs pour lui montrer qu'il a trouvé la bonne formule.

- - -

En hausse: Carey Price

Dans un match où plusieurs se sont illustrés, le travail de Price passe quelque peu inaperçu. Mais on retient son arrêt contre Jordan Eberle en deuxième période. Quelques secondes plus tard, Jonathan Drouin donnait une avance de 3-0 au CH.

En baisse: Andrew Shaw

Shaw a les défauts de ses qualités et il l'a encore démontré hier. Il a joué avec intensité toute la soirée, mais a franchi la limite avec sa mise en échec sur Scott Mayfield en fin de rencontre.

Le chiffre du match: 279 min 59 s

Le but de Joel Armia était le premier de sa carrière en avantage numérique. Ce but est venu après 279 minutes et 59 secondes passées sur la patinoire en supériorité numérique depuis son arrivée dans la LNH.