(Sunrise) Le Canadien n’a obtenu que sept victoires à ses 20 derniers matchs, et s’il y a une conclusion implacable que l’on peut tirer de cette bien mauvaise passe, c’est la suivante : pour gagner, le Canadien ne peut se permettre d’accorder plus de deux buts par soirée.

Richard Labbé Richard Labbé
La Presse

C’est en tout cas ce que disent les chiffres. Ainsi, à partir du 19 novembre, le Canadien n’a remporté qu’un seul match en accordant plus de deux buts, soit celui du 19 décembre à Calgary, lors d’une victoire de 4-3 acquise en prolongation contre les Flames. Les six autres gains du Canadien ont été obtenus en limitant l’adversaire à seulement deux buts ou moins à chaque fois.

Il faut donc comprendre que le Canadien ne gagne pas quand il accorde cinq buts comme ce fut le cas à Tampa samedi soir, ou quand il en accorde six comme ce fut le cas à Sunrise contre les Panthers de la Floride dimanche soir.

D’ailleurs, le Canadien a seulement remporté trois rencontres cette saison quand il a accordé quatre buts ou plus à l’autre équipe, et deux de ces victoires ont été obtenues en prolongation ou en tirs de barrage.

«On vient de disputer deux matchs où nous n’avons pas été en mesure de jouer comme on le veut, a admis le défenseur Jeff Petry à Sunrise dimanche soir. Il faut resserrer notre jeu en défense et éviter de s’embarquer dans des derbys offensifs comme on vient de le faire. »

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Jeff Petry

Le Canadien est capable de marquer des buts cette saison—avec 130 buts marqués, il arrive au 11e rang du classement de la LNH à ce chapitre— et c’est peut-être ce qui vient fausser les perceptions. Mais pour bien connaître la véritable identité d’une équipe, il faut regarder du côté des joueurs de concession, et avec le CH, les deux joueurs de concession se nomment Carey Price et Shea Weber.

De là à dire que le Canadien doit revenir à la base et redevenir un club plate qui gagne ses matchs 2-1, il n’y a qu’un pas… que Jeff Petry n’est pas prêt à franchir.

«Je ne dirais pas qu’il faut être plates pour gagner des matchs, mais il faut certes jouer de manière plus intelligente, a-t-il ajouté. Autour de nous au classement, les autres équipes se mettent à prendre du terrain, et on comprend la situation dans laquelle on se trouve.»

La situation, pour ceux qui l’ignorent, c’est celle-ci : le Canadien, après 39 matchs, se retrouve à trois points de la troisième place dans sa division. Ce n’est certes pas dramatique, mais ça commence à presser un peu, surtout que les Maple Leafs de Toronto et le Lightning de Tampa Bay, qui n’allaient nulle part jusqu’à tout récemment, sont en train de jouer comme ils sont supposés le faire.

Le match de mardi soir en Caroline contre les Hurricanes, le dernier de 2019, n’est peut-être pas un match tout à fait crucial… mais il entre dans cette catégorie de matchs que le Canadien ne peut plus se permettre d’échapper très souvent d’ici à avril.

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Carey Price et Shea Weber.

Ça veut aussi dire que les joueurs les plus importants de cette équipe, dont Price et Weber bien évidemment, vont devoir jouer comme les joueurs de concession qu’ils sont à chaque soir ou presque. Weber, par ailleurs, est le seul joueur du Canadien invité au prochain Match des étoiles de la LNH, lui qui prendra part à l’événement pour la septième fois de sa carrière.

En attendant, le Canadien doit revenir aux bonnes habitudes.

«On va avoir besoin de se regrouper contre les Hurricanes, a tenu à ajouter Jeff Petry. Il faut limiter les chances de marquer, il faut jouer avec intelligence. Quand on donne la rondelle tout bêtement à l’adversaire, on donne aussi des chances de marquer. Il faut revenir à la base et mieux jouer en défense, parce qu’on sait que notre équipe est capable de marquer des buts.»