(CALGARY) On fait quoi après avoir subi une solide rince de 4-0 ? Chez les Flames de Calgary, en tout cas, on lance des ballons de soccer sur la glace et on s’amuse comme des gamins lors de l’entraînement suivant.

Richard Labbé Richard Labbé
La Presse

Il y a le chinook qui souffle de temps à autre par ici, mais ces jours-ci, il y a aussi un vent de changement qui souffle. De fait, chez les Flames, il est déjà possible d’affirmer que la saison peut être séparée en deux : il y a le bout avec Bill Peters, et il y a le bout sans Bill Peters. On peut aussi affirmer que lors du bout avec Bill Peters, l’entraînement suivant une défaite de 4-0 n’aurait probablement pas été aussi ludique.

Peters, bien sûr, était l’entraîneur des Flames jusqu’au 25 novembre, date à laquelle Akim Aliu, l’un de ses anciens joueurs à Rockford dans la Ligue américaine de hockey, l’a accusé d’avoir tenu des propos racistes à son endroit, il y a plusieurs saisons.

Peters a fini par démissionner—ou bien on l’a fortement incité à le faire, c’est selon —, et depuis ce départ précipité, coïncidence ou pas, les Flames ne sont plus du tout les mêmes.

En fait, le club que le Canadien va venir visiter jeudi soir à Calgary a remporté 7 de ses 9 derniers matchs, bien qu’il vient de subir deux défaites de suite, dont celle de mardi soir contre les Penguins de Pittsburgh au vieux Saddledome Scotiabank.

PHOTO LIAM RICHARDS, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Bill Peters

Chez les Flames, de toute évidence, le bout sans Bill Peters donne de meilleurs résultats que le bout avec.

« Nous aurions probablement fini par renverser la vapeur de toute façon, parce que notre équipe était bien meilleure que notre fiche ne l’indiquait, a expliqué le gardien Cam Talbot mardi soir après le match. Mais on peut quand même ressentir une nouvelle énergie depuis le changement d’entraîneur. »

Il faut comprendre que Peters était un entraîneur de la vieille école, et que son successeur, Geoff Ward, est tout le contraire. En Ward, 57 ans, les Flames ont un coach qui a longtemps été un assistant derrière le banc des Bruins de Boston et des Devils du New Jersey, bien sûr, mais aussi un coach qui a jadis été enseignant de profession, et qui a rapidement tendu la main à ses joueurs, entre autres en prévoyant une série de rencontres individuelles avec chaque membre des Flames dès son arrivée en poste.

Aussi, les Flames de Geoff Ward donnent l’impression de s’amuser, enfin. D’où les ballons de soccer sur la glace et la musique lors des entraînements.

PHOTO LARRY MACDOUGAL, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Geoff Ward

« Il s’arrange pour garder ça léger, d’ajouter Talbot au sujet du nouveau pilote. L’équipe joue mieux depuis qu’il est le patron, c’est peut-être une coïncidence, je ne sais pas. Mais en tout cas, ça se ressent dans le vestiaire, ça se ressent sur le banc. Tu vois, les ballons de soccer sur la glace, c’est le genre de chose qu’il va faire après une défaite de 4-0. Ce n’est que du positif. »

Entre ça et l’entraîneur précédent venu d’une autre époque, le changement de direction n’aurait pu être plus clair. Depuis l’arrivée de Ward, les Flames ont meilleure mine et ils se sont permis une série de 7 victoires consécutives. Sous Peters, les Flames n’avaient remporté que 11 victoires en 27 rencontres depuis le début de la saison.

« Ça fait quand même un peu mal d’en perdre deux de suite après notre série de victoires, a tenu à dire le défenseur Mark Giordano mardi soir. Nous avions connu de très bons moments avant de perdre ces deux derniers matchs. »

Au moins, les Flames ne sont plus figés dans le temps. Ni au classement, et ni derrière le banc.