Nick Suzuki aura vraisemblablement sa place à la droite du trio de Max Domi et Artturi Lehkonen pour ouvrir la saison du Canadien, jeudi à Raleigh.  

Mathias Brunet
Mathias Brunet La Presse

Moins chanceux, Ryan Poehling, ralenti par une commotion cérébrale, devra entamer la saison à Laval. On pourrait le revoir assez rapidement une fois son rythme trouvé. 

Suzuki n'a pas volé son poste, comme le jeune défenseur Cale Fleury d'ailleurs. Il s’agit maintenant de voir à quel point l'impact de cet attaquant de 20 ans pourra transformer le CH. 

À sa troisième présence en prolongation, samedi, le jeune homme a marqué le but gagnant du dernier match préparatoire de l’équipe, contre les Sénateurs d’Ottawa. 

PHOTO GRAHAM HUGHES, LA PRESSE CANADIENNE

Nick Suzuki a marqué le but vainqueur en prolongation, samedi.

Au-delà de l’évaluation, l’entraîneur Claude Julien a manifesté sa confiance envers le jeune homme du début à la fin du camp en lui octroyant du temps de jeu de qualité. 

Un seul attaquant, Phillip Danault a été utilisé davantage lors des matchs préparatoires. Danault, dont la progression ne semble pas ralentir, a joué en moyenne 19:49, contre 17:25 pour le jeune homme de 20 ans. 

Suzuki a aussi beaucoup joué en infériorité numérique. Seuls Nate Thompson, Artturi Lehkonen et Danault ont joué davantage en pareille situation. 

Ce jeune attaquant obtenu des Golden Knights de Vegas a clôturé le camp avec quatre points en cinq matchs et une fiche de +3, un sommet chez le Canadien. 

Il a maintenu une efficacité de 50% lors des mises en jeu. C’est moins que Jordan Weal à 62%, Danault et Thompson à 54%, mais beaucoup mieux que Max Domi à 45%, Jesperi Kotkaniemi et Ryan Poehling à 40%. 

Suzuki a aussi obtenu 13 tirs, quatre de moins que Brendan Gallagher, le meneur à ce chapitre. À titre comparatif, Kotkaniemi a tiré cinq fois au filet adverse et Jonathan Drouin seulement trois fois (le match contre les Panthers à Bathurst n’a cependant pas été comptabilisé). 

En bref, Suzuki a brillé à tous les chapitres. Et à moins d’une baisse de régime importante, Claude Julien devrait continuer à l’utiliser comme il l’a fait en rencontres préparatoires.

À quel point un joueur de 20 ans sorti fraîchement des rangs juniors peut-il dominer au sein d’un club de la LNH ? Comparons avec certains autres jeunes joueurs. L’exemple le plus encourageant pour le CH serait évidemment Mathew Barzal. 

Celui-ci a été repêché au 16e rang par les Islanders de New York en 2015. Suzuki a été repêché au 13e rang en 2017. Les deux sont des centres droitiers. 

Comme Suzuki, Barzal a disputé deux autres saisons dans les rangs juniors avant de faire le saut dans la LNH. Il a obtenu 79 points en 41 matchs à sa dernière saison avec les Thunderbirds de Seattle, et brillé à nouveau en séries avec 25 points en 16 matchs. 

Suzuki a fait encore mieux. Il a amassé 94 points en 59 matchs à Owen Sound et Guelph, puis 42 points en seulement 24 matchs éliminatoires. 

À sa première saison dans la LNH, Barzal a renversé tous les analystes en obtenant 85 points en 82 matchs, un point de plus que le capitaine John Tavares. Celui-ci allait se joindre aux Maple Leafs quelques semaines plus tard.

PHOTO BILL KOSTROUN, ASSOCIATED PRESS

Mathew Barzal

Le coup a été moins dur à encaisser pour les Islanders en raison de la présence de Barzal, leur nouveau centre numéro un à 21 ans. Sa production a chuté à 62 points l’an dernier, mais Long Island a participé aux séries. 

N’osons pas prédire une telle saison à Suzuki. Déjà, une production de 40 à 50 points serait inespérée. Mais sait-on jamais tellement le jeune homme est doué. 

Un analyste plus prudent évoquerait le cas de Colin White, un choix de première ronde, 21e au total, par les Sénateurs en 2015. White a partagé son temps entre Ottawa et Belleville à sa première saison chez les pros (l’année de comparaison avec Suzuki). Il a obtenu six points en 21 matchs dans la LNH et 27 points en 47 matchs dans la Ligue américaine. 

À sa première saison complète l’an dernier, il a donné 47 points aux Sénateurs et il entame l’actuelle saison au poste de premier centre. 

Comme Barzal, Brock Boeser, un attaquant au style de jeu différent cependant de celui de Barzal ou Suzuki, a brûlé les étapes rapidement à Vancouver. À sa première saison là-bas, il y a deux ans, après deux hivers dans la NCAA, il a obtenu 55 points, dont 29 buts, en 61 matchs. 

Certains ont été plus rapides encore. Seulement un an après son année de repêchage, en 2016, Clayton Keller amassait 65 points pour les Coyotes de l’Arizona. Après une seule année junior à la suite de sa sélection au quatrième rang par les Maple Leafs, Mitch Marner inscrivait 61 points en 77 matchs. 

Elias Pettersson des Canucks a commencé la dernière saison à 19 ans et l’a terminée à 20. Il a amassé 66 points en 71 matchs. Il avait eu l’avantage d’une saison chez les professionnels en Suède, où il a outrageusement dominé. Mais comme Marner et Keller, Pettersson a constitué un top sept au repêchage. 

Ne plaçons pas Suzuki immédiatement parmi ces extraordinaires jeunes joueurs. Mais rappelons-nous seulement qu’il est possible de dominer à 20 ans ou moins dans une ligue de plus en plus jeune. En espérant que le jeune homme puisse réussir l’exploit.  

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