L’instant où ils sont arrivés au camp d’entraînement du Canadien en septembre, Cale Fleury et Nick Suzuki se sont fait dire qu’ils allaient avoir la chance de réaliser leur rêve. Trois semaines plus tard, voilà que ce rêve devient réalité.  

Richard Labbé
Richard Labbé La Presse

Les deux recrues ont réussi ce qu’ils voulaient réussir : brouiller un peu les cartes. Et à moins d’un changement de dernière minute, Fleury et Suzuki seront de la formation de départ au moment où le Canadien va amorcer sa saison, jeudi soir en Caroline, face aux Hurricanes.  

Une grosse surprise ? Oui, mais en même temps, personne n’est tombé en bas de sa chaise chez le Canadien, pour citer Marc Bergevin.  

« En me fiant à ce que j’avais vu de Nick Suzuki la saison dernière, je me disais qu’il avait une chance de rester avec nous, a expliqué le directeur général, hier matin au centre d’entraînement de Brossard. Dans le cas de Cale Fleury, il est arrivé ici et il a été constant dans son jeu, il a joué avec calme et il a pleinement mérité sa place. »

Pour l’heure, Suzuki fait partie du deuxième trio du Canadien, en compagnie de Max Domi et Artturi Lehkonen. Fleury, lui, complétait mardi le troisième duo chez les défenseurs avec Brett Kulak. Cette réalité vient faire en sorte que trois vétérans, les défenseurs Mike Reilly et Christian Folin, ainsi que l’attaquant Nick Cousins, se retrouvent pour le moment dans le camp des réservistes. Marc Bergevin a admis avoir voulu garder ces trois joueurs avec l’équipe afin de ne pas courir le risque de les perdre pour rien au ballotage.  

Suzuki et Fleury, eux, ont appris la bonne nouvelle en arrivant à Brossard mardi matin.  

« Je ne savais pas à quoi m’attendre, a expliqué le jeune défenseur de 20 ans. J’avais connu un bon camp d’entraînement selon mon estimé, je me disais que mes chances de rester étaient bonnes. Mais on n’est jamais certain à 100 % … »

Fleury avait le numéro 83 lors du camp, mais cette fois, c’est avec le numéro 20 qu’il va patiner. « C’est eux qui m’ont donné ce numéro-là. Marc (Bergevin) n’est pas un grand fan des gros numéros », a-t-il offert en guise de réponse.  

Suzuki, lui, affichait encore ce gros sourire qu’il a souvent l’habitude de traîner.  

« On a travaillé fort pour ce moment, mais rien n’est assuré, a-t-il tenu à rappeler. On peut être rétrogradé à tout moment. On doit toujours travailler fort pour mériter ce qui nous arrive […] Mais je croyais en mes chances. J’ai vu des jeunes comme Victor Mete ou Jesperi Kotkaniemi gagner leur place à un jeune âge. Les entraîneurs prennent les meilleurs joueurs disponibles, et c’est très encourageant pour un jeune. Ils n’ont pas peur de choisir des joueurs de 19 ou 20 ans. »

Dans toute cette histoire, un autre jeune aura eu moins de chance : Ryan Poehling, le premier choix du club au repêchage de 2017, qui a pris la direction de Laval, où il amorcera sa saison dans la Ligue américaine avec le Rocket.  

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Ryan Poehling

Dans le cas de Poehling, c’est surtout cette commotion cérébrale subie lors du camp d’entraînement qui l’a placé dans une position de retard sur les autres. Chez le Canadien, par contre, personne ne semble inquiet avec lui. « Il va aller à Laval et il va se retrouver dans une belle situation avec (l’entraîneur) Joël Bouchard, a ajouté Marc Bergevin. On le reverra ici dans un avenir rapproché. »