Les trois plus hauts salariés des Maple Leafs de Toronto toucheront ensemble 33,4 millions cet hiver. Ceux du Lightning de Tampa Bay 24,7 millions, selon capfriendly.com

Mathias Brunet
Mathias Brunet La Presse

Steven Stamkos, Nikita Kucherov et Brayden Point ont amassé l’an dernier 318 points en 243 matchs, pour une moyenne de 1,31 point par match ; Auston Matthews, John Tavares et Mitch Marner ont obtenu 255 points en 237 matchs, pour une moyenne de 1,08 point par rencontre.

Cette réalité a été mise en lumière hier par la signature très abordable de Point par le DG Julien Brisebois, à un salaire annuel de 6,7 millions pour trois ans. Mitch Marner, deux points de plus que Point l’an dernier, a signé son contrat dix jours plus tôt. Il touchera 10,8 millions par saison pour les six prochaines années. 

PHOTO FRANK GUNN, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Mitch Marner

Il faut évidemment considérer la différence de taxation entre Tampa et Toronto. Les joueurs du Lightning sont imposés à 36 % de leur salaire, comparativement à 53 % pour ceux des Maple Leafs. 

Malgré tout, les contrats des vedettes du Lightning représentent une aubaine. Même en majorant le salaire des joueurs du Lightning grâce à l’outil de calculateur de taxes du site gavingroup.ca, ceux-ci gagnent moins que ceux des Leafs. 

Ainsi, Point recevrait 7,8 millions (au lieu de 6,7 millions) pour un salaire équivalent à Toronto, Stamkos 9,9 millions (au lieu de 8,5 millions) et Kucherov 11 millions (au lieu de 9,5 millions), pour un total de 28,7 millions, soit 4,7 millions de moins annuellement. 

Le Lightning verse en outre 111,7 millions en bonis pour ces trois joueurs, contre 184 millions pour les Maple Leafs. Toronto aura cependant peut-être l’avantage sur le plan de la durée du contrat dans le cas de Marner versus Point. Il stabilise le contrat de Marner pendant six ans, tandis que Point pourrait obtenir une grosse augmentation dans trois ans s’il continue à produire ainsi et si le plafond augmente encore.

Mais Tampa se retrouve dans une bien meilleure position salariale pour les prochaines années. Tout a commencé avec Steven Stamkos en 2016. Tampa et son directeur général Steve Yzerman ont attendu jusqu’au 29 juin, à deux jours de l’ouverture du marché des joueurs autonomes, pour s’entendre avec son capitaine. 

PHOTO KIM KLEMENT, ARCHIVES USA TODAY SPORTS

Steven Stamkos

Stamkos a flirté avec les Maple Leafs de Toronto, justement, avant de se raviser et demeurer avec le club qui l’a repêché. Il a accepté un contrat de 68 millions pour huit ans. Le ton était donné. 

Les Leafs, eux, ont gonflé leur masse salariale en offrant un pont d’or à John Tavares le 1er juillet 2018. En lui offrant 77 millions pour sept ans, on a rendu les vedettes montantes des Maple Leafs plus gourmandes. 

Matthews n’allait pas demander moins. À ses deux premières saisons dans la LNH, à 19 et 20 ans, il a marqué 74 buts en 144 matchs. Tavares a compté 65 buts en 159 matchs au cours de la même période, à 27 et 28 ans. Matthews avait 46 points en 37 matchs lors de la signature de son contrat en février, Tavares, lui, a obtenu 44 points à ses 37 premiers matchs. 

L’embauche de Tavares a sans doute aussi eu un impact sur les négociations avec William Nylander l’an dernier. Après avoir raté la première moitié de saison, le Suédois a obtenu 6,9 millions annuellement, après deux saisons de 61 points. 

PHOTO CHRIS YOUNG, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

John Tavares

L’arrivée de Tavares n’a pas eu un gros impact sur les Leafs. Il a marqué 41 buts, certes, mais Toronto a amassé cinq points de moins au classement que la saison précédente. Ils ont marqué neuf buts de plus, mais en ont alloué 19 de plus. Comme en 2018, ils ont été éliminés en première ronde par les Bruins. Tavares a obtenu cinq points, dont deux buts, en sept matchs éliminatoires. 

En consacrant 43 % de sa masse salariale totale à quatre attaquants Toronto, joue avec le feu. Les Leafs pourront excéder le plafond de 10,5 millions en plaçant David Clarkson et Nathan Horton sur la liste des blessés à long terme, mais leur contrat viendra à expiration à la fin de la saison. 

À moins de dénicher d’autres gros salariés blessés à long terme, il y aura un manque à gagner de 10,5 millions l’an prochain, avec trois de ses quatre premiers défenseurs éligibles à l’autonomie complète : Jake Muzzin (4 millions), Cody Ceci (4,5 millions) et Tyson Barrie (2,75 millions). Du groupe, Barrie mérite une grosse augmentation après des saisons de 59 et 57 points. 

Les Maple Leafs ont intérêt à gagner rapidement. Leur créneau favorable de succès vient de rétrécir de façon inquiétante. Et on a perdu des choix de première ronde en 2019 et 2020 pour du renfort à court terme (Muzzin) et de l’espace sur la masse salariale (Marleau). 

À Tampa, Kucherov, Stamkos, Point, Palat, Gourde, Johnson, Killorn, Hedman, McDonagh et Vasilevskiy sont sous contrat pour au moins les trois prochaines années. Mikhail Sergachev n’aura pas droit à l’arbitrage à l’expiration de son contrat à la fin de la saison. Et il y a plusieurs jeunes prêts à prendre la relève.

*Quelques chiffres encore…

Parmi les raisons évoquées pour expliquer la difficulté d’attirer les joueurs autonomes à Montréal, on cite trop peu souvent le système de taxation. Prenons Alexander Radulov, par exemple. Il a accepté un contrat de cinq ans à Dallas pour 6,2 millions par année. Le Canadien aurait eu à offrir 7,2 millions annuellement pour permettre à Radulov de toucher la même somme, soit cinq millions supplémentaires sur la totalité du contrat. 

Carey Price touche 10,5 millions annuellement. À Tampa, il aurait gagné le même montant après impôts avec un salaire annuel de 8,8 millions. Son confrère Andrei Vasilevskiy reçoit 9,5 millions par année. Montréal aurait eu à lui offrir 11 millions par année pour arriver au même salaire après impôts. Sergei Bobrovsky reçoit désormais 10 millions par année des Panthers. Pour équilibrer son salaire, le Canadien aurait eu à lui donner 11,6 millions par saison. Price n’est plus le gardien le mieux payé de la LNH.

À LIRE

Après la défaite de 3-0 hier, le Canadien a renvoyé Jake Evans, Alex Belzile, Josh Brook et Riley Barber dans les mineures. Compte tenu des blessés, mais en tablant sur le retour de Paul Byron, il reste sept coupures à effectuer. Mes choix ? Charlie Lindgren, Xavier Ouellet, Matthew Peca, Karl Alzner, Dale Weise, Phil Varone et Cale Fleury, malgré un brillant camp. Nick Suzuki et Charles Hudon auraient donc gagné les derniers postes disponibles à l’attaque. D’autres décisions pourraient être prises au retour de Ryan Poehling. Fleury serait le premier à revenir advenant une blessure et on le reverrait à Montréal avant longtemps. À moins que le CH ne joue d’audace et ne retranche Folin ou Reilly pour faire une place au kid...

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