(Bathurst, Nouveau-Brunswick) Malgré la saison encourageante du Canadien l’an passé, ils sont plusieurs à prédire que les Montréalais seront exclus des séries éliminatoires le printemps prochain. Cette semaine, les joueurs n’ont pas à regarder bien loin pour comprendre pourquoi ils demeurent négligés.

Guillaume Lefrançois Guillaume Lefrançois
La Presse

C’est que les Panthers de la Floride, adversaires du Canadien hier au Nouveau-Brunswick et ce soir au Centre Bell, sont prêts à passer à la prochaine étape.

Dans la division Atlantique, le Lightning de Tampa Bay demeure une puissance sur papier, malgré l’élimination en quatre matchs la saison dernière. Cette équipe, rappelons-le, a amassé 128 points. Les Bruins de Boston viennent d’atteindre la finale de la Coupe Stanley. Les Maple Leafs de Toronto ont conclu plusieurs transactions pour se donner plus de profondeur et seront méconnaissables à la ligne bleue.

Et voilà que les Panthers ont donné un coup de barre cet été. Si tout le monde répond aux attentes, la division ressemblera à ce qu’on appelle « le groupe de la mort » dans les compétitions internationales de soccer.

À moins que les deux équipes repêchées soient dans la division Atlantique, le Canadien devra donc devancer un de ces clubs pour participer aux séries.

Des attentes en Floride ? Aleksander Barkov en redemande.

« C’est un bon signe. Les gens reconnaissent qu’on est assez bons pour participer aux séries et ils s’attendent à ce qu’on y soit, a expliqué le jeune capitaine des Panthers, hier matin. On a des attentes encore plus élevées envers nous-mêmes. On sait qu’on a un très bon groupe. C’est notre tour. »

Un entraîneur, un gardien, de la profondeur

Ces facteurs qui expliquent pourquoi on s’attend à tant des félins, on les connaît tous.

L’équipe a d’abord embauché Joel Quenneville, seul entraîneur-chef actif à avoir remporté trois fois la Coupe Stanley à ce poste.

Le marché des joueurs autonomes a ensuite souri aux Floridiens. La santé de Roberto Luongo était chancelante depuis quelques années. Les performances de James Reimer aussi. Voilà que s’amène Sergei Bobrovsky, double gagnant du trophée Vézina. Une belle façon de faire oublier la retraite de Luongo.

Les ajouts de l’attaquant Brett Connolly et du défenseur Anton Stralman ne sont pas négligeables non plus, car ils donneront une nouvelle profondeur à cette formation.

« À Chicago, on avait peut-être un peu plus de profondeur, et on avait du talent de pointe. Ici, on a ajouté de la profondeur cet été. Et du talent de pointe, on en a », a expliqué Quenneville, interrogé sur les comparaisons entre son ancienne et sa nouvelle équipe.

L’explosion

L’entraîneur et les joueurs autonomes, ce sont là de bons coups de Dale Tallon. Mais le facteur dont on parle moins, c’est ce qu’ont montré les jeunes meneurs des Panthers en deuxième moitié de saison l’an dernier.

Même Evgeni Dadonov (30 points en 34 matchs) et Mike Hoffman (28 points) ont été hautement productifs à compter de la fin du mois de janvier.

Restait un problème : les rondelles rentraient aussi allègrement dans le filet des Panthers. L’équipe a présenté la 28e défense de la LNH la saison dernière. L’ajout d’un gardien d’élite (Bobrovsky) et d’un solide arrière défensif (Stralman) devrait théoriquement aider les Panthers à corriger cette lacune.

Ajoutez à cela le développement des jeunes, comme le prometteur Henrik Borgstrom, qui a maintenant une saison derrière la cravate. Barkov lui-même affirmait hier avoir « beaucoup grandi en tant que personne dans la dernière année ».

Quand je suis arrivé, j’étais comme un joueur junior, j’étais simplement là pour m’amuser.

Aleksander Barkov

En 2017-2018, les Panthers avaient subi le même sort que le Tricolore l’an dernier : une récolte de 96 points et une exclusion des séries. L’an passé, c’était terminé au début de mars, avec une séquence de six défaites.

Quenneville a maintenant comme mission de se rendre au printemps avec une équipe qui a raté les séries lors de six des sept dernières saisons.

« Il y a un noyau de joueurs qui sont prêts à passer au prochain niveau et à devenir des joueurs spéciaux, estime Quenneville. Barkov s’est vraiment développé, il connaît un bon camp et il a tout un impact sur les autres. On a plusieurs joueurs qui sont passés près de participer aux séries. On doit maintenant trouver une façon de rentrer. On est dans la division la plus difficile, l’association la plus difficile de la ligue. »

Alors non, ce ne sera pas facile pour le Canadien cette saison. Bienvenue dans le groupe de la mort.

Luongo veut rester dans le hockey

PHOTO BRIAN FLUHARTY, ARCHIVES USA TODAY SPORTS

Roberto Luongo

Roberto Luongo a rencontré les médias hier midi. Le gardien de Saint-Léonard, nouvellement retraité, a conclu sa carrière junior avec le Titan d’Acadie-Bathurst il y a 20 ans, menant l’équipe à une participation à la Coupe Memorial. Pour la petite histoire, Luongo et le Titan avaient obtenu leur billet pour le tournoi canadien en battant les Olympiques de Hull en sept matchs en finale. Qui était derrière le banc des Olympiques ? Un certain Claude Julien ! Du reste, Luongo assure ne pas avoir encore de plan pour son après-carrière. Il demeure présent dans l’entourage des Panthers depuis le début du camp et aimerait rester impliqué dans le hockey. « Les deux ou trois premiers mois, c’était difficile de trouver une routine. Dernièrement, j’ai recommencé à m’entraîner. Je passe plus de temps avec les enfants. Le temps en famille, ça me manquait un peu quand on voyageait souvent. Maintenant, je peux passer du temps à la maison, je vais chercher les enfants à l’école », a raconté le Québécois.