Le Canadien de Montréal espère avoir réglé son problème de deuxième gardien, après les contre-performances d’Antti Niemi et l’irrégularité de Charlie Lindgren. C’est Keith Kinkaid qui aura le mandat de seconder Carey Price la saison prochaine.

Jean-François Tremblay Jean-François Tremblay
La Presse

Kinkaid touchera un salaire digne d’un numéro deux, à 1,75 million pour une saison.

Kinkaid a été charmé durant sa visite à Montréal. Non seulement il aime la ville – il s’est même offert un bagel, l’une des spécialités culinaires de l’endroit – mais il a aussi pu se reconnaître dans le plan du Canadien.

« Tu regardes la jeunesse de l’équipe, ils ont faim, a dit le nouveau venu lors d’une conférence téléphonique. Nous avons une occasion de retourner en séries. »

Il y a aussi un certain Carey Price, l’un des meilleurs gardiens au monde, avec qui il aura l’occasion d’apprendre.

« Ce sera excitant de travailler avec lui et de partager des idées, de voir comment on va travailler ensemble. Je pourrai apprendre beaucoup de lui, pour sa technique et sa préparation de match. »

L’embauche de Kinkaid reste un pari pour Marc Bergevin. C’est vrai que le gardien a présenté des statistiques supérieures à celles de Cory Schneider, pourtant le numéro un des Devils, en 2016-2017 et en 2017-2018. Toutefois, la saison dernière, Kinkaid a ralenti.

Il était devant le filet des Devils pour une victoire de 5-2 contre le Canadien, le 22 novembre 2018. Il portait ainsi sa fiche à 9-5-3, avec une moyenne de 2,65 et une efficacité de ,914. Depuis ? Fiche de 6-13-4, avec une moyenne de 3,94 et une efficacité de ,873.

« La blessure à Taylor Hall nous a fait mal au New Jersey. Nous n’avons pas réagi comme nous le voulions, mais tout arrive pour une raison. Je peux apprendre de la saison dernière et de l’autre saison avant. Je ne dois jamais m’emballer trop, ni tomber dans la déprime. »

Kinkaid a ensuite été échangé aux Blue Jackets de Columbus à la date limite des transactions, et n’a plus joué de la saison.

« J’étais dans une situation qui n’était pas évidente. Sergei Bobrovsky faisait le gros du travail, mais je travaillais avec Manny Legace [l’entraîneur des gardiens des Blue Jackets] pour rester au sommet de ma forme. J’ai appris beaucoup, et je continue à apprendre. C’était une belle expérience pour tout ce qui s’est passé là, mais je suis heureux d’avoir cette chance avec le Canadien. »

Dans tous les cas, le poste d’adjoint à Carey Price était un problème que Bergevin devait régler. La saison difficile de Niemi a forcé Claude Julien à surutiliser Price dans l’espoir de participer aux séries. Price n’a eu qu’une soirée de congé entre le 3 février et le 4 avril (il a donc joué 28 des 29 matchs durant cette période). Lindgren, de son côté, n’a rien cassé avec le Rocket de Laval et s’est peu à peu exclu de l’équation.

Kinkaid a connu sa meilleure campagne en 2017-2018 : fiche de 26-10-3, moyenne de 2,77 et efficacité de ,913. Il est aussi un habitué aux lourdes charges de travail. Certainement, Bergevin espère que c’est ce gardien qui se présentera à Montréal au camp.

« Nous voulions avoir une place pour nous faire voir. Nous avons pensé que Montréal serait le meilleur endroit pour rebondir et travailler avec l’un des meilleurs gardiens de la LNH. »