Ryan Poehling a déjà fait une très bonne première impression, mais maintenant, il veut faire plus que ça. Maintenant, il veut devenir un membre en règle du Canadien de Montréal, et il compte bien être en uniforme en même temps que tous les autres lorsque la saison va s’amorcer, le 3 octobre en Caroline.

Richard Labbé Richard Labbé
La Presse

« J’ai beaucoup aimé mon premier match et j’en suis fier, mais je ne veux pas être connu seulement pour ce match-là. Je veux avoir un impact véritable sur cette équipe », a-t-il fait savoir hier.

Ce premier match, il s’en souvient encore très bien, sans doute comme tous les partisans du Canadien, d’ailleurs. C’était le dernier match de la saison, en avril dernier au Centre Bell, et Poehling, fraîchement débarqué des rangs universitaires américains, en avait profité pour enfoncer trois buts dans la gorge des Maple Leafs de Toronto, en plus d’en ajouter un autre en tirs de barrage.

« La semaine après ça, c’était fou, raconte-t-il. Il y a des gens à qui je n’avais pas parlé depuis des années qui se sont mis à m’envoyer des textos sans arrêt. Les membres de ma famille, c’était incroyable de voir leur réaction, ils étaient vraiment contents pour moi. Ils savent ce que j’ai dû faire pour arriver ici… »

Je ne réalise pas encore ce qui s’est passé ce soir-là. Peut-être que je vais finir par le réaliser dans cinq ans, dans dix ans. En grandissant, tout ce dont je rêvais, c’était de jouer dans la Ligue nationale de hockey.

Ryan Poehling

Il y est, enfin presque. Le camp de développement du Canadien s’est conclu hier à Brossard, et Poehling affirme que la direction du club ne lui a fait aucune promesse (« ce n’est pas comme ça que ça marche », a-t-il tenu à préciser). Mais il sait ce qu’il lui reste à faire, et il sait aussi qu’un joueur de centre comme lui, imposant et habile autour du filet, on n’a pas vu ça très souvent ces dernières années au Centre Bell.

« Je réalise, ajoute-t-il, que je vais devoir travailler fort pour pouvoir obtenir quelque chose avec cette équipe. Alors je vais retourner à la maison à Lakeville [au Minnesota], et je vais avoir un bon été de préparation avant de revenir ici en août et de me préparer pour le camp des recrues. Je vais tout faire pour avoir une place dans cette équipe le 3 octobre. C’est le but. Je suis assez bon pour jouer dans cette ligue. »

On aura de plus remarqué que le Ryan Poehling qui a patiné cette semaine à Brossard est différent de celui que le Canadien a repêché en 2017 avec son choix de premier tour. Le poids officiel du joueur de 20 ans a été affiché à 208 lb cette semaine à Brossard, ce qui représente environ 40 livres de plus si l’on compare avec son année de repêchage, il y a deux ans. « Quand tu es repêché à 18 ans, tu en es encore à te développer d’un point de vue physique… Alors je me suis mis à travailler plus fort à l’université, plus fort que je ne le faisais à l’école secondaire », ajoute-t-il.

Il y a aussi que Poehling a commencé à comprendre qu’il allait devoir changer quelques habitudes de vie s’il voulait avoir une chance de se rendre à la LNH. Ainsi, les virées quotidiennes au McDo ne font plus partie de son quotidien (« Je me permets un filet de poulet de temps à autre », tient-il à préciser), et les virées au gym sont plus fréquentes que jamais.

D’ailleurs, il ne va pas retourner au Minnesota comme un gars en vacances. Les prochaines semaines seront plutôt consacrées à un entraînement rigoureux, surtout à l’extérieur de la patinoire… et dans le garage familial, comme d’habitude.

« J’aime travailler sur mon maniement de bâton, alors je vais dans le garage et je tire des rondelles de roller hockey vertes », explique-t-il.

Pourquoi changer maintenant ? Après tout, il s’agit d’une forme d’entraînement qui l’a très bien servi jusqu’ici, de toute évidence…