(Vancouver) L’an dernier, le Canadien avait invité à souper Jesperi Kotkaniemi et un autre espoir avant le repêchage de la LNH. Cette fois, si la formation montréalaise avait voulu répéter l’exercice avec tous les espoirs sur lesquels elle a dû faire ses devoirs, la facture aurait été beaucoup plus élevée.

Alexis Bélanger-Champagne
La Presse canadienne

Contrairement à juin dernier, quand le Tricolore détenait le troisième choix du repêchage, Trevor Timmins et son équipe ont dû ratisser beaucoup plus large dans leur préparation puisque le Canadien détient le 15e choix. Il est donc beaucoup plus difficile de savoir quels joueurs seront encore disponibles quand viendra leur tour de prendre la parole.

« Nous avons fait un travail approfondi sur au moins 20 espoirs pour le 15e choix, a indiqué Timmins, qui supervise le recrutement amateur dans son rôle de directeur général adjoint. Nous recherchons des joueurs qui sont très compétitifs, confiants et motivés. »

Il a été difficile d’en obtenir plus de la bouche de Timmins à la veille de la présentation de la première ronde du repêchage, à Vancouver. Attaquant ou défenseur ? De quelle origine ? Le Canadien pigera-t-il dans la LHJMQ ?

« J’ai dit par le passé que nous accordons beaucoup de valeur aux défenseurs offensifs et aux centres, a reconnu Timmins. Un centre peut toujours jouer à l’aile. Un ailier marqueur a aussi une valeur importante. »

En raison des lacunes du Canadien sur le flanc gauche de sa brigade défensive, il est peut-être facile de s’imaginer voir le directeur du recrutement amateur Shane Churla nommer Cam York ou Thomas Harley lorsqu’il se rendra sur le podium du Rogers Arena. Encore là, la direction du Tricolore est consciente qu’il serait étonnant que le joueur choisi vendredi se taille un poste avec le grand club dès septembre.

Appelé à commenter l’état plus général de son équipe, Marc Bergevin a joué la carte de la prudence.

« Je regarde toujours pour ajouter, mais je dois être responsable, a dit le directeur général du Tricolore. Le plafond salarial n’augmentera pas autant que nous le pensions. Et nous avons des jeunes qui devront éventuellement signer de nouveaux contrats — Jesperi Kotkaniemi, Max Domi et même un Ryan Poehling.

Je ne voudrais pas avoir à échanger un jeune dans trois ans parce que j’ai donné un contrat à un joueur autonome dans une semaine et qu’il n’est pas échangeable. »

Bergevin l’a souvent répété depuis son arrivée chez le Canadien en 2012, la journée de l’ouverture du marché des joueurs autonomes, le 1er juillet, représente souvent la journée où le plus de mauvais contrats sont donnés dans le monde du hockey.

Puisque le Canadien a raté les séries par seulement deux points le printemps dernier et puisque le succès en saison régulière ne garantit pas un long parcours en séries — parlez-en au Lightning de Tampa Bay —, Bergevin ne tient pas nécessairement à accélérer la progression de sa troupe.

« J’aime la direction vers laquelle l’équipe s’en va, a dit Bergevin. Nous avons fait un gros pas vers l’avant. Nous avons misé sur la vitesse et la jeunesse. La progression de l’équipe a surpris beaucoup de monde la saison dernière. Nous arrivons ici avec la même direction — jeunesse et rapidité. »

En plus du 15e choix au total, le Canadien possède neuf autres choix au repêchage cette année : deux en deuxième ronde (46e et 50e), un en troisième (77e), un en quatrième (108e), trois en cinquième (131e, 136e et 138e), un en sixième (170e) et un en septième et dernière ronde (206e).

« Je dis toujours qu’on ne peut pas analyser un repêchage avant qu’il ait lieu. Vous devez attendre quatre, cinq ou six ans, a insisté Timmins. Il y a toutefois de bons espoirs en première ronde et même tôt en deuxième. »

York ? Harley ? L’attaquant Raphaël Lavoie ? On saura enfin vendredi soir quel joueur a séduit le Canadien comme Kotkaniemi l’a fait l’an dernier.